Afin de lutter contre la baisse de ses effectifs, le collège Maximilien-Robespierre mise sur la création d'options "attractives". Depuis la rentrée, une section bilangue espagnol/anglais est ouverte au collège Maximilien-Robespierre. Vingt élèves, à parité exacte, suivent donc dès leur première année de collège l'enseignement de deux langues vivantes. Pour eux, l'emploi du temps affiche trois heures d'anglais et trois heures d'espagnol, au lieu de quatre heures d'anglais pour leurs camarades de 6e.
Cette décision fait suite à une réflexion menée au sein de l'établissement et plus largement dans le réseau Eclair*, qui rassemble le collège et les écoles élémentaires du secteur, pour tenter de mettre un terme à la baisse des effectifs enregistrée depuis quelques années. "Il y a sans doute une baisse démographique dans le secteur, mais pas uniquement. Robespierre souffre d'un déficit d'attractivité. Créer cette section, c'est tenter de remédier à cette situation. D'autant qu'il n'existe pas de section bilangue espagnol ailleurs à Saint-Étienne-du-Rouvray, ni même dans aucun établissement de la rive gauche, précise le principal Jason Maucolin. Et puis c'est ouvrir la possibilité à nos élèves de s'inscrire dans une voix d'excellence, ce n'est pas rien."
Pour l'enseignante d'espagnol, Stéphanie Cheriaa, cette section est d'autant plus pertinente qu'elle peut effectivement permettre aux élèves concernés d'intégrer une section européenne au lycée Marcel-Sembat ou même de s'inscrire à Val de Seine au Grand-Quevilly et ainsi passer le bachi/bac, c’est-à-dire à la fois le baccalauréat, mais aussi le diplôme équivalent en Espagne.
Un trimestre après le lancement de la section, tout le monde semble ravi de l'expérience. L'enseignante souligne l'implication des élèves et le bon niveau atteint en quelques mois.
"Nous avons souhaité que les 6e de la section bilangue soient répartis au sein de deux classes, pas question de créer une classe élitiste", insiste-t-elle. De leurs côtés, les enfants manifestent leur enthousiasme pour cette nouveauté. Driss raconte avoir été encouragé par son papa: "Il parle lui-même espagnol et m'a dit que c'était une belle langue." Mame a suivi les conseils de sa tante qui a habité un temps en Espagne. Mohamed veut en faire un outil de voyage: "C'est une langue utilisée dans vingt et un pays dans le monde et moi je suis curieux de découvrir d'autres lieux et d'autres personnes!" Plusieurs aussi traversent régulièrement l'Espagne pour rejoindre le Maroc, l'Algérie ou la Tunisie l'été et sont donc curieux d'en savoir plus. Maxime lui était peut-être plus réticent au point de départ, "mais j'ai réfléchi et je me suis dit que c'était bien de prendre de l'avance pour la 4e".
Forte de cette expérience, l'équipe du collège entend bien poursuivre son travail visant à redorer le blason de l'établissement. La réflexion est en cours pour proposer de nouvelles options ou sections: une nouvelle langue vivante, une classe à horaire aménagée théâtre ou une classe européenne… Mais sans précipitation: "Il faut bien réfléchir et ne pas perdre de vue les besoins des élèves", insiste le principal de l'établissement.