Se protéger des attaques et catastrophes en se mettant à l'abri dans un bunker.
Avec le boom médiatique provoqué par cette potentielle fin du monde, un nouveau mouvement semble émerger : les survivalistes. Aux États-Unis, ce mouvement consistant à s’organiser pour être autonome, indépendant et savoir réagir en cas de catastrophes naturelles ou chimiques, est répandu. Des boutiques permettent de s’approvisionner en nourriture lyophilisée et de se doter des éléments nécessaires à sa propre survie.
Certains survivalistes vont même jusqu’à se faire construire un abri bétonné et souterrain pour pouvoir se couper du monde en cas d’attaque ou de catastrophe. En France, la tendance existe également, mais ses adeptes préfèrent rester cachés, le mouvement souffrant d’une image négative. À l’origine de la page Facebook, Survivaliste normand, le militaire avec lequel nous sommes entrés en contact pour échanger sur ses motivations et sa vision du monde préfère rester anonyme :
« Je crains que mon nom ne soit associé à un mouvement « extrémiste » dans l’idée. Certains de mes « collaborateurs survivalistes » sont déjà pointés du doigt par des personnes bien placées et médiatisées.»
Être survivaliste, ce n’est pas croire en la fin du monde
Notre interlocuteur se méfie donc des médias et des dérives générées par ces derniers. Pour lui, être survivaliste, ce n’est pas croire en la fin du monde :
« Pour moi, il ne se passera rien le 21.12.2012 si ce n’est quelques crédules dans les rues, des actes de délinquance/violence dans les zones urbaines… Pas encore la fin du monde… » Ce militaire ne s’est donc pas préparé au pire et à l’extinction de la race : « Grâce à des « témoignages », je sais qu’il y aura quelques mouvements de panique localisés, mais rien de plus ».
Pour ce survivaliste, pas question de céder à l’effet de mode :
« Le survivalisme perdurera encore bien des années, je vous conseille de lire Rues Barbares de Piero San Georgio et Vol West. Je suis convaincu que ma préparation physique et matérielle sera mise à l’épreuve d’ici cinq à dix ans par un effondrement économique réel qui engendrera violence, émeutes, retranchement, perte des ressources telles que l’électricité et l’eau courante. » Et de surenchérir : « Ne voyez pas dans mes propos une vision médiumnique mais une évidente compréhension de ce qu’il se passe déjà à l’heure actuelle.»
Peu d’adeptes en Haute-Normandie
Les survivalistes considèrent que ce mode de vie devrait se développer : « De plus en plus autour de moi gravitent des personnes qui également prennent conscience de la réalité à venir.» Ce sont en effet les phénomènes climatiques, environnementaux et les difficultés actuelles qui confortent certains dans leurs convictions. En Haute-Normandie, les adeptes du survivalisme sont peu nombreux ou, peut-être se cachent-ils. Il est difficile d’en trouver qui accepte de témoigner. C’est en Basse-Normandie que semble se concentrer un bon nombre de survivalistes :
« Nos « campagnards » de l’époque se débrouillaient très bien sans entrer dans les villes champignons. Je suis originaire de Basse-Normandie, je connais bien le coin, à part Caen, Flers… il y a beaucoup de petits villages et peu d’habitants au m²! Il ne sera pas bon d’habiter la ville dans les années à venir.»
C’est donc par mesure de précaution que certains choisiraient de se replier, de se retirer à la campagne. La fin du monde a fait vendre beaucoup de papier, couler beaucoup d’encre et a donné des idées aux plus malins. Le calendrier maya aurait-il suscité des vocations commerciales ?