
Après quelques dizains d’heures d’un suspense
quasi-insoutenable, les élections présidentielles à l’UMP ont livré leur
verdict pour un président bien mal élu… Une Mauvaise Plaisanterie
?
L’UMP aura donc offert un spectacle haut en couleurs, mais aussi en
invectives, en accusations mutuelles de fraudes, en suspense et aura occupé les
grands médias tout le week-end et même un peu plus : des envoyés spéciaux
en pagaille pour des directs à la pelle. Les chaînes d’information continues
n’ont pas lésiné sur les moyens et le temps accordé à cet
« événement » qui a squatté les écrans. Comme d’habitude lors de ce
genre de retransmission exclusive, il ne s’est rien passé d’autres ni en
France, ni dans le monde, tout juste si Audray Pulvar a pu nous tenir au
courant de sa situation affective et de sa séparation avec l’homme à la
marinière, Arnaud Montebourg…
Mais revenons à notre sujet du jour : l’UMP s’est choisi un président
avec difficulté et certainement grincements de dents. Le parti voulait nous
montrer sa capacité à établir en interne un moment fort de démocratie. On se
souviendra que les différents instituts de sondages qui prédisaient une large
victoire de François Fillon on tous fait une erreur fondamentale :
interroger des sympathisants et non des militants, véritable corpus électoral
de ce scrutin.
Ainsi, le score serré qui se dessinait dès le départ de cette soirée
dominicale battait en brèche les prédictions scientifiques, forcément
scientifique, des machines à orienter l’opinion.
Dès lors, Jean-François C. de Meaux pouvait se montrer victorieux nonobstant
ces sondages. Il se montrait également confiant. Et pour cause. Car cette
élection embaumait de parfums françafricains. N’oublions pas que l’UMP est la
descendante du RPR, lui-même descendant de l’UDR, partis qui ont su élever des
pratiques politiques discutables au rang de produits d’exportation en
Afrique.
Difficile donc de ne pas voir quelques similitudes entre par exemple la
fameuse COCOE (commission de contrôle électorale) avec les CENI (commissions
électorales nationales indépendantes) dont les membres ont été généralement et
généreusement choisis par le président en exercice. D’ailleurs, comme pour
toute CENI qui se respecte, la COCOE a su reporter la publication des
résultats, ce qui, très souvent donne du temps au pouvoir en place pour donner
la victoire au sortant. On ne sait plus si c’est la COCOE de Copé ou le Copé de
la COCOE, en bref, la COCOPE…
Il était donc quasi certain qu’à partir du moment où le score était serré,
le dénouement était écrit. On remarquera que l’avance de 98 voix du maire de
Meaux sur l’ancien et exclusif premier ministre de Sarkozy représente une
poignée de voix à l’échelle du corps électoral UMPesque, poignée qui pourrait
correspondre avec les accusations de fraude lancées par le camp adverse. On
retiendra aussi que ce chiffre est magique : 98, l’année où la France a
été championne du monde de foot. Chiffre subliminal pour un président
autoproclamé avant d’être investi par la COCOE.
Mais malgré tout, cette soirée électorale interne aura pu prêter à sourire à
qui n’est pas franchement un supporter d’Un Machin Politique comme à l’UMP. Le
ton vindicatif des uns envers les autres, l’escalade verbale, la résignation
progressive du camp Fillon, l’assurance non moins progressive du camp Copé, les
indignations d’Estrosi, le retour de Nadine Morano, ah, finalement, quelle
belle soirée ! Rebondissement inattendu : la COCOE aurait oublié de
comptabiliser les voix de 3 fédérations d’outre-mer, Wallis et Futuna, Mayotte
et la Nouvelle Calédonie…
On attend avec impatience les primaires qui désigneront le candidat d’Une
Mauvaise Plaisanterie à la prochaine élection présidentielle, car si les
traditions sont respectées, on devrait assister à de beaux pugilats sous l’œil
bienveillant des caméras, et pourquoi pas quelques meurtres en direct ? Le
mot de la fin au regretté Philippe Bouvard, euh non, attendez, il n’est pas
mort, me souffle-t-on dans mon oreillette, qui s’y connaissait, pardon connaît
(décidément !) vraiment en matière de droite : « La
démocratie, c’est la moitié des cons plus un ».
Ou plus quatre-vingt-dix-huit, cher Monsieur Bouvard. Ou plus
quatre-vingt-dix-huit…