
Les zozos de l’Arche de Zoé avaient défrayé l’actualité il y a 5
ans. Ils reviennent sous les feux de la justice cette fois, et sans la peur du
ridicule qui, comme chacun sait, ne tue pas…
Souvenons-nous : les aventures des zozos de l’Arche de Zoé il y a 5 ans
dans les sables du Darfour puis dans les prisons du Tchad avaient marqué le
début du quinquennat de Nicolas S de Neuilly. Celui-ci, pris d’une frénésie
libératoire voulait avait amusé la galerie avec les infirmières bulgares,
Ingrid Betancourt ou nos pathétiques zozos.
La différence entre les infirmières de Kadhafi ou Ingrid Betancourt et nos
aventuriers amateurs de l’arche perdue était de taille, et pour cause :
les zozos étaient en prison, non pour avoir été victime d’un quelconque
arbitraire, mais pour avoir tout bonnement kidnappé 103 enfants tchadiens ou
darfouris. A l’époque, leur libération suite à une grâce présidentielle du très
démocrate Idriss Déby avait été échangée contre rien moins qu’un sauvetage du
régime grandement menacé par des colonnes de rebelles qui fonçaient sur
Ndjamena et qui furent stoppés par le dispositif Epervier, d’un autre âge,
celui du colonialisme.
Mais revenons à nos zozos. Ceux-ci, avaient donc enlevés des enfants
tchadiens pour les faire passer à la fois pour des enfants du Darfour et des
orphelins, afin de les ramener en France où des familles en mal d’adoption,
mais qui avaient financé l’improbable expédition, attendaient fébrilement la
livraison du petit orphelin du Darfour qu’elles avaient commandé…
Aujourd’hui, ironie du sort, ces familles se sont constituées pour la
plupart parties civiles pour le procès de l’Arche de Zoé, alors qu’elles ont
permis par leurs versements monétaires à nos gugusses de monter leur opération.
Etrange. Mais l’Arche n’était pas aidée que par ces familles pas très
regardantes sur l’éthique. Ainsi cette association tragi-comique
bénéficiait-elle de soutien au plus haut niveau de l’Etat, leur rapide
« libération » des geôles tchadienne en est une des preuves.
Car, dans cette histoire, on croise autour de l’Arche de personnes
impliquées dans les plus hautes sphères de l’état. De Rachida Dati à Mme
Cécilia ex Sarkozy qui devaient accueillir triomphalement les orphelins, de
Rama Yade à Kouchner qui ont très vite lâché le concept d’ingérence humanitaire
tendance « Arche de Zoé », du conseil scientifique de l’UMP à la
composition du conseil d’administration de l’association Paris Biotech Santé,
que des proches de l’ancien président français qui ont très vite compris, pour
une fois, qu’il valait mieux faire profil bas…
Or, comme pour le discours de Dakar, cette initiative « africaine »a
vite tourné au fiasco, la différence étant que 5 ans après, l’aventure des
zozos se termine par un procès. Les chefs d’inculpation sont «
escroquerie », « exercice illégal de l’activité
d’intermédiaire en vue d’adoption » et, ce qui ne manque pas de
pili-pili « aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers en
France », le dernier étant bien dans l’air du temps, alors que leur avocat
était… un des deux actuels députés du FN, l’avocat aux enveloppes pleines de
preuves, Gilbert Colliard.
On retiendra de cette aventure abracadabrantesque, un manque de discernement
évident des dirigeants de l’Arche de Zoé qui, certainement en toute bonne foi,
mais c’est encore pire, se sont arrogé un droit de traite d’être humains sur le
sol africain, armés d’un droit d’ingérence, faux nez du colonialisme qu’il soit
néo ou non. On a également du mal à appréhender la position des familles qui se
sont estimées flouées.
Celles-ci, sans vouloir les accabler, sont aujourd’hui parties civiles alors
qu’elles devraient être mises en examen pour complicité et financement d’une
opération frauduleuse. Imaginons un seul instant cette histoire à
l’envers : une ONG tchadienne qui viendrait enlever des gamins sur le
territoire français suite à un financement par des familles tchadiennes… On
mesure là la portée de cette histoire.
Le mot de la fin au « cerveau » de cette opération, l’inénarrable
ex pompier volontaire Jean-Louis Breteau qui a déclaré il y a cinq ans avec une
gratitude exceptionnelle suite à sa grâce et celle de ses comparses par Idriss
Déby avec les sous des contribuables : « Je n’ai aucunement
l’intention de payer. Par ailleurs, si la France paie, je trouverai ça
dégueulasse. On dépense déjà beaucoup pour alimenter les caisses des chefs
d’Etat africains. Dans cette affaire, il n’y a pas de parties civiles
identifiées. On sait donc que les 6,3 millions d’euros, s’ils sont versés, vont
aller dans les poches d’Idriss Déby. »
Lucide un jour, le zozo, mais pas lucide toujours…