Petroplus : Le tribunal de commerce se prononcera vendredi sur la poursuite de l’activité

(fil-fax 05/12/12)

Le tribunal de commerce de Rouen a mis jeudi en délibéré à vendredi sa décision concernant la prolongation de la poursuite de l’activité de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne qui expire le 15 décembre. Les administrateurs judicaires ont recommandé de fixer le nouveau délai au 16 janvier. La tournure prise par l’audience n’a pas satisfait les représentants de l’Intersyndicale CGT-CFDT-CFE/CGC. Ils craignent que ce nouveau délai ne conduise à arrêter les unités qui fonctionnent depuis juin grâce à un contrat de processing avec Shell se terminant également le 15 décembre. « Il faut que le gouvernement fasse pression sur Shell pour qu’il accepter de prolonger son contrat y compris en menaçant de lui retirer le droit d’exploiter le pétrole au large de la Guyane »,  a dit Yvon Scornet, porte parole de l’intersyndicale.

Le reste de l’audience a été consacrée à l’audition de NetOil dont le siège est à Dubaï ainsi que de quatre sociétés ayant manifesté leur intérêt pour une éventuelle reprise : l’Irakien Jabs Gulf Energy, l’Iranien Tadbir Energy Development Group, ainsi que les Suisses Activapro et Terrae International.. Les deux autres candidats qui ont aussi déposé une lettre d’intention, le fonds d’Etat libyen qui a envoyé lundi une équipe visiter la raffinerie et Alafandi Petrroleum Group (APG), basé à Hong-Kong étaient absents. A l’issue, le mandataire du candidat iranien, Xavier Houzel, a indiqué qu’il faudrait « au moins un mois » à ce groupe pour examiner le dossier et que ses fournitures de brut pourraient venir d’un autre pays que l’Iran frappé par un embargo occidental sur ses exportations de pétrole. Les candidats ont jusqu’au 5 février pour formaliser leurs offres mais si un dossier complet émergeait avant cette date le tribunal pourrait le retenir et clore la procédure.

Avant l’audience, des salariés sont partis en voiture de la raffinerie et ont formé un cortège en ralentissant la circulation jusqu’au tribunal. Sur place, ils ont été rejoints par des représentants syndicaux et des élus de gauche de la région an particulier Guillaume Bachelay, le numéro 2 du PS, et Céline Brulin, la secrétaire de la Fédération de Seine-Maritime du PCF. Les manifestants qui ont organisé un barbecue géant en attentant la fin de l’audience réclamaient la « cession » de la raffinerie à un repreneur ou la « réquisition » par le gouvernement.

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