(fil-fax 23/11/12)
« En 2012, la Seine-Maritime a connu une baisse significative de la délinquance générale de -3,8%. C’est un bilan global correct », s’est félicité mercredi le préfet Pierre de Bousquet à l’issue de la réunion annuelle du conseil départemental de prévention de la délinquance. Néanmoins ce conseil déplore une hausse des violences faites aux personnes. Sur ce registre, la préfecture a confirmé mobiliser à court terme une dizaine d’appartements sur le contingent préfectoral pour mieux lutter contre les violences faites aux femmes, des violences commises « le plus souvent sous l’emprise de l’alcool et dans le cadre familial ». Ces logements seront réservés à l’accueil des conjoints violents. En la matière si un dispositif prévoit bien en Seine-Maritime depuis 2008 l’éloignement du conjoint violent la préfecture reconnaît un manque de places. « Nous disposons de dispositifs pour l’accueil des femmes mais nous voulons pouvoir éloigner les conjoints. Il faut de plus notamment pour des raisons professionnelles que cet éloignement se fasse dans la proximité », a précisé le préfet. « Sur 37 ou 38 mesures d’éloignement du conjoint enregistrées depuis quatre ans la reprise d’une vie commune a été possible dans 52% des cas », a-t-il ajouté citant en exemple le suivi de ces situations conflictuelles assurés sur Elbeuf par l’association “Accueil Solidarité de l’Agglomération d’Elbeuf “ (ASAE). Les violences intrafamiliales et conjugales ont en an augmenté de +2,8% en zone urbaine (1.141 victimes) et de +14,14% en zone rurale (331 victimes). La hausse intervient malgré la signature en 2011 par 27 partenaires (ARS, TGI, Union sociale pour l’habitat, etc) d’un protocole départemental de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes.
Une femme violée toutes les 7 minutes
Le Collectif pour les Droits des Femmes organisera un rassemblement dimanche matin à Rouen (marché Saint-marc) à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.
« Ces violences touchent toutes les sphères de la vie d’une femme, violences dans les familles, violences au travail, violences dans l’espace public… Les chiffres parlent d’eux-mêmes ; une femme est violée toute les 7 minutes, une femme est tuée tous les 2,5 jours par les coups de son conjoint ou ex conjoint », dénonce pour le collectif Hélène Didier. « Cela n’est que la partie apparente de l’iceberg car de nombreuses femmes se taisent par peur, par honte de raconter ce cauchemar », ajoute Sylvie Carre avant de réclamer des moyens humains et financiers pour mieux lutter contre ce fléau.
Maillage des territoires
Le préfet a par ailleurs salué l’investissement des 19 villes en Seine-Maritime de plus de 10.000 habitants directement concernées par le conseil départemental de prévention de la délinquance « en particulier sur des thématiques comme la parentalité ». Malgré de nombreux maires excusés mercredi, seuls ceux de Rouen et d’Elbeuf ont signé leur feuille de présence, ces villes ont pour la plupart activé leur propre conseil local ou intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD). Trois nouveaux conseils sont sur le point d’être finalisés à Darnétal, Lillebonne et Notre-Dame-de-Gravenchon.