Arnaud Montebourg a fait le voyage en Libye avec Laurent Fabius, lundi, pour tenter de sauver la raffinerie. (Illustration : DVelec)
Depuis sa liquidation prononcée le 16 octobre, la raffinerie Petroplus, qui emploie 470 salariés, à Petit-Couronne, près de Rouen, est en sursis. Et il se poursuit… Le tribunal de commerce de Rouen a accordé, ce mardi 13 novembre, un nouveau délai pour la date limite de dépôt des offres de reprise de la raffinerie. Ce sera le 5 février.
Cette prolongation avait été réclamée par les administrateurs judiciaires, les représentants des salariés et le gouvernement. Le repreneur pourrait être le fonds souverain de l’État libyen. Mais pas seul. Selon Arnaud Montebourg, le projet de reprise pourrait avoir l’appui du Fonds stratégique d’investissement. C’est ce que le ministre du Redressement productif avait laissé entendre, dimanche 11 novembre, dans les colonnes du JDD, après avoir déjà annoncé l’entrée en lice du fonds libyen pour un possible sauvetage de Petroplus.
« Le fonds souverain de l’État libyen, Libyan Investment Authority, a exprimé un intérêt pour un éventuel investissement dans nos raffineries, à l’occasion de la procédure de liquidation de Petroplus », rappelait Arnaud Montebourg dans l’entretien du Journal du Dimanche. Et il ajoutait : « Notre Fonds stratégique d’investissement pourrait intervenir à ses côtés comme partenaire minoritaire dans des projets rentables ».
Un délai qui arriverait à point nommé…
« Nous pouvons raffiner ensemble, mais aussi pourquoi pas, extraire ensemble, distribuer ensemble, toutes les options sont sur la table », indiquait ensuite Arnaud Montebourg aux membres du Congrès général libyen, venus en nombre l’écouter ce lundi 12 novembre à Tripoli, relate Le Monde.
Le ministre a fait le voyage avec Laurent Fabius, l’ancien président de l’Agglo de Rouen, désormais ministre des Affaires étrangères, pour convaincre une nouvelle fois les Libyens de sauver la raffinerie Petroplus. Ce délai arriverait à point nommé pour tenter de boucler le dossier libyen, qui exige encore « deux mois » selon des sources de Bercy, citées par Le Monde.
Lors de la dernière audience, le 5 novembre, le groupe NetOil basé à Dubaï avait déposé une offre jugée incomplète par le tribunal. Six autres candidats potentiels s’étaient déclarés intéressés : le fonds souverain libyen, Alafandi Petroleum Groupe (APG) basé à Hong Kong, l’Irakien Jabs gulf energy Ltd, l’Iranien Tadbir energy development group, ainsi que les Suisses Activapro AG et Terrae International.
Le tribunal avait prononcé le 16 octobre la liquidation de la raffinerie tout en autorisant la poursuite de l’activité jusqu’au 16 décembre et en laissant ouverte la possibilité d’une cession à un repreneur. La raffinerie, qui emploie 470 salariés, avait déposé son bilan le 24 janvier à la suite de la faillite de sa maison-mère suisse.