CONSEIL REGIONAL de « HAUTE » NORMANDIE BUDGET PRIMITIF 2013: Les transports sont-ils amoureux?

A l’occasion du retour d’un président sur son siège (et ce jusqu’en 2015, soit… 16 ans depuis 1998!) l’Etoile de Normandie publie à nouveau un document important qui ne devrait pas enchanter ledit président.

Disons-le plus crûment, nous commençons sérieusement en avoir plus qu’assez de ce saboteur officiel de l’intérêt général normand et nous avons décidé de fait état devant l’opinion normande (grand merci à la websphère qui enrhume ceux qui veulent étouffer les débats dans l’oeuf…) de toute information ou de tout document qui pourraient démontrer les tentatives et les manoeuvres d’un malfaisant que les principes d’une démocratie trop institutionnelle et trop représentative d’elle-même, nous demande de supporter jusqu’en 2015…

Notre propos serait-il trop excessif?

Que l’on se souvienne alors comment ce président régional de trop en Normandie a tenté, par exemple, courant 2007 de torpiller la publication du rapport du cabinet INEUM- EDATER sur les avantages et les inconvénients d’une fusion des deux conseils régionaux normands, parce que ledit rapport était trop favorable à l’évidence normande. A l’époque nous dénoncions ici même la farce jouée par un arroseur arrosé car ce rapport commandé à un cabinet d’audit indépendant par les deux exécutifs régionaux normands avait pour finalité d’enterrer la pertinence de toute unité institutionnelle de la Normandie.

L’artificier saboteur spécialiste du déminage de tout débat qu’il ne pourrait lui-même maîtriser, nous prépare peut-être un autre méchant coup contre la Normandie: pour d’évidentes raisons financières, la fourmi bonne conseillère adepte d’élections à la nord-coréenne qui siège à Rouen, voudrait depuis peu nous seriner sa petite musique… La Ligne Nouvelle Paris Normandie c’est irréaliste et pour le démontrer commençons déjà par n’en plus parler!

Eh bien sur l’Etoile de Normandie nous en parlerons volontiers et si Monsieur le Président de « je ne sais plus quoi » était à nouveau de  mauvaise humeur, nous avons réservé pour lui les étrennes suivantes:

Un magnifique fauteuil de direction tout neuf assorti de ce superbe coussin anti escarres!


 

 

Petit voyage dans le budget primitif  2013

« Transports »

d’un

demi-conseil régional en Normandie

 


 

 

L’autostop ou le co-voiturage:

Assurément les meilleurs moyens de transport en Normandie en terme de rapport qualité/ prix


 

Il y a environ trois semaines, la rédaction de l’Etoile de Normandie a reçu une grosse enveloppe contenant les photocopies des chapitres  CR R 12-12 47 à CR R 12- 12 53 relatifs à la « politique transports » du Conseil Régional de « Haute » Normandie.

 L’expéditeur de cette grosse enveloppe nous demandait notre point de vue sur cette politique transport ô combien stratégique pour l’avenir de la Normandie. Il souhaitait surtout que ces documents et cette analyse soient rendus publics afin que les citoyens et habitants de la Normandie se fassent leur idée puisque le débat contradictoire sur l’avenir de la Normandie demeure impossible dans l’enceinte de la Caserne Jeanne d’Arc de Rouen où tente de siéger et de délibérer un conseil régional normand.

 Aussi, par la grâce d’une facétieuse ironie de la fortune politicienne qui nous permet, depuis le 21 décembre 2012 et ce jusqu’au 7janvier 2013 de goûter en avant-première à la joie de n’avoir qu’un seul président de région en Normandie, (démission temporaire présentée comme « technique » d’Alain Le Vern), nous n’allons pas nous refuser le plaisir de donner enfin le coup de pied de l’âne en publiant  les extraits suivants et leurs analyses qui vous démontreront, une fois de plus, que la Normandie, qui est pourtant un enjeu d’intérêt national pour la logistique et les transports, n’a toujours pas la politique régionale des transports digne de ce nom, faute de porter la vision stratégique et le pilotage indispensables du côté des collectivités territoriales normandes, à tel point que les grands projets normands sont mis en œuvre soit par l’Etat central (ex : Axe Seine et Ligne Nouvelle Paris Normandie) soit par les grands acteurs économiques normands (ex : le pont de Normandie mis en œuvre par la CCI du Havre ou le GIP HAROPA mis en œuvre par les Grands ports maritimes de la Basse-Seine normande) :

 Sur le patron imposant d’un costume normand d’intérêt national, le président demi-régional bien connu des Etoiliens pour son humour minimaliste et qui a pris visiblement de bonnes vacances, ne propose qu’un modeste ravaudage faute de déplier l’ouvrage sur toute la Normandie…

 Cette mesquinerie quelque peu « pharisienne » se pare volontiers de sérieux, de rigueur sinon de réalisme : mais tout raccomodage suppose qu’il soit recommencé sachant que la Normandie, en mal de transports, est toujours placée dans l’ombre de la puissance région parisienne, première région urbaine d’Europe, et qui se contrefout de la Normandie comme de sa dernière chaussette trouée…

 

  • Quelques remarques préliminaires :

 

Notre expéditeur a assorti son envoi des remarques suivantes, à charge pour nous de les confirmer ou de les infirmer à la lecture du document du CRHN :

 

1)     Lors de la présentation de ce budget primitif « transports » devant le CESER HN (Conseil économique social et environnemental régional de Haute-Normandie) il y eut un mouvement d’humeur parce qu’il était devenu impossible de faire la comparaison indispensable avec les années antérieures en raison d’un changement du logiciel de présentation (sic !). Concrètement, il faut craindre qu’une partie des projets présentés en 2013 ne soit que des projets non encore réalisés et reportés…

 

2)     Sous prétexte de servir à la mise en œuvre concrète de l’Axe Seine, il faut craindre que qu’une partie des crédits provisionnés pour la Ligne Nouvelle Paris Normandie ne serve à la remise en état de la ligne fret  Le Havre- Paris via Serqueux-Gisors, remise en service indispensable pour le port du Havre mais ce projet était largement antérieur à celui de la LNPN…

 

3)     Plus inquiétant encore : la région Ile de France s’intéresse-t-elle vraiment au financement d’études techniques pour savoir si, sur le territoire francilien à l’Ouest de Paris entre la gare St Lazare et Mantes la Jolie, il est tout simplement encore possible de construire, à la fois, une ligne grande vitesse pour les trains normands ET un prolongement de la ligne E du RER (projet Eole) ? La réponse est NON et c’est le CRHN qui s’y colle… un peu tardivement ! Inquiétant donc, très inquiétant…Les lignes SNCF normandes qui traversent la région parisienne sont-elles des « grandes lignes » ou des lignes de « grande banlieue » ? Toute la question est là …

 

4)     Même remarque que la précédente, concernant le fret ferroviaire : c’est bien joli de prévoir le financement pour moderniser Serqueux-Gisors. Mais entre Gisors et Paris (gare de Valenton, Val de Marne) qui va s’en occuper ?

 

5)     Concernant les grandes lignes SNCF  « radiales » normandes qui traversent le territoire du conseil-régional « haut » Normand, rien n’est prévu concernant l’amélioration de la ligne Paris-Evreux- Bernay- Caen-Cherbourg. Rien non plus concernant le Paris-Granville qui passe à Verneuil s/ Avre. Concernant les liaisons intercités normandes, on note une bien timide remise à niveau sur la liaison Rouen- Caen qui n’ira pas jusqu’à l’électrification et, bien entendu, rien ne serait-ce que pour l’étude d’une réouverture d’une ligne Rouen-Evreux (qui devait se faire à l’occasion de la LNPN)

 

6)     Concernant, les routes, on notera que cela fait quarante ans que l’on dit que la RN 154 mise à 2x 2 voies de Rouen à Orléans doit être la rocade Ouest / Sud-Ouest de la région parisienne

 

7)     Enfin, suspendre les investissements prévus et annoncés pour le développement de l’aéroport inter-régional  de « Deauville-Normandie » c’est tout simplement faire ce que l’on reproche (non sans bonne raison) aux autres. L’aéroport de Deauville St Gatien, en position centrale en Normandie à 200 km à l’ouest de Paris démontre qu’il n’y a aucune rationalité économique à maintenir 4 aérodromes dans un périmètre de 100 km ! Pour une fois que notre compère Le Vern avait raison ! Face aux atermoiements du nouveau maire du Havre, le voilà qu’il jette, à son tour « des cailloux dans les hélices »…

 

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CR R 12 12 47  PRESENTATION GENERALE

 

Le Conseil régional de Haute-Normandie tient à se définir comme une « autorité organisatrice de transports » (AOT) et rappelle le « respect des partenariats conclu, d’ouverture sur les périmètres extrarégionaux et d’utilisation efficace des deniers publics »

 

Commentaire : point de vue spatial d’un conseil régional extra-terrestre ?

 

L’intermodalité est placé au cœur de la politique de transports pour éviter « la multiplication coûteuse des systèmes et renforce le dynamisme régional en offrant une plus grande facilité de déplacement »

 

Commentaire : le report modal vers la route est obligatoire sur la ligne SNCF Rouen-Evreux !

 

Autre objectif, la « suppression des nœuds de congestion »

 

Commentaire : sur le pont Mathilde, on y pense, on y pense…

 

Concernant les transports ferroviaire, le Conseil régional nous annonce « l’arrivée des Régiolis en 2015 » pour désengorger le nœud ferroviaire rouennais et ainsi « répondre à la demande des voyageurs durant les 5 à 7 années à venir »

 

Commentaire : et après ?

 

On nous annonce pour 2007 – 2013 « une phase importante de travaux générant en terme de gestion, un pic de consommation de crédits de paiements sur deux à trois années , en terme d’exploitation, des incidences importantes sur les circulations ferroviaires »

 

Commentaire, sinon traduction : plus assez d’argent pour une modernisation décisive (telle que la LNPN) et des usagers mécontents…

 

Concernant la LNPN, justement, non sans rappeler « les impasses financières » d’un schéma national des infrastructures de transports chiffré à 245 milliards, le Conseil régional rappelle que « le Gouvernement souhaite un calendrier réaliste en hiérarchisant les projets »

 

Commentaire : le Conseil Régional de Haute-Normandie ne croit pas utile de préciser qu’il reviendra à un élu socialiste bas-normand de présider aux choix des projets dans un rapport qui sera rendu public en mai 2013.

 

Enfin, le Conseil régional tient à rappeler que « l’ensemble des études en cours a été confirmé. Par conséquent, de nouvelles études plus approfondies seront donc engagées en préparation de l’enquête publique. »

 

Commentaire : c’est bien la moindre des choses de ne pas déshonorer promesses et engagements publics !

 

Concernant l’intermodalité, le Conseil régional de Haute-Normandie insiste non sans raison sur une véritable innovation « unique en France à cette échelle » : la mise en œuvre d’un système de tarification unique ATOUMOD pour se déplacer avec un même titre de transport quelque soit le mode de transport ce qui oblige à « coordonner les différents réseaux de transports en supprimant les redondances et en adaptant les horaires et les correspondances »

 

Commentaire : Bravo ! Très bien ! Mais cela ne concerne que la Haute-Normandie. La « gouvernance » sera –t-elle ouverte sur « d’autres périmètres extrarégionaux » ? En clair, les Haut-Normands qui vont sur Mars (Paris) ou dans la lune (la Basse-Normandie) sont-ils concernés ? Et quid du « mur tarifaire » de Vernon pour les adeptes Haut-normands du voyage intersidéral vers la galaxie parisienne ?

 

Concernant la modernisation des gares et pôles d’échanges, le Conseil régional nous promet un  mystérieux « programme 2012 – 2015 d’aménagement et de déploiement d’équipement légers d’accueil voyageurs »

 

Commentaire : Handicapés de langue française que nous sommes, nous avions cru d’abord à un plan d’urgence d’équipement des gares Eaux- Normandes en parapluie avant de nous apercevoir qu’il s’agit, en fait, des mesures d’accueil pour les « personnes handicapées »

 

 

Cette présentation générale de la politique Transports passe ensuite en revue les autres infrastructures (fluviales, portuaires, routières et aéroportuaires)

 

Non sans rappeler les efforts de financement réalisés dans le cadre du Contrat de Plan Etat Région ou du contrat 276 (alliance de finances et de projets entre le conseil régional et les deux conseils généraux de Haute-Normandie) le mot « retard » semble être le maître mot de cette présentation d’une région qui n’a pas fini son désenclavement autoroutier: le dossier de contournement autoroutier au Nord-Est de Rouen en est, d’ailleurs, la plus parfaite illustration. La rocade autoroutière de contournement par l’Ouest et le Sud-Ouest de la région parisienne entre Rouen et Orléans n’est toujours pas réalisée … après 40 années, de financements, d’études ou de travaux : le maillon manquant correspond donc au maillon faible normand. Que dire de plus ?

 

Concernant les ports, le conseil régional nous annonce qu’en 2013, il « apportera son soutien au Grand Port Maritime de Rouen pour les travaux relatifs à l’amélioration de ses accès nautiques et les mesures environnementales qui y sont liées et le développement de ses dessertes ferroviaires. ». Concernant le port du Havre, la région s’engage à poursuivre son engagement pour les travaux en cours notamment le « chantier multimodal »

 

Commentaire : on le sait, la bataille des ports se gagne sur  terre. Vu ce qui a déjà été dit ici on voit que la situation des deux grands ports maritimes de la Basse-Seine normande ne bénéficient pas du meilleur service logistique possible et la concurrence est rude avec les ports du Nord de l’Europe qui maîtrisent le fret ferroviaire, le fluvial et la multimodalité. Le Havre avec 86 % des conteneurs déchargés sur des camions qui se baladent sur nos routes est un exemple achevé de monomodalité ! On notera donc que le report modal des discours vers la réalité n’est pas une spécialité française…

 

Enfin cette présentation générale se termine par un petit bilan de l’action du conseil régional de Haute-Normandie dans les deux syndicats mixtes auxquels il participe : le port régional de Dieppe et l’aéroport inter-régional de Deauville en insistant sur son engagement pour donner le «rayonnement interrégional » que ces structures méritent.

 

Traduisons : « rayonnement interrégional », en français vulgaire, ça devrait pouvoir dire « dimension normande »

 

Concernant le port de Dieppe, le conseil régional précise que c’est le  « seul port régional » en France.

Commentaire : c’est aussi et surtout un port totalement isolé !

 

Enfin, nous ne pouvons qu’approuver (quand même !) la confirmation du choix de faire de Deauville Saint-Gatien l’aéroport inter-régional normand privilégié. Cependant, suite à la volte-face (provisoire espérons-le) du maire du Havre Edouard Philippe qui a annoncé la prolongation de l’exploitation de l’aérodrome du Havre-Octeville jusqu’en 2014,  le Conseil régional de Haute-Normandie se croit le devoir de préciser que « pour ce qui concerne la réalisation éventuelle d’une nouvelle aérogare, restent toutefois liés la position des différentes collectivités concernées sur la stratégie permettant le développement d’une offre aéroportuaire cohérente et respectueuse de l’argent public (le sujet fait l’objet de discussions avec les agglomérations de Caen et du Havre) »

 

Commentaire : ce qui est possible avec les ports (création d’un réseau des ports normands) ne l’est toujours pas avec les aéroports en raison du clochemerle métropolitain normand. Mais à terme, il devient urgent de penser la synergie complémentaire réelle qui existe entre Deauville « Normandie » et Caen –Carpiquet « Normandie ». La création de la CCI de l’Estuaire et l’entrée inévitable de l’agglomération de Caen dans le pôle métropolitain de l’Estuaire permettra d’en finir avec cette piteuse chicaya aérienne qui ne fait que creuser un fossé déjà grand entre acteurs des forces vives normandes et la classe politique régionale.

 

Rappel du chiffrage de la politique « transports » du CRHN prévue pour 2013

 

90 395 018 euros d’autorisations de programme

  9 399 663 euros d’autorisations d’engagement

96 665 330 euros de crédits de paiement d’investissement

70 821 344 euros de paiement de fonctionnement

     545 000 euros de recettes d’investissement

     996 000 euros de recettes de fonctionnement

 

Commentaire : Charles Seignobos disait : « un chiffre est toujours précis, mais pas forcément exact »

 

 

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CR R 12  12 48  INTERMODALITE et TRANSPORTS HORS FERROVIAIRE

 

La grande nouveauté est donc la mise en œuvre d’une « billetique intermodale » permettant « la mise en œuvre d’une tarification multimodale en tant que garant de la cohérence de l’aménagement du territoire à travers les politiques contractuelles »

 

Commentaire : Bravo ! Très bien ! Mais il s’agit d’un billet unique uniquement Haut-normand. Vous me direz qu’il faut bien quelque part quelque commencement. Mais faut-il pour autant convoquer avec solennité « l’aménagement du territoire » ? Les usagers de Vernon en font, eux, de l’aménagement du territoire et de façon fort concrète : ils font du co-voiturage, passent la frontière, garent leurs véhicules dans un petit village des Yvelines et vont prendre leur train pour Paris  avec le tarif des Franciliens… Mais c’est, bien entendu, une remarque hors-sujet puisque ce chapitre traite de l’intermodalité des transports hors ferroviaire ! Et l’intermodalité des transports hors marche à pied ? Y ont-ils pensé ?

 

Dans le chapitre intitulé « Programme P067 , transports de voyageurs tous modes » , on lira ceci : « la conférence interrégionale des présidents de régions du Bassin parisien a pris la décision de contribuer à la réalisation d’un programme d’études destiné à orienter les nouvelles perspectives d’accès ferroviaire aux grands pôles franciliens »

 

Commentaire : il faut rappeler qu’Alain Le Vern président demi-régional normand a été président il y a peu de cette conférence des huit régions du Bassin parisien. Il faut rappeler que la région francilienne est la plus puissante d’Europe en part de PIB. Il faut rappeler que le contournement complet tant par la route que par le ferroviaire de cette région parisienne n’est toujours pas achevé notamment du côté « normand »… On rappellera enfin qu’il reste encore trop facile de confondre les grandes lignes normandes avec des lignes de grande banlieue : ça fait quarante ans que ça dure cette curiosité ! Cela mérite donc de nouvelles études…

 

Dans le chapitre intitulé « Opération P067 O 000 5, lignes routières DSP Caen- Le Havre » on se réjouira que via le Pont de Normandie, la politique transports du conseil régional haut-normand s’intéresse enfin à un « périmètre extra-régional »puisque « la Région Haute-Normandie s’est engagée à compenser chaque année, 50% du déficit d’exploitation de la ligne Caen-Le Havre (ndlr : le « Bus Vert » Express du conseil général du Calvados), dans la limite de 53 360 euros. Cette contribution est versée au Département du Calvados. Cette ligne dessert Honfleur et permet aux étudiants des différentes agglomérations de rejoindre leur domicile, leur lieu d’études »

 

Commentaire : nous avons lu et relu ce paragraphe pour finalement nous réjouir du fait que certaines brumes disparaissent lorsqu’on passe sur le Pont de Normandie !

 

 

 

Au chapitre intitulé « Opération P068 O 002, tarification », nous lisons que des « réflexions (sont) en cours avec le Syndicat des Transports d’Ile de France afin de concilier harmonisation tarifaire et aménagement du territoire. Enfin, il apporte son expertise à la Région dans le cadre du projet Atoumod »

 

Commentaire : en attendant que le « mur tarifaire » de Vernon soit levé, les usagers font de l’aménagement du territoire (voir plus haut). Négocier avec la première région d’Europe qui pèse 572 milliards d’euros en part de PIB (2010) il faut être un peu « Tartarin » . Une demi-région normande pesant tout juste 47 milliards en part de PIB (2010) et refusant obstinément toute coopération structurelle en matière de transports avec sa moitié occidentale peut donc tout essayer avec la puissante Ile de France : ont ils pensé à la solution idéale au CRHN ? La fusion avec la Région… parisienne !

 

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CR R 12 12 49  ROUTES

 

Commentaire : nous renommerons ce chapitre  « la déroute des routes »

 

En effet, c’est le chapitre intitulé « Opération P074 O007 ,  reprise anciens dossiers Contrat de Plan Etat –Région 1999 – 2006  Routes »qui a attiré toute notre attention :

 

« RN 12 / RN 154 section Allaines (Eure et Loir) –Nonancourt : l’opération consiste à réaliser la mise en 2×2 voies de la RN 154 entre Orléans et Rouen, notamment le contournement des agglomérations chartraine et drouaise, garantissant ainsi la fluidité et la facilité d’accès au Grand Port maritime de Rouen depuis la Beauce. La maîtrise d’ouvrage de l’opération est assurée par les services déconcentrés de l’Etat en Région Centre. La région Haute-Normandie s’est engagée à participer financièrement aux études de définition des tracés, au travers du protocole d’accord pour le financement des études d’aménagement de la RN 154 entre Nonancourt et Dreux, signé le 5 octobre 2006 »

 

Commentaire : voilà donc pourquoi cet axe routier d’intérêt national puisqu’il s’agit d’achever la rocade de la région parisienne à l’échelle européenne s’appelle aussi la « route du blé »… On finance des études depuis 40 ans et on attend, on attend : il est curieux d’ailleurs de confier une maîtrise d’ouvrage à d’autres alors qu’il s’agit des intérêts stratégiques de notre région. La RN 154 est donc sur la carte routière du Bassin parisien le maillon manquant : Normal ! ça correspond au maillon faible normand !

 

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CR R 12 12 50  FERROVIAIRE

 

C’est le chapitre essentiel de la politique des transports puisque la compétence ferroviaire (notamment celle de gérer les Trains Express Régionaux) est l’une des principales compétences d’un conseil régional.

L’année 2013 nous est d’abord présentée comme un tournant puisque c’est la dernière année d’application de la convention d’exploitation du service régional de transport de voyageurs signée avec la SNCF en 2008 et c’est aussi la dernière année d’application du Contrat de plan Etat Région signé en 2007. Cette présentation du chapitre précise aussi et surtout : « concernant la Ligne Nouvelle Paris Normandie, la région continuera d’accompagner le projet en participant aux études préalables à l’enquête publique ».

 

Commentaire : c’est écrit, mais est-ce si sûr ?

 

Au chapitre intitulé « Opération P069 O002, tarifications régionales fer » nous ne résistons pas au plaisir de féliciter la créativité des communicants d’un conseil régional WaouH Normand soucieux d’offrir « une véritable alternative à l’usage de la voiture », « dans un contexte socio-économique difficile » avec une tarification « attractive » nommée « HN’go » (sic !)

 

Commentaire : et pourquoi pas une tarification « H2O » à cause du STOP N’go ? Bah oui ! Faudrait que le conseil régional s’intéresse aussi au sort de ces nombreux jeunes normands qui faute de trains font du stop sur nos routes… Par exemple, entre Rouen et Evreux…

 

Concernant le chapitre intitulé « Opération P069 O003, opérations événementielles », il est question de « faire découvrir le transport régional aux haut-normands » notamment à l’occasion de grands événements tels que l’Armada ou « Normandie Impressionniste 2013 »

 

Commentaire : le conseil régional Oooh Normand n’est pas spécialisé dans les transports amoureux. Coupler « découverte du transport régional » et découverte de la Normandie il n’en est pas question ici alors que le Comité régional de tourisme commun aux deux régions administratives normandes s’évertue à nous faire ambassadeurs de notre région chaque printemps avec des promotions et des facilités qui concernent aussi les transports… Décidément le président de « je ne sais plus quoi » qui avait boudé en 2011 le 11ème centenaire de « je ne sais plus quoi » a quelques des trous de mémoire… mais pas dans son porte monnaie !

 

 

 

Au chapitre intitulé « Opération P069 O 004, transport Intercités »,les usagers d’un Paris-Rouen- Le Havre usagé seront heureux d’apprendre l’existence d’un « protocole pour l’amélioration de la qualité offerte à la clientèle sur la desserte ferroviaire nationale, (…) signée le 13 mai 2008 ». Dans ce cadre, le conseil régional  « a financé l’acquisition des rames TER 2N et pour moitié la rénovation des rames Corail et a accepté leur affectation principale sur les services exécutés par l’activité Corail Intercités. »

 

Commentaire :on se demande bien pourquoi les rames Corail achetées pour le Paris-Le Havre iraient faire dans le Limousin. L’expression « affectation principale » nous laisse perplexes…

 

Plus curieux encore, on apprend que pour « améliorer la fiabilité de la liaison, la Région a négocié avec Corail Intercités un système de bonus / malus basé sur l’atteinte d’objectifs de ponctualité, de qualité de service et de respect de la conformité des compositions plafonné à 125 000 euros par an. Conformément aux termes du protocole, cette somme sera affectée par la SNCF exclusivement à l’amélioration des gares de l’axe. »

 

Commentaire : au lieu de mener une vraie guerre pour la défense d’un service public ferroviaire régional on fait une guérilla. On nous dira que c’est mieux que rien et on peut toujours espérer dans l’effet placebo de la cautère sur la jambe de bois. Si un rapport de force « bonus/ malus » devait être institué pour exiger la qualité ferroviaire entre Paris et Le Havre il le devrait directement avec la région Ile de France qui considère que les grandes lignes normandes ne sont que des lignes de grande banlieue et avec l’Etat qui doit reprendre en main le dossier ubuesque d’une SNCF coupée en deux (d’un côté, exploitation du réseau avec la SNCF et , de l’autre, entretien du réseau avec Réseau Ferré de France, la première étant prise financièrement à la gorge par le second qui n’a pas un rond !) : c’est donc structurel et pour mener ce genre d’affaire il est préférable de s’unir pour peser, réfléchir, proposer afin de se faire enfin entendre… Mais il est vrai que le Tartarin Oooh Normand préfère les exploits en solitaire…

 

Au chapitre intitulé « Opération P070 O 001, acquisition de matériel » nous lisons que le Conseil régional a commandé « dix rames Régiolis en 2010 et seront livrées en 2014- 2015 ». On ne peut qu’approuver cet effort de renouvellement du matériel roulant des TER indispensables aux liaisons inter-cités régionales, mais rappelons tout de même que seulement 7 trains par jour roulent entre Caen et Rouen, contre 44 entre Nancy et Metz, 38 entre Mulhouse et Strasbourg, 32 entre Nantes et Rennes…

 

Au chapitre intitulé « Opération P070 O 003 , matériel roulant » on lit que l’arrivée de ces nouveaux matériels roulants devrait être l’occasion de « conforter le site de Sotteville dans son rôle de pôle de maintenance actuel et futur pour tous les matériels régionaux (…) A cet effet, l’ouverture d’une autorisation de programme de 3 210 566 euros et l’inscription de 989 840 euros de crédits de paiement sont nécessaires »

 

Commentaire : malentendu propre à toute novlangue, la décharge ferroviaire la plus sotte de France devient par la magie du verbe un « pôle de maintenance » !

 

Le chapitre suivant intitulé « Programme P0 71, gares et infrastructures » fait le bilan des politiques régionales « d’amélioration résultant d’une démarche partenariale avec notamment l’ensemble des acteurs du monde ferroviaire et les collectivités locales ». Notamment, en son volet 1, huit gares ont été jugées prioritaires pour la « mise en œuvre d’aménagement d’ensemble ». Ces gares sont celles de Barentin ; Pavilly ; Auffay ; Yvetot ; Fécamp ; Serqueux ; Gournay-Ferrières ; Conches et Blangy sur Bresle.

 

Commentaire : comme d’habitude, Verneuil sur Avre est oublié. Normal ! c’est sur la ligne Paris-Granville…

 

L’opération « P071 O 005 »investissements sur la ligne Le Havre- Rouen-Paris au titre du Contrat de Plan Etat Région (2007 – 2013) a, entre autres,  pour objet la gare de Rouen Rive-droite avec « des modifications ponctuelles de l’infrastructure conduisant à optimiser l’exploitation en gare ».  38 887 euros de crédit de paiement sont proposés pour les études nécessaires ainsi que 1 859 893 euros programmés avec 559 845 euros de crédit de paiement pour financer des travaux avec mise en service en 2015.

 

Commentaire : on rappellera qu’il s’agit « d’optimiser » pour 2015 des tunnels  percés en 1847 déjà optimisés en 1912 et qui ont causé en 1916 la mort accidentelle d’Emile Verhaeren, le plus grand poète belge.

 

Au chapitre intitulé « Opération P071 O 006 » consacrée dans le cadre du Contrat de Plan Etat-Région à la « rénovation » de la ligne Serqueux-Gisors dévolue comme le souhaite ardemment le conseil régional Ooh Normand au désenclavement du port du Havre pour le fret ferroviaire, nous lisons : « les ralentissements imposés actuellement sur la voie entre Gisors et Serqueux ont conduit à transférer sur route les dessertes ferroviaires »

 

Commentaire : pas de commentaires !

 

Pour ces travaux qui doivent durer jusqu’en 2014, la contribution régionale s’élève à 35 121 886 euros dont 11 671 315 euros devaient être payés fin 2012. 10 000 000 euros sont prévus en 2013 et 13 450 571 euros en 2014 et 2015.

 

Commentaire : restera-t-il quelques centimes pour continuer la provision consacrée à la Ligne Nouvelle Paris Normandie ?

 

Puisque le chapitre suivant qui s’intitule « Opération P0 71 O 007 » est consacrée dans le cadre du Contrat de Plan Etat-Région à la « modernisation » de la ligne Serqueux-Gisors qui nécessite de programmer de nouvelles études pour 5 821 732 euros et d’inscrire un crédit de paiement de 2 376 498 euros pour 2013…

 

Commentaire : on a du mal à saisir la nuance entre « rénovation » et « modernisation » par contre on comprend tout de suite qu’il y a une différence entre zéro centime et quelques millions d’euros !

 

Le chapitre suivant intitulé « Opération P07 O 0012 » est consacré à la modernisation de la ligne Rouen-Caen dans le cadre du Contrat de Plan Etat-Région. Inutile d’insister sur l’importance de cette ligne pour l’aménagement du territoire normand mais aussi du Bassin parisien. Le conseil régional de Haute-Normandie sortant parfois de son autisme géographique en convient d’ailleurs : « En effet, l’axe Caen-Rouen constitue un tronçon de la rocade ferroviaire ouest du grand Bassin parisien, itinéraire du réseau orienté fret établi dans le cadre de l’engagement national pour le fret ferroviaire. La modernisation complète de cette rocade offrira à terme un itinéraire de substitution au réseau congestionné entre Rouen et Paris ainsi qu’à celui de la grande ceinture de Paris répondant ainsi aux objectifs quantitatifs et qualitatifs de développement fret tels qu’ils ressortent notamment des lois sur le Grenelle de l’environnement… »

 

Commentaire : pas un mot sur la nécessité d’améliorer les liaisons voyageurs entre les deux capitales normandes limitées à 7 trains par jour.

 

Pour financer néanmoins, cette modernisation présentée comme un « enjeu national » le conseil régional O combien normand propose de programmer… 68 825 euros en 2013 !

 

Commentaire : relire plus haut le prix à payer d’une nuance entre rénovation et modernisation sur la ligne Serqueux-Gisors…

 

Les opérations suivantes intitulées « P0 71 O 013 et P0 71 O 014 » consacrées à la modernisation des liaisons ferroviaires vers les ports du Havre et de Rouen proposent 2 000 000 euros de travaux au port du Havre pour créer « huit voies ferrées ballastées sous portiques de 750 mètres » et 800 000 euros pour améliorer l’accès ferroviaire du site de Port-Jérôme et « à générer un report modal vers le ferroviaire ».

 

Commentaire : depuis l’incendie du Pont Mathilde, tous les automobilistes rouennais savent que 86% du fret du port du Havre, par exemple, s’éparpille en camions sur nos routes.

 

Il est maintenant question, (enfin !) sous le nom de code « programme P0 72 »  de la Ligne Nouvelle Paris Normandie. Le sujet étant d’importance, le paragraphe de présentation mérite d’être cité intégralement :

 

« Depuis 2010, la Région a mobilisé la 2ème part de la TIPP (soit plus de 20 millions d’euros par an) pour le financement de la Ligne Nouvelle Paris Normandie (LNPN) et l’amélioration des dessertes portuaires, conformément à la loi du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement. Ceci a permis en réservant cette recette, d’ouvrir une autorisation de programme spécifique de 20 millions d’euros par an qui s’élève de ce fait en 2013 à 80 millions d’euros et qui se décline comme suit :

 

-Rénovation et modernisation de l’axe Serqueux-Gisors ( 37 410 153 euros affectés en 2011)

 

– Développement de la LNPN stricto sensu avec l’accompagnement  des actions induites par la décision de Réseau Ferré de France maître d’ouvrage de poursuivre les études à l’issue du Débat Public (soit 8 millions d’euros proposés en 2013)

 

Autorisation de programme disponible de 34 589 847 euros  pour poursuivre et soutenir s’il en était besoin courant 2013, toute nouvelle initiative en la matière »

 

Plusieurs commentaires :

 

D’abord intégrer l’opération périphérique de « rénovation-modernisation » de la ligne Serqueux-Gisors dans la priorité principale de la LNPN c’est faire preuve d’une certaine plasticité intellectuelle qui confine à la duplicité. Pour parler « langue de bois » on dira qu’il s’agit d’une « priorisation » des priorités…

 

Ensuite, on aimerait connaître avant la fin de l’année 2013 les « nouvelles initiatives en la matière » du conseil régional haut-normand alors qu’un grand élu bas-normand (le député-maire de Caen  Philippe Duron ) sera chargé de nous dire si la LNPN pourra se faire ou non. A quand une étude globale de l’impact de la LNPN sur l’ensemble du réseau ferroviaire normand et francilien menée conjointement par les trois régions concernées ? (HN BN et IDF). S’il n’y a pas plus de volonté de piloter ce projet de la part des collectivités principalement concernées, pourquoi alors demander à l’Etat la mise en place d’un « comité de pilotage » ? Pourquoi réclamer une « gouvernance partagée » de l’Axe Seine alors  que les deux conseils régionaux normands ont démontré qu’ils étaient incapables de proposer un cahier d’acteur commun ou de s’engager dans une réflexion prospective commune… Cette incapacité des deux conseils régionaux normands et socialistes à « socialiser » un intérêt régional commun est le plus grand mystère politique de ce début de siècle… Il pourrait être fatal pour l’ambition de faire de la Normandie un enjeu régional d’intérêt national (Axe Seine et LNPN)

 

Enfin, considérant ce qui a déjà été observé plus haut sur la « modernisation –rénovation » de la ligne Serqueux –Gisors et ce qui sera observé juste après, concernant le Mantois, on peut se poser la question impertinente de savoir si Alain Le Vern ne serait pas devenu le Monsieur Mittal du ferroviaire normand…

 

Le chapitre suivant intitulé « Opération P072 O 001 » paraît anodin mais il est de la plus haute importance.

 

Citation complète: « L’étude sur la compatibilité dans le secteur de Mantes entre le tracé de la Ligne Nouvelle Paris Normandie et la prolongation d’EOLE est en cours et sera terminée en 2013. A cet effet, il est proposé d’inscrire un crédit de paiement de 90 000 euros pour 2013 ».

 

Commentaire : c’est par cette réflexion et cette étude absolument indispensable que le projet de LNPN aurait dû commencer car pour offrir à la Normandie la meilleure sortie ferroviaire de la région parisienne encore faut-il être capable de répondre, du côté normand notamment, aux deux questions suivantes :

1° Est-ce possible ?

2° En quoi un projet régional normand aurait-il une importante suffisante pour justifier un tel équipement ? Une telle dépense ?

 

Nous aurons peut-être la réponse à la première question et à nos frais puisque l’Ile de France privilégie d’abord la mise à niveau de son réseau ferroviaire de la banlieue de la Région parisienne qui frise la thrombose : alors s’occuper de la banlieue de la banlieue ! Quant à la seconde question, ce sera à l’Etat et aux forces vives régionales normandes de répondre à la place des conseils régionaux normands. Comme d’habitude depuis 40 ans avec le succès que nous savons !

 

Cependant, le chapitre intitulé « Opération P072 O 002 » prend soin de ne pas insulter l’avenir puisqu’il y est fait mention d’autoriser pour 2013 la programmation de « 8 000 000 euros au titre des études préalables à l’enquête publique et d’inscrire un crédit de paiement de 400 000 euros »  et de mettre à disposition les 34 589 847 millions d’euros déjà provisionnés « pour anticiper le financement d’investissements préalables qui seraient nécessaires à la poursuite du projet », « en fonction des arbitrages nationaux en cours »

 

Commentaire : l’arbitre bas-normand Philippe Duron, président de la commission nationale de révision du Schéma National des Infrastructures de Transport a intérêt à bien arbitrer car sinon, on risque de ne plus voir la couleur des … 34 589 847 millions d’euros prélevés sur les pleins d’essence des automobilistes Ooh Normands !

 

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CR R 12-12 51  FLUVIAL et PORTUAIRE

 

Le Conseil régional de Haute-Normandie a pour logo un demi-léopard normand qui se noie dans la Seine en regardant vers Paris.

 

Pour éviter que la Basse Seine normande ne soit définitivement qu’une scène inférieure à l’ombre de la puissante région parisienne, l’accent est mis sur le développement et la valorisation du transport fluvial sur la Seine, spécialité parfaitement maîtrisée par les grands ports maritimes du Nord de l’Europe (Anvers et Rotterdam) et concurrents directs des deux GPM normands, Le Havre et Rouen.

 

Mais dans la présentation de ce domaine fluvial et portuaire nous lisons ceci : « Or, les projets financés par la Région ont essentiellement fait l’objet d’études, induisant un faible taux de réalisation. La réalisation des infrastructures se retrouve de ce fait concentrée sur les années 2013 – 2014, avec pour conséquence une demande de crédits de paiements d’une très forte ampleur de la part des maîtres d’ouvrage. Vu le retard pris par les maîtres d’ouvrage, sans remise en cause des engagements régionaux et face à ces constats, les crédits afférents seront mobilisés au-delà des la période de contractualisation actuelle ».

 

Commentaire : la Normandie semble être la région où l’on apprend la patience. Et c’est toujours la faute de l’Etat ou des maîtres d’ouvrages qui ont pris du retard. L’indolence sinon la nonchalance des conseils régionaux normands ne seraient-elles pas aussi en cause ?

 

Au chapitre intitulé « Opération P076 O 001, accès nautiques » il est principalement question de la grande opération inscrite au Contrat de Plan Etat-Région d’amélioration des accès nautiques vers le port de Rouen qui se doit de demeurer accessible aux navires de haute mer de près de 500 000 tonnes par le moyen du chenal de l’Estuaire et de la Seine sur près de 120 km. Le grand port maritime de Rouen est, en effet, le dernier grand port de fond d’estuaire en Europe et le premier port européen exportateur de céréales. Un crédit de paiement de 3 500 000 euros est proposé pour la poursuite des travaux de la première tranche. La seconde tranche doit débuter en 2013 et aura pour conséquence le dragage et la valorisation sur « des sites de dépôts pour leur utilisation dans les secteurs du BTP » de 3 millions de mètres cubes de sédiments.

 

Notre attention a été spécialement attiré par la présentation de l’ opération « P076 O 005, infrastructures Port de Dieppe » puisqu’il y est question de façon incidente de la « réfection du pont Colbert ».

 

Commentaire : disons-le clairement, en vertu d’informations qui sont en notre possession, cette présentation est fallacieuse ! Au lieu de parler de « réfection »qui suppose la rénovation ou la réparation d’un ouvrage existant, il est en fait question d’une démolition (on dit aussi : déconstruction) de l’existant qui est pourtant d’un intérêt patrimonial de premier ordre puisqu’il s’agit du dernier grand pont tournant métallique encore en activité dans un port français, au profit de son remplacement complet par une copie moderne. Sur ce dossier qui fait l’objet d’une importante mobilisation locale, le président Le Vern qui est aussi président du port régional de Dieppe, utilise une technique dilatoire qui lui a réussi jusque là, à savoir, commander des études pour accuser son chien de la rage avant de pouvoir le tuer. Cependant, pas sûr que cela marche à tous les coups ! En attendant, le pont Colbert censé tombé en ruines accepte sans rechigner le passage de 12 000 véhicules par jour !

 

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CR R 12-12 52  AEROPORTUAIRE

 

Prenons enfin l’air pour finir et pour respirer car un peu de hauteur permet à certains esprits jusqu’ici quelque peu embrumés de voir enfin l’éclat de certaines évidences, les lignes suivantes en témoignent : « La région Haute-Normandie, la région Basse-Normandie et la ville de Deauville sur la base d’études portées par la région Haute –Normandie et la chambre de commerce et d’industrie du Pays d’Auge en 2005 et 2006 ont décidé en 2006, la création du syndicat mixte de l’aéroport Deauville-Normandie. Son objectif est de doter le territoire normand d’une plateforme aéroportuaire interrégionale capable de répondre aux besoins des voyageurs tout en optimisant les dépenses publiques qui jusqu’alors étaient consacrées à la gestion , l’entretien et le développement de quatre aéroports répartis sur une zone géographique de la taille d’un département. »

 

Commentaire : bravo ! Enfin un éclair de lucidité normande…

 

Mais il est précisé aussitôt qu’en raison de la décision de la communauté d’agglomération du Havre de poursuivre l’exploitation de l’aérodrome d’Octeville jusqu’en 2014 pour plus de 2 millions d’euros et qu’en outre, la communauté d’agglomération de Caen s’étant lancée dans une étude technique pour l’extension de la piste de l’aéroport de Carpiquet, « il n’y a aucun sens à investir dans une nouvelle aérogare sur la plateforme  Deauville-Normandie, dès lors que la stratégie initiée est remise en question et n’aboutit qu’à revenir 6 années en arrière en dépensant toujours davantage d’argent public pour des résultats loin des objectifs, notamment en termes de réponse aux besoins des habitants de nos territoires, même si les résultats de Deauville-Normandie ( 129 809 passagers en 2011) confortent le bien fondé de la stratégie »

 

En conséquence, « le programme d’investissement pour 2013 a donc été revu dans ce sens »

 

Commentaire : pour être clair, car le chiffre n’est pas donné ici, ce sont 10 millions d’euros qui se sont envolés de l’aéroport de Deauville car Monsieur Le Vern n’est pas content. Il n’est pas content parce que le dossier aéroportuaire était son cache misère normand. Mais en fait, il est très content car il a désormais la preuve que la Normandie vue du ciel n’existe pas !

 

La vraie question est l’entrée de l’aéroport de Caen-Carpiquet dans le syndicat mixte Deauville-Normandie pour créer la marque « aéroports normands » comme il existe « aéroports de Paris » ou « ports normands associés » pour développer d’évidentes complémentarités entre les aéroports de Caen (trafic grand public) et Deauville (trafic affaires)

 

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NOS CONCLUSIONS :

 

1° Il semble bien difficile de concilier financièrement les urgences au quotidien d’un système de transports vieillissant, inadapté et inachevé et l’urgente nécessité de penser et de financer une modernisation radicale pour réussir pleinement l’entrée de notre région dans le XXIe siècle. Manifestement, malgré un grand nombre d’actions, parfois innovantes telle que la billetique multimodale unique (ATOUMOD), le logiciel tout comme le périmètre d’action sont périmés. La région Haute-Normandie qui est assise sur le premier noeud logistique de France en raison de l’importance stratégique de l’Axe Seine entre la région parisienne et les grands ports maritimes de la Basse Seine normande ne gère, limitée par ses compétences et ses finances, sur un périmètre limité, qu’un sac de nœuds !

 

2° Malgré quelques éclairs de lucidité sur la place stratégique de la Normandie dans le Bassin parisien, il n’y a  dans cette documentation officielle consacrée à la politique transports la présentation d’aucune vision globale de long terme : c’est clair concernant la Ligne Nouvelle Paris Normandie. La mise en œuvre de ce projet ferroviaire innovant démontre pourtant l’urgente nécessité de formuler un projet régional normand d’intérêt national : face à la puissante région parisienne, la région Haute-Normandie ne pourrait seule faire le poids au cas où il s’agirait, par exemple d’arbitrer entre une LGV pour les lignes normandes dans le Mantois et l’arrivée de EOLE en gare de Mantes… Ici se fait cruellement ressentir l’absence de toute coopération structurelle normande que le président Haut-normand Le Vern s’obstine à refuser à son collègue bas-normand qui la lui propose !

 

3° En conséquence, cette politique des transports semble placée sous l’égide du « retard » (retard des maîtres d’ouvrage, retard de l’Etat, report des projets d’une année sur l’autre…) et des « études »  en attendant des arbitrages définitifs : ceux de l’Etat central comme d’habitude mais aussi ceux des autres décideurs de la scène régionale normande qui ont décidé d’agir sans attendre plus longtemps que deux conseils régionaux en Normandie veuillent enfin coopérer à un intérêt régional commun.

 

Le collectif citoyen et républicain « Bienvenue en Normandie »

A  Caen, le 02 janvier 2013

 

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