Dossier. “Le préservatif, meilleure arme contre le Sida”

Le préservatif reste la meilleure arme pour lutter contre le Sida.

Le préservatif reste la meilleure arme pour lutter contre le Sida.


Le syndrome de l’immunodéficience acquise, plus connu sous l’appellation Sida, a, à tout jamais, changé notre perception de l’amour physique. Car, et c’est le Docteur Natacha El Forzli, médecin hospitalier responsable de la prise en charge des personnes atteintes du VIH au Groupe hospitalier du Havre (GHH), qui le rappelle, le rapport sexuel reste le premier mode de contamination !
« Le sida n’est pas une maladie du passé » a de son côté insisté Marisol Touraine, ministre de la Santé, ce vendredi 30 novembre, avant d’appeler à une « remobilisation » alors que 7 000 nouvelles contaminations par le VIH sont enregistrées chaque année en France. La ministre a également indiqué qu’une nouvelle campagne en faveur du préservatif, « le seul dispositif qui permet de protéger efficacement », serait lancée, notamment auprès des jeunes.

« Pour les patients suivis au GHH, 60 % des personnes contaminées l’ont été dans le cadre de rapports hétérosexuels, 23% dans le cadre de rapports homosexuels. Le troisième mode de contamination, c’est la toxicomanie… »

Une fois qu’une personne est contaminée par le VIH, le Virus de l’immunodéficience humaine, le virus du Sida, « c’est pour la vie ».

« Il y a deux cas, poursuit de façon pédagogique le Dr El Forzli. Soit, on a contracté ce virus mais ce dernier reste asymptomatique, c’est à dire qu’il ne développe pas d’effets et dans ce cas, on est séropositif. Une personne qui a le Sida est une personne séropositive qui développe une des maladies d’une liste établie (telle que la tuberculose, par exemple).»

Recrudescence chez les homos ?

Le traitement contre le Sida fonctionne aujourd’hui très bien, il s’agit de la trithérapie, un traitement à base de trois molécules aujourd’hui couplées au sein d’un même comprimé qui permet d’endormir le virus, qui, de fait, n’attaque plus les défenses immunitaires. On ne meurt plus ou alors rarement du Sida. Néanmoins, même si la maladie tend donc à devenir chronique, le virus reste extrêmement dangereux et tous les spécialistes s’accordent à dire que le meilleur des remèdes reste le port du préservatif.

« Au Havre, j’ai la sensation que les jeunes ados ont plutôt une bonne conduite au niveau de l’usage du préservatif, estime le Docteur El Forzli. En revanche, j’ai aussi la sensation que l’épidémie repart chez les homosexuels du fait peut-être des bons résultats du traitement…»

267 patients sont suivis au Havre

En 2011, 267 patients sont sur la file active des gens suivis par le GHH. « Attention, tient à préciser l’Hôpital, il ne faut guère en tirer des conclusions sur l’ensemble des personnes touchées au Havre car certaines sont en effet suivies par le CHU de Rouen.» Les établissements privés tels que l’Hôpital Privé de l’Estuaire ou encore la clinique des Ormeaux n’ont pas de services dédiés aux malades du Sida.

« En revanche, ils ont des kits d’intervention dans le cadre de ce que l’on appelle les accidents d’exposition (un préservatif qui craque, un rapport non protégé dangereux …). « Il ne faut pas hésiter à venir quand on a le moindre doute ! », insiste le docteur.

Sur les 267 patients suivis par le GHH :

  • 167 sont des hommes (moyenne d’âge 48 ans)
  • 98 sont des femmes (moyenne d’âge 41 ans)
  • 2 sont des enfants
  • 65 sont au stade Sida
  • 26 sont des nouveaux patients (15 hommes – 11 femmes) dont 13 pour qui la découverte de la contamination fut une surprise.
  • 9% des 267 patients suivis sont co-infectés par le virus de l’hépatite C
  • Sur les 65 ayant développé le Sida, 37% sont des personnes originaires d’Afrique

La prévention

Elle reste une des clefs du problème. De fait, on peut rappeler la présence au Havre (et dans  d’autres villes du département) à l’initiative du Conseil général, d’un CDAG (Centre de dépistage anonyme et gratuit) créé dans les années 80. Le docteur Arlette Seiffert est le médecin qui accueille principalement les personnes pour un dépistage en toute discrétion au Havre.

« Discrétion, parce que le sujet reste tabou. On parle en effet souvent ici de sexe.»

Il faut préciser que les CDAG servent à dépister le VIH mais également les virus de l’hépatite B et C et les autres Infections sexuellement transmissibles (IST) « qui font un retour en force. Syphilis, gonocoque (vulgairement appelé chaude-pisse), chlamydiées (50% des femmes atteintes par cette infection deviendront stériles).»

Où sont les centres de dépistage en Seine-Maritime ?

« Nous recevons un public très divers, souligne le Dr Seiffert. Des adolescents de 13 ans (en effet, les CDAG sont autorisés par la loi à pratiquer des contrôles médicaux sur mineurs sans en informer les parents), mais aussi des personnes plus âgées. Des hommes, des femmes de tout milieu qui n’ont pas toujours envie de s’adresser au médecin de famille.»

Le sexe, toujours le sexe, un tabou. Pas facile de dire à son médecin qu’on a eu un rapport extra-conjugal ou « alors une relation suite à une rencontre sur Internet. Les deux dernières personnes diagnostiquées positives au VIH chez nous sortaient de ce type d’échanges… En outre, les gens oublient parfois aussi que les rapports oraux (fellation et cunnilingus) sont sources de contamination. ». Le CDAG est là pour tout le monde, avec une oreille attentive et sans aucun jugement moral :

« Nous sommes là pour accompagner. Lors du premier rendez-vous, nous parlons énormément avec les patients ; nous évaluons les risques, nous évoquons en amont de possibles traitements. »

Heureusement, dans la majorité des cas, le diagnostic est négatif : « Nous recensons environ une dizaine de cas VIH par année sur l’ensemble des personnes contrôlées.» Mais, tout de même, 10% de personnes infectées par les chlamydiées chez les jeunes. Plus que jamais, préservatif, préservatif, préservatif…

  • La liste des CDAG (Consultation de dépistage anonyme et gratuit) et/ou CIDDIST (Centre d’information, de diagnostic et de dépistage des infections sexuellement transmissibles) de la région Haute-Normandie (et les horaires des permanences) est consultable ici.
    Un flashmob ce vendredi, à Rouen. La Mission Locale de l’agglomération rouennaise organise un flashmob « ensemble contre le SIDA », à Rouen, dans la cour extérieure de l’Espace du palais, vendredi 30 novembre de 14h à 15h
    • Lire aussi. Selon Le Parisien/Aujourd’hui en France de ce vendredi 30 novembre, une PME française annoncerait avoir mis au point un traitement thérapeutique, mais toujours en phase d’expérimentation. L’article est à lire ici.
Articles créés 11333

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut