Polémique. Retrouvé sans vie dans sa chambre, à Rouen

Un homme de 50 ans est mort dans une chambre d'un foyer d'hébergement rue de Joyeuse, à Rouen. Personne ne s'était aperçu de son absence. (Capture : Google Maps)

Un homme de 50 ans est mort dans une chambre d'un foyer d'hébergement rue de Joyeuse, à Rouen. Personne ne s'était aperçu de son absence. (Capture : Google Maps)


Il avait 50 ans. Le 4 janvier 2013, il a été découvert sans vie dans la chambre qu’il occupait à l’Unité de reconquête de l’autonomie sociale (URAS), rue Joyeuse, à Rouen. Une mort « naturelle », selon la police, qui a bouleversé toutes les personnes qui interviennent régulièrement auprès des personnes hébergées dans la structure. « Un drame de la solitude, car cet homme a été retrouvé mort au bout de huit jours », souligne le site Grand Rouen, qui a révélé l’information.
Pour la responsable de l’URAS, Isabelle Lacape, « un malheureux concours de circonstances explique le fait que ce quinquagénaire n’ait été pas été découvert plus tôt. »

« C’est un accueil qui préserve l’autonomie »

« Il faut savoir qu’au sein de l’URAS, les personnes que nous accueillons restent en relative autonomie : ils sont les locataires d’une chambre , dont ils ont la clé, ce qui leur permet d’avoir leur intimité et leur vie », souligne Isabelle Lacape. Concernant l’homme de 50 ans retrouvé vendredi 4 janvier, la responsable explique que c’était « quelqu’un de très discret.»

« Ici, nous pouvons accueillir 51 personnes, toutes avec des problématiques de santé différentes, parmi lesquels des problèmes d’addiction à l’alcool, notamment. Nous sommes évidemment très attentifs avec toutes les personnes accueillies, dont la plupart vivent dans la rue dans la journée. Et celles qui ont besoin de traitements particuliers font l’objet de suivis réguliers par des infirmières. Mais, dans le cas de ce locataire, il n’avait pas de traitement en cours, nous n’avions donc pas de raison de le suivre de manière particulière et nous respections donc autant que possible son besoin de discrétion. D’une manière générale, nous sommes évidemment très vigilants avec le public accueilli, mais nous nous efforçons également de respecter la liberté et les allées et venues de chacun », souligne Isabelle Lacape.

« Il avait dit qu’il partait dans sa famille »

Dans le cas présent, le locataire avait, de plus, averti la structure qu’il partait en famille à l’occasion des fêtes de fin d’année. Ce qui fait que personne, effectivement, ne s’était trop inquiété de ne pas le voir ces jours derniers.

« Cet homme avait deux garçons, et comme il nous avait dit qu’il serait dans sa famille, nous n’avons pas tout de suite remarqué son absence. C’est vraiment dramatique et son décès a beaucoup touché tous les intervenants, ainsi que les autres résidents, bien-sûr. Nous avons d’ailleurs réuni tout le monde, résidents et intervenants, pour évoquer cette disparition : c’est important de pouvoir mettre des mots sur un tel drame »,  poursuit Isabelle Lacape, qui a immédiatement contacté la famille, pour l’informer du décès.

Habitué de l’URAS, l’homme de 50 ans menait ainsi sa vie, entre sa petite chambre qu’il retrouvait le soir et le centre Saint-Sever, sur la rive gauche de Rouen. C’est là en effet qu’il se rendait le plus souvent, « pour travailler » comme il le disait volontiers. Un travail, qui, pour lui, consistait à demander l’aumône de quelques pièces aux passants. Sa vie s’est donc arrêtée dans les derniers jours de l’année 2012, dans cette petite chambre qui était son refuge, son ancrage dans un parcours difficile.

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