Cette année, la foire Saint-Romain n'a pas été épargnée par l'actualité. La fête a malgré tout battu son plein du 19 octobre au 18 novembre (photo : C.Dente).
Ce dimanche 18 novembre a marqué la fin de la foire Saint-Romain, version 2012. Mais d’où vient cette foire si populaire à Rouen ?
À l’origine, Saint-Romain était un évêque rouennais du VIIe siècle de notre ère. Il voulait combattre une Gargouille se tenant dans les Près Saint-Gervais. Ne pouvant le faire, il demanda à un condamné à mort d’assurer cette besogne. Le pénitent parvint à capturer et brûler la Gargouille. En échange, il obtint la vie sauve. Le Roi Dagobert octroya alors à l’évêque le droit de gracier un condamné à mort par an.
Les débuts de la Saint-Romain
Les reliques de Saint-Romain et de ladite Gargouille sont déposées dans la cathédrale au XIe siècle. Quelques 10 000 personnes auraient assisté à cette manifestation. Ils se retrouvèrent l’année suivante, puis d’année en année. Au Moyen-Âge, un condamné à mort souleva la Châsse contenant les reliques pour que le public puisse les voir. Cette coutume a duré jusqu’à la Révolution. En même temps, une grande foire, la foire du Pardon, est organisée dans le Champ du pardon. Elle débutait le 23 octobre.
Fête, foire, cirque
Cette foire devient peu à peu une fête où étaient présentés des spectacles forains au courant du XIXe siècle. Dès 1785, cette fête est organisée sur la place du Boulingrin, et sur les boulevards, entre la rue Cauchoise et la place Saint-Hilaire. En 1893, une pétition est organisée par les riverains qui demandent la construction d’un cirque au Boulingrin. Celui-ci voit le jour en 1894. Il comprenait une salle de 3 000 places et une autre de 1 000. Deux ans plus tard, les premières séances cinématographiques ont lieu pendant la foire.
Le cirque sera détruit en septembre 1973.
Sur les quais
Depuis 1983, ce sont les quais de la rive gauche qui accueillent la foire, car les boulevards et la place du Boulingrin étaient jugés trop étroits. Les forains restent cependant attachés à la place du Boulingrin, ne serait-ce que par la présence du monument commémorant leurs morts au cours de la première guerre mondiale. Œuvre de Maxime Real des Sarte, il a été inauguré en 1931.