Yvon Scornet, représentant de l'intersyndicale. (photo d'archives)
« On a prévenu le gouvernement dans le dernier communiqué que nous avons diffusé. Soit on avance au pas de course, soit cela ne va pas le faire. Cela fait un an que l’on se bat. Nous sommes déjà trois à vouloir entamer une grève de la faim, si rien n’est écrit et précisé à l’issue de la réunion de demain (ndlr : vendredi 30 novembre) à 10h30 à Matignon », annonce Yvon Scornet, représentant des salariés de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne, à 76actu alors qu’il était en route pour Paris.
Le dossier libyen ? L’intersyndicale « n’y croit pas »
Les trois collègues ont déjà acheté les tentes qui seront installées devant la raffinerie de la banlieue de Rouen dès vendredi soir, si rien ne bouge du côté du gouvernement. Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, a pourtant annoncé avoir reçu l’intérêt d’un fonds libyen, la Libyan Investment Authority.
Les services du Premier ministre français auraient également confirmé la signature « d’un engagement de confidentialité avec des représentants libyens, après des déclarations contradictoires de membres du gouvernement sur l’issue des discussions » (notre article).
Yvon Scornet n’y croit pas : « Nous, intersyndicale, n’avons aucun contact avec les Libyens. Le gouvernement est mieux renseigné que nous sur ce sujet. Nous avons aucune preuve de l’intérêt de la Libye. Le problème, c’est que l’on nous demande d’attendre le mois de février mais nous n’avons pas la temps ! Le 4 décembre va être décisif ! Certains repreneurs nous ont déjà été présentés comme le père Noël et puis ils se sont retirés. D’autres pays sont aussi sur le dossier, comme l’Iran, l’Irak ou la Suisse. On sera peut-être étonnés du dossier libyen, mais sincèrement, je n’y crois pas… »
Plusieurs échéances décisives attendent les ouvriers de l’usine de raffinerie Petroplus. Ce jeudi 29 novembre, une assemblée générale est prévue pour informer le personnel des actions à venir. Jeudi soir, l’intersyndicale se rend à Oissel, pour une réunion publique et un débat. Vendredi 30, une réunion à Matignon est programmée avec les représentants gouvernementaux à 10h30. Si la situation reste la même, la grève de la faim aura bien lieu.
« Il n’est pas question que le 4 décembre soit un deuxième 16 octobre », termine Yvon Scornet, bien décidé à maintenir la lutte.