La fuite de gaz est survenue lundi 21 janvier, dans l'usine Lubrizol de Rouen (photo : DVelec).
C’est à l’occasion d’une conférence de presse matinale que la préfecture de Seine-Maritime a fait le point sur les opérations de neutralisation, toujours en cours à l’usine Lubrizol, à Rouen. Ces opérations de neutralisation du mercaptan doivent mettre fin à la fuite de gaz qui s’est produite lundi 21 janvier à Rouen et qui a provoqué la diffusion d’un gaz nauséabond, potentiellement toxique, en Seine-Maritime, mais aussi en Île-de-France.
En quoi consiste l’opération de neutralisation ?
Pour neutraliser le mercaptan, il a fallu procéder en deux étapes. Vers 1h du matin, mercredi 23 janvier, le personnel de l’usine a d’abord commencé par la préparation d’une solution neutralisante, qui consiste à ajouter de l’eau de javel dans de l’eau sodée.
L’opération de neutralisation à proprement parler, a, quant à elle, commencé à 5h du matin. Objectif : transférer le contenu du bac d’où s’échappe le mercaptan vers un autre bac contenant cette solution sodée.
Une opération compliquée qui peut prendre plusieurs jours. Impossible pour l’instant de savoir combien de temps exactement mais, pour le nouveau préfet de Seine-Maritime, Pierre Henry Maccioni, « ça ne durera pas une éternité ».
Dans la nuit du mardi 22 au mercredi 23 janvier, deux tonnes de produits ont été traitées, sur les 35 nécessaires pour neutraliser totalement le mercaptan.
Les politiques « rassurés »
« Je préfère que l’on prenne du temps, plutôt que de prendre des risques », a déclaré, pour sa part, Delphine Batho. La ministre de l’Ecologie s’est rendue sur le site mardi 22 janvier dans la soirée et s’est déclarée « rassurée » à l’issue de sa visite. Elle a par ailleurs demandé l’ouverture d’une enquête administrative, afin de déterminer l’origine de la fuite et a déclaré mercredi matin au micro d’Europe 1, qu’il y avait sans doute eu « une négligence ou une faute ».
Une enquête judiciaire a aussi été ouverte pour « mise en danger de la vie d’autrui » et confiée à la gendarmerie. « Il s’agit de se doter d’un cadre pour voir si la cause est de nature pénale », d’après une dépêche AFP. L’enquête a été confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Rouen.
Le maire de Rouen, Yvon Robert était présent à la conférence de presse, mercredi 23 janvier, et s’est lui aussi déclaré rassuré par la tournure que prenaient les évènements et par la forte baisse de concentration de mercaptan à Rouen : alors que le taux était de 80 ppm (parties par million) lundi 21 janvier, il est désormais en dessous de 20ppm, soit en dessous du seuil détectable.
L’opération pourrait se poursuivre en journée
Si les opérations de neutralisation ne devaient au départ avoir lieu que la nuit, elles pourraient se poursuivre en journée si les conditions météorologiques le permettent, ce qui semble être le cas mercredi 23 janvier. Des odeurs pourraient cependant être ressenties à nouveau dans la journée. « Cela dépendra des vents ».
Des restrictions de circulation étaient toujours en cours dans la matinée du mercredi 23 janvier mais les entreprises et les écoles situées à proximité de l’usine sont ouvertes.
Un nouveau point presse sera organisé à 17h, mercredi 23 janvier.
Déjà une fuite en 1989
En 1989, du mercaptan s’était déjà échappé de l’usine Lubrizol, comme le montre cette vidéo de l’INA, diffusée à l’époque sur France 3 Haute-Normandie et retrouvée par le site internet Francetvinfo.
Et si l’on en croit le reportage, une fuite plus importante encore était survenue en 1974. Cette fois, les habitants avaient dû quitter leurs habitations.
Sur le site internet du Parisien, Jacky Bonnemains, le porte-parole de Robin des Bois, association de protection de l’Homme et de l’environnement affirmait « qu’il y a déjà eu deux évènements similaires chez Lubrizol en 2009» (…) « Ce n’était pas dans l’usine de Rouen mais dans celle d’Oudalle, près du Havre ». Si les incidents n’étaient pas de la même ampleur et n’ont pas eu le même retentissement, « des employés qui travaillaient à côté ont été incommodés et ont été brièvement reçus à l’hôpital», certifie Jacky Bonnemains.