L'ouvrier a un dossier très complet sur son affaire. Il est visiblement décidé à aller jusqu'au bout.
Des abus en termes de droit du travail et des coups et blessures attestés par un certificat médical de la part de son employeur, voici ce dont Sorin Mugurel, un travailleur roumain de 41 ans, affirme avoir été victime. Et comme son dossier piétinerait dans ce qui semble être un imbroglio administratif, il a décidé de se mettre en grève de la faim depuis lundi 19 novembre, jour et nuit, sur un banc du square Érignac face à la sous-préfecture du Havre parce que cette structure symbolise pour lui l’État français et la perspective d’être entendu « pour que justice soit faite ».
Les faits selon le plaignant
En situation régulière, bénéficiaire d’un titre de séjour valable jusqu’en 2020, l’homme aurait été recruté en Roumanie pour un emploi agricole dans une ferme de la région havraise en 2008. Logé et nourri, il aurait d’abord effectué un CDD de 6 mois puis un CDI avec des horaires pour le moins élastiques.
« J’ai travaillé parfois jusqu’à 319 heures par mois », affirme-t-il.
Ce dernier aurait pris 15 jours de congés pour aller en Roumanie. Des congés qui auraient dû être payés, mais, à son retour, l’employeur aurait voulu lui faire signer des papiers – « sans doute une démission ou une rupture conventionnelle », précise l’un des membres de la Ligue des Droits de l’Homme qui a décidé de s’investir dans ce dossier. Face au refus de signer de l’ouvrier, l’employeur l’aurait frappé. L’homme dit avoir fait constater ses blessures par un médecin de l’hôpital de Fécamp.
« Payé en liquide »
L’homme qui dit connaître peu son environnement se serait rendu à pied vers ce qu’il considérait être la gendarmerie la plus proche (10 km). Là, il aurait été renvoyé près de sa commune où la plainte aurait été refusée bien que l’employeur ait été convoqué. Il précise en outre qu’il aurait été payé en liquide, qu’il aurait vu des compatriotes travailler au noir, bref une somme d’accusations, qui, si elles s’avéraient véridiques, semblent dater d’une autre époque. Défendu par un premier avocat, les prud’hommes ont été saisis mais l’affaire devient alors encore plus compliquée. Un deuxième avocat a repris le dossier sans, toujours selon l’homme, pouvoir récupérer le dossier du premier avocat.
L’employeur nie tous les faits reprochés
Et c’est là que le vase aurait débordé : las de frapper à toutes les portes pour faire entendre sa cause, l’homme aurait décidé de se mettre en grève de la faim au Havre. Son but : récupérer son dossier juridique auprès de son premier avocat et diligenter une vraie enquête sur ce qui lui semble être des abus dans le domaine du droit du travail. Des associations locales, Croix Rouge et Ligue des Droits de l’Homme, se sont emparés du dossier.
De son côté, 76actu a contacté l’employeur qui ne cesse de répéter : « Faut arrêter avec ça » niant tous les fais qui lui sont reprochés. « Je ne sais pas pourquoi il m’en veut », indique-t-il. 76actu a également contacté l’avocate du plaignant pour obtenir plus de précisions sur cette affaire qui reste floue.