(fil-fax 10/11/12)
Annoncée initialement pour 2008, l’usine de fabrication de biocarburants produits à partir de graisses animales promise au Havre verra finalement le jour au second semestre 2013. Elle sera réalisée par le Groupement des Mousquetaires en association avec l’équarisseur Saria dont la maison-mère en Allemagne a déjà mis en oeuvre deux installations comparables. « Il s’agit de valoriser des déchets de graisses animales pour en faire des bio-carburants sans mobiliser des ressources utilisables pour l’alimentation humaine« , a déclaré jeudi en présentant le chantier Christophe Bonno, directeur du pôle industriel des Mousquetaires connus sous ses enseignes Intermarché, Roady et Netto.
L’usine qui sera la première en France dans ce domaine nécessitera un investissement de 40 millions d’euros et emploiera 25 personnes pour un chiffre d’affaires annuel attendu de 80 millions d’euros. Elle occupera une surface de 4.000 m2 au bord d’un quai du port du Havre d’où elle pourra gérer ses flux par la voie d’eau. L’usine pourra transformer chaque année 75.000 tonnes de graisses animales collectées en majorité par Saria et dont une partie seront des déchets résultant des activités de transformation de la viande du réseau des Mousquetaires. Serge Verdier directeur général de Saria souligne qu’ainsi des déchets qui sont actuellement brûlés dans des chaudières seront transformés « en produits nobles » .
Dans cette installation, la quasi-totalité de ces graisses deviendra du biocarburant, à l’issue d’un processus de « transesterification » necessitant l’introduction de méthanol. Le produit fini sera envoyé dans des dépôts pétroliers où il sera mélangé à des biocarburants d’origine végétale et à du gazole. Le mélange qui comprendra au total 7 % de biocarburants sera ensuite écoulé pour une partie dans les stations-service du Groupement des Mousquetaires et pour le reste vendu sur le marché. « Nous aurons ainsi bouclé la boucle« , se réjouit Christophe Bonno en soulignant que son entreprise aura ainsi créé une véritable filière. Cette production restera toutefois une activité de niche: le gisement de graisses animales semble limité en France à environ 150.000 tonnes l’an dont la moitié sera absorbée dès 2013 par cette usine. Un chiffre à rapprocher des 2,1 millions de tonnes d’ester d’origine végétale destinés au biodiesel produits chaque année en France.
