Billet. Pont Mathilde, à Rouen, un routier sympa ?

Après l'accident du pont Mathilde, la rédaction du Bulletin de l’arrondissement de Rouen a pensé à la Septième compagnie, dans un montage…

Après l'accident du pont Mathilde, un Rouennais, Thierry Delaporte, a pensé à la Septième compagnie, dans un montage…


« Les routiers sont sympas ! » Ce titre d’émission sur RTL ne correspond plus tout à fait à ce que ressentent les habitants de Rouen… Les images de l’incendie d’un camion chargé d’hydrocarbures sur le pont Mathilde, le 29 octobre dernier, sont encore dans les mémoires et les conversations. Et resteront gravées comme LES images de l’année 2012 :

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Conséquence de cet incendie ? L’ouvrage, un axe structurant de la région, très fragilisé par le dégagement de chaleur, est toujours fermé à la circulation.  
Le pont Mathilde supportait un trafic de 80 000 véhicules par jour, dont plus de 5 000 poids-lourds qui l’empruntaient quotidiennement pour se rendre vers le Nord. Un appel d’offres a été publié le jeudi 29 novembre, un mois, jour pour jour, après l’accident. Ce document stipule que la date de début des travaux doit avoir lieu en janvier 2013, pour une durée de quatre mois maximum. Une réouverture partielle de l’ouvrage, aux véhicules légers, pourrait donc avoir lieu en avril 2013, si les délais sont respectés… Mais rien n’est moins sûr. En attendant, des techniciens le chauffent lorsqu’il fait trop froid, pour éviter qu’il ne souffre davantage.

Des Rouennais croyaient que le centre-ville serait débarrassé…

Et, pendant ce temps, coincés dans les bouchons, les Rouennais râlent et pestent contre les poids-lourds responsables, selon eux, de ces heures perdues dans les bouchons ! Même les élus s’y mettent. Il y a quelques jours, Olivier Mouret, le président du groupe des élus socialistes de la ville s’emportait sur son blog, évoquant le non-respect de l’arrêté préfectoral (pris au lendemain de l’accident du pont Mathilde), interdisant le transit des poids lourds dans Rouen depuis l’A28, la D928 et la D6015.

Avec l’accident retentissant du 29 octobre, les Rouennais croyaient enfin que le centre-ville serait débarrassé des camions, mais ce n’est pas tout à fait le cas. Pourtant, c’est déjà (un peu) mieux…
La diminution du nombre de camions est souhaitée depuis des années à Rouen, et, jusqu’à présent, on ne peut pas dire que les mesures pour éviter qu’ils ne traversent la ville s’étaient bousculées, malgré des accidents ; aux conséquences minimes certes, mais des accidents quand même.

Regardez, c’était il y a trois ans, sur la Sud III :

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À lire aussi (ça s’est passé lundi 24 décembre 2012) : Pont Flaubert à Rouen, un camion manque de prendre feu

Oui, les camions sont une plaie sur la route ! Oui, la nuit, sous la pluie (et les éclaircies sont rares en ce moment), je sers les fesses dans ma voiture lorsque je les croise. Mais le transport routier est le mode de transport le plus utilisé en France et ce n’est pas nouveau !

Vos courses de Noël, grâce aux camions ?

Les camions assurent l’acheminement des marchandises nécessaires à notre vie quotidienne. Et c’est grâce à eux que les magasins étaient approvisionnés, ces derniers-jours, lors de nos courses de Noël. C’est un peu vrai quand même, vous l’admettrez ?

Pourtant sur 76 actu, les commentaires pleuvent depuis plusieurs semaines et les routiers sont malmenés.

« Pour faire respecter l’arrêté ? Supprimer quatre points et coller 135 euros d’amende aux routiers », écrit Laujac 76.
« Les routiers se croient tout permis, face aux véhicules légers. Que les forces de police contrôlent les temps de conduite et les temps de repos et on verra s’ils sont respectés ! », poursuit Monalisa.
« Ils bloquent les carrefours, et se croient tout puissant avec leurs engins. Ils en ont rien à faire de l’interdiction, tout ça pour ne pas payer l’A29 », enchaîne David.

Même si des lecteurs de 76actu nuancent, et taclent surtout les politiques :

« Toujours le même scénario : vouloir les avantages, pas les inconvénients. Cette ville étouffe sous les contradictions générées par les frileuses politiques menées à Rouen depuis des décennies », souligne Le Major.
Cet arrêté est une « éclatante et encourageante disposition (contrainte certes), combien meilleure que celle prise par le tandem Fourneyron/Fabius il y a quatre ans, qui a détourné le monstrueux flux de camions sur les quais bas pour les “cacher”… Et pour la dégénérescence accélérée des branches des piétons, cyclistes et habitants du centre-ville sur les quais hauts qui échappaient au moins jusqu’alors aux directes émissions des pots d’échappement des camions », se félicite Donatien 76.

Les routiers aussi y vont aussi de leurs commentaires :

« Les charmants poids lourds vous font manger, boire, vous amènent le carburant, la farine pour le pain… Venez livrer avec moi une seule journée et je pense que vous ne verrez plus les choses de la même manière. Je vous attends lundi de 4h du matin à 19–20h le soir », lance ainsi Arnaud.
« Sans camion, il n’y aurait rien dans les magasins et ce ne sont pas les chauffeurs, mais les patrons qui obligent les chauffeurs à passer par là », insiste Piero.

Concernant « le con qui a fait péter le pont » (pour reprendre la Septième compagnie), le routier « le plus détesté de Rouen » lui aussi est sévèrement brocardé…  :

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…. 76 actu a retrouvé sa trace, non sans mal. Le camion-citerne aurait été loué à l’entreprise Roullé, basée à Saint-Étienne-du-Rouvray, dans la banlieue de Rouen. Cette dernière « n’a fait que louer le poids-lourd », expliquait-t-elle à 76 actu, il y a quelques semaines.
Le chauffeur du camion, quant à lui, travaillerait pour une entreprise installée à Valenciennes, du nom de VDK, spécialisée dans le transport d’hydrocarbures. (Notre article)

C’est lui, et après ?

La bataille juridique pour payer les réparations du pont s’annonce longue et alimentera certainement le feuilleton médiatique local pendant des années. La question des livraisons de marchandises dans les centres urbains, est, elle, une préoccupation majeure, puisque les habitants n’ont jamais été aussi nombreux à y vivre et qu’ils consomment de plus en plus.

Depuis plusieurs semaines, sur les réseaux sociaux notamment, des citoyens cherchent des solutions pour l’après-pont Mathilde (notre article). Et c’est pour cela que ce routier « est sympa ! ». Car des idées germent…
L’une d’elles est sur les rails depuis quelques années, stimulée par le retour en grâce du tramway dans de nombreuses agglomérations françaises (comme le Havre qui inaugurait le sien il y a quelques jours) : c’est l’adaptation de ce mode de transport à l’acheminement de marchandises (Slate en parle, ici).
Pourquoi ne pas relier les véhicules à des câbles aériens capables de fournir du jus tout au long de la route ?
Un prototype fonctionne à l’électricité, en Allemagne, regardez :

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  • À lire aussi (ça s’est passé lundi 24 décembre 2012) : Pont Flaubert à Rouen, un camion manque de prendre feu
  • Pour Noël, Rouen n’aura certainement pas dans sa hotte un bon « pour la suppression des camions sur ses routes dans de brefs délais », mais elle a la possibilité de faire changer les choses.
    N’hésitez pas à commenter, interpeller, et partager, sur 76 actu !
    Bonnes fêtes de fin d’année à tous
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