Rouen. Une nuit pour “stopper” les odeurs de Lubrizol

Gérard Renoux, de Lubrizol, se dit "désolé" pour la gêne occasionnée par cet accident.

Gérard Renoux, de Lubrizol, se dit "désolé" pour la gêne occasionnée par cet accident.


L’opération « de neutralisation » pour stopper la décomposition du Mercaptan à l’usine Lubrizol de Rouen, est prévue entre 22h et 5h dans la nuit du mardi au mercredi 23 février. L’usine chimique ne « devrait alors plus émettre d’odeurs nauséabondes », espèrent les autorités.
Un premier test doit être effectué sur cinq tonnes de produit à traiter, suivi, dans la foulée, par le reste du stock concerné, « soit environ 35 tonnes au total ».

Un essai concluant dans un laboratoire…

Un premier essai concluant aurait été effectué en laboratoire :

« Le dithiophosphate de zinc, sous l’effet d’une température trop importante, se décompose et relâche en particulier le gaz très odorifère, le Mercaptan. Il convient d’une part de stopper la décomposition de cette substance et de neutraliser le Mercaptan, avant qu’il ne se dégage dans l’atmosphère », détaille Pierre-Édouard Gillé, chef du service risque à la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) de Haute-Normandie.

Pour ce faire, l’exploitant devrait utiliser de la soude qui permettra de récupérer ce Mercaptan avant qu’il ne se dégage dans l’atmosphère.

L’origine de l’incident n’est pas encore connu

En ce qui concerne l’origine de cet incident chimique qui a été senti jusqu’en Grande-Bretagne ? « On n’a pas encore identifié si c’est un problème de pompe ou si c’est l’agitateur qui a surchauffé », commente Gérard Renoux, directeur industriel chez Lubrizol.
L’usine de Rouen produit des additifs utilisés dans les lubrifiants automobiles utilisés dans les boîtes de vitesse. « Ce produit était terminé, il était en phase de stockage. C’est dans le bac d’attente en attendant le bac de stockage qu’il y a a eu ce début de décomposition », détaille-t-il. L’exploitant doit fournir tous les documents nécessaires à la Dreal avant de débuter les opérations, qui seront validées par le préfet, dans la soirée.

Un périmètre de sécurité mis en place, à Rouen

« On fait cela de nuit pour éviter une gêne maximale à l’économie locale », indique le sous-préfet, Thierry Hegay. Le boulevard maritime, quai de France sera fermé, mais pas la Sud III. « Il n’y a aucune habitation impactée.»
Des propos confirmés par le président de l’Agglomération de Rouen, Frédéric Sanchez : « On adresse un message rassurant aux habitants. Il sera vraisemblablement mis fin aux émanations cette nuit », a-t-il annoncé, à la préfecture de Rouen, mardi en fin de journée.
L’usine Lubrizol a été mise à l’arrêt lundi 21 janvier, pour mobiliser tous ses effectifs – une centaine de personnes – pour tenter de trouver une solution. « On est vraiment désolé pour toutes les nuisances que ces odeurs ont engendré », a lâché Gérard Renoux, devant de nombreux journalistes, à la préfecture de Rouen.

Des précédents chez Lubrizol, près du Havre…

Dans le même temps, sur le site internet du Parisien, Jacky Bonnemains, le porte-parole de Robin des Bois, association de protection de l’Homme et de l’environnement affirmait « qu’il y a déjà eu deux événements similaires chez Lubrizol en 2009» (…) « Ce n’était pas dans l’usine de Rouen mais dans celle d’Oudalle, près du Havre ». Si les incidents n’étaient pas de la même ampleur et n’ont pas eu le même retentissement, « des employés qui travaillaient à côté ont été incommodés et ont été brièvement reçus à l’hôpital», certifie Jacky Bonnemains.
La ministre de l’Écologie, Delphine Batho, est arrivée à l’usine, vers 19h45…

Delphine Batho est arrivée à l'usine de Rouen à 19h45. (Photo : DVelec)

Delphine Batho est arrivée à l'usine de Rouen à 19h45. (Photo : DVelec)


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