Nouveaux rythmes scolaires: la Ville s’y engage dès la rentrée

Déjà très mobilisée dans le domaine éducatif, Saint-Étienne-du-Rouvray affiche sa volonté de modifier les rythmes scolaires dès la rentrée prochaine. Le constat semble faire l'unanimité : six heures de cours, quatre jours par semaine à l'école primaire, c'est trop. Passer à neuf demi-journées d'école hebdomadaire serait donc une bonne chose pour les élèves. Autre donnée livrée de façon récurrente par les chronobiologistes : entre 11 h 30/12 heures et 14 h 30, l'attention des enfants est très amoindrie. Ils préconisent donc un allongement de la pause du midi.
Le ministre de l'Éducation Vincent Peillon a depuis plusieurs semaines annoncé une mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires pour septembre 2013. Depuis, le président de la République, en recherche de consensus, a donné une année supplémentaire aux communes qui le souhaitent pour s'organiser.
Ici, le maire Hubert Wulfranc a affirmé sa volonté de poursuivre la dynamique engagée notamment depuis 2010 avec la mise en place des espaces éducatifs, les Animalins. Mais cette détermination n'exclut pas des divergences entre les élus, parmi les responsables des services concernés ou au sein du conseil consultatif du Projet éducatif local* (PEL) qui réfléchissent à l'organisation qui devra être arrêtée d'ici mars.
Car il ne s'agit pas seulement de savoir si la demi-journée supplémentaire retenue sera le mercredi ou le samedi. L'enjeu principal n'est sans doute même pas de déterminer si l'heure de cours libérée permet d'allonger la pause méridienne ou glisse en fin de journée. La question est bien de définir l'intérêt éducatif que les acteurs du territoire sont prêts à donner à ce temps. "De ce point de vue, le groupe de travail investi sur le sujet a posé comme préalable que l'enfant doit rester au centre de nos préoccupations", rappelle Joachim Moyse, premier adjoint au maire.
"Notre rôle est de tenter d'atténuer les différences entre les enfants issus de milieux différents", souligne Rémy Orange, adjoint au maire aux affaires scolaires. Un sacré défi si on en croit le sociologue Camille Peugny, que des élus et des agents municipaux ont récemment pu entendre sur le thème du "déclassement". "Depuis des années, le surplus d'éducation donné en France est allé en priorité aux enfants des familles des classes supérieures… La société a cru au mythe de l'école républicaine, mais elle est en fait assez élitiste. Entre le CP et le CM2, l'écart entre les enfants d'ouvriers et de cadres, loin de se combler ne cesse de s'accroître."
Les enjeux sont donc éducatifs, sociaux, mais aussi économiques. À l'échelle de la Ville, et selon l'organisation qui sera retenue, ce changement de rythme représente un effort financier : entre 300000 et 600000 €. Une fourchette conforme à l'estimation faite par l'Association des maires de France (AMF) qui avance un chiffre de 150 € par élève et par an. Il faudra renforcer les équipes d'animateurs – déjà aujourd'hui difficiles à stabiliser –, chauffer des bâtiments, mais aussi revoir l'organisation de plusieurs services municipaux : ceux intervenants directement dans les écoles, mais aussi ceux proposant des activités socioculturelles, culturelles et sportives.

* Il rassemble au côté de la Ville des associations, l'Éducation nationale, des services de l'État, la Caisse d'allocations familiales…

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