Dedienne multiplasturgy va ouvrir une nouvelle usine dans l’Eure

(fil-fax 30/11/12)

Des applications dans l’aéronautique © Dedienne Multiplasturgy

Le plasturgiste Dedienne ne se laisse pas impressionner par la crise : il va investir 7,5 millions d’euros à Saint-Aubin-sur-Gaillon dans l’Eure où il ouvrira en août 2013 sur un site de trois hectares ce que son PDG Pierre-Jean Leduc baptise un « campus ». Dans ces locaux qui s’étendront sur 8.200 m2 seront regroupés le siège social et les activités de ses quatre usines normandes aujourd’hui implantées aux Andelys (deux sites), à Ménilles et à Evreux. « Nous avons choisi Saint-Aubin à cause de sa localisation géographique au barycentre de nos sites actuels et en raison du très bon accueil de la communauté de communes Eure-Madrie-Seine », précise-t-il. L’opération vise à rationaliser l’activité de l’entreprise en diminuant les frais de structures et la consommation d’énergie. C’est à ce prix que Dedienne dont le chiffre d’affaires devrait atteindre 41 millions d’euros en 2012 espère maintenir une croissance de 5 % l’an et conserver la grande majorité de ses emplois en France.

Quelque 120 salariés se retrouveront à Saint-Aubin-sur-Gaillon sur les 320 que compte l’entreprise. Resteront à l’écart du regroupement les usines de Nantes (120 salariés), de Fagaras en Roumanie (50) et de Clamart (30). Pierre-Jean Leduc assure que cette opération se fera sans licenciement. Mais elle s’accompagnera d’un rajeunissement des effectifs à la faveur d’importants départs en retraite. « Nous recruterons des profils plus R et D », précise Pierre-Jean Leduc.

Créée en 1947 à Clamart par Roland Dedienne, un ancien tourneur fraiseur de chez Hispano-Suiza, cette entreprise s’est spécialisée dans la pièce usinée haut de gamme en matière plastique. Ses clients se recrutent dans les domaines de l’automobile (Johnson Control, Magnetti-Marelli…) et de l’aéronautique (Thalès, Safran…), principalement. Dans les années 1970, elle a amorcé une déconcentration de ses activités vers l’Ouest à commencer par Les Andelys. « A l’époque on se délocalisait encore en Normandie pas au Maroc ou en Chine », ironise le dirigeant.

En 2004, elle a fait l’objet d’une opération de reprise partielle de l’entreprise par l’encadrement (management buy out, MBO) à l’initiative de Pierre-Jean Leduc qui était entré dans la maison en 1988 comme ingénieur.  L’entreprise appartenait alors à Jean-Claude Volot qui avait succédé en 1986 à Roland Dedienne. Ont été exclues de la transaction les activités de fabrication d’implants médicaux et d’outillage pour la maintenance d’avions qui s’étaient développées dans les années 1990 en complément de la plasturgie. Ce MBO a été appuyé par le fonds Perfectis private equity jusqu’en 2010. Celui-ci s’est alors désengagé à la suite d’un désaccord avec la direction qui refusait d’accepter la prise de contrôle de l’entreprise par l’Indien Sintex. D’autres fonds plus sensibles à la nécessité de pérenniser de telles activités en région ont alors pris le relais : NCI Gestion basé à Rouen, Ouest Croissance, Société Générale Capital Partenaires et Vauban Partenaires.

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