Edouard Philippe (DR)
Le psychodrame à l’UMP se poursuit. La sortie de crise semble loin. Jean-François Copé vient de proposer un nouveau vote en 2014 dans des conditions inacceptables pour François Fillon, qui a refusé tout net. Le président contesté de l’UMP a fait le pari de tenir envers et contre tout en martelant qu’il a gagné. Mais sa position paraît intenable, même à court terme. Quant à l’ancien premier ministre, il reste inflexible et réclame un nouveau vote « dans les plus brefs délais »…
Un scénario catastrophe que le député-maire UMP du Havre avait (presque) vu venir ! Dans un roman de politique « fiction » publié en… 2010 et intitulé Dans l’ombre…, Édouard Philippe décrivait alors par le menu et à travers les stratégies développées dans les arrières salles et dans les couloirs, les guerres d’influence que se livrent alors deux ténors dont l’ambition ultime est d’accéder au pouvoir sans partage.
« Un monde dur, cruel, et où on ne se fait pas de cadeau » (…)
Étrange similitude avec les scènes dont François Fillon et Jean-François Copé nous gratifient quotidiennement dans… la vraie vie.
Le retour de Sarkozy ? « Jamais vous ne m’entendrez dire ça ! »
Interrogé par 76 actu sur cette réalité qui dépasse la fiction, le député-maire du Havre qui fut proche d’Alain Juppé précise qu’« évidemment », il n’avait « pas d’information particulière » lorsqu’il a écrit ce livre, mais, en revanche, « je savais comment fonctionne un parti de l‘intérieur… »
Le maire du Havre n’est donc pas vraiment surpris d’assister à ce combat des chefs qui en l’occurrence ont perdu « beaucoup de leur crédit… Les militants du Havre et de Seine-Maritime sont très agacés par tout ce que se passe. Les médias sont braqués là-dessus et pendant ce temps-là, on ne parle pas des vrais sujets », déplore-t-il.
Le maire du Havre, lui, n’avait pas choisi entre François Fillon et Jean-François Copé, et ne choisit pas plus aujourd’hui, « On ne m’instrumentalise pas. Je reste membre de l’UMP car c’est mon parti. » Et à la question « Nicolas Sarkozy sera-t-il l’homme providentiel ? ». Il répond sans détour, « Jamais vous ne m’entendrez dire ça ! »