(fil-fax 03/01/13)
L’intersyndicale CGT, CFDT, CFE-CGC de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne a annoncé vendredi avoir obtenu un rendez-vous « auprès de représentants de la compagnie Shell » le lundi 7 janvier 2013, sans préciser le niveau de responsabilité des personnes qui la recevra au siège de la société pétrolière à Colombes (Hauts-de-Seine). En attendant le résultat de cette réunion, elle a décidé de « lever le pied » sur le mot d’ordre de boycott des produits Shell qu’elle a lancé à la mi-décembre.
« Ce sera l’occasion de revenir sur le désengagement de Shell qui, lors de la vente de la raffinerie en 2008 a livré 550 salariés, leurs familles et leur entreprise à un fossoyeur industriel », clame le communiqué de l’Intersyndicale pour qui ce serait « invraisemblable que la dette sociale et environnementale, laissée par Shell après 80 ans d’exploitation soit à la charge de la collectivité ». Les syndicats avancent le chiffre de 500 M€. D’autres chiffres ont circulé estimant les seuls travaux de dépollution du site entre 150 et 200 M€.
Un an jour pour jour après le coup de tonnerre que fut la suspension par les banques du groupe helvétique Petroplus de la ligne de crédit permettant l’achat du pétrole brut. Les établissements du raffineur suisse, Coryton (Grande-Bretagne), Anvers (Belgique), Ingolstadt (Allemagne) et Cressier (Suisse), s’étaient alors retrouvés sans approvisionnement en matière première. Le 28 décembre 2011, une assemblée générale du personnel de Petit-Couronne décidait le blocage des stocks, qualifiés alors de « seule monnaie d’échange et moyen de pression ».
Un an plus tard, l’intersyndicale maintient que « la reprise du site est et restera [sa] priorité ».