(fil-fax 22/01/13)
Il reste trois mois pour convaincre. Ensuite ce sera trop tard, ont averti lundi les animateurs de l’Association pour la Promotion de la Ligne Nouvelle Paris Normandie qui réunit des groupes socio-professionnels de Normandie et d’Île de France. Sous la présidence de Gérard Lissot, président du CESER de Haute-Normandie, on y retrouve les trois, les chambres de commerce et d’industrie régionales, les chambres de métiers, les chambres d’agriculture de Normandie.
Cette relance de l’activité de lobbying en faveur de la réalisation de ligne nouvelle entre Paris, Rouen, Le Havre, Evreux, Caen et Cherbourg, correspond aux travaux de la commission Duron, du nom du député (PS) et maire de Caen, Philippe Duron, qui préside la commission nationale chargée de définir les priorités du Schéma national des infrastructures terrestres (SNIT) dans un contexte de disette budgétaire. En résumé, la commission forte de six parlementaires et quatre personnalités qualifiées, doit hiérarchiser la quarantaine de projets que le gouvernement précédent a légué pour un montant de 245 Md€. Tous estiment devoir être placés en haut de la pile. « On pense qu’il y a urgence à renforcer les opérations de promotion et de lobbying, explique Gérard Lissot avec Jean-Pierre Désormeaux, président de la CCIR à ses côtés. La commission Duron rendra ses conclusions dans trois mois et le gouvernement rendra ses arbitrages en juillet. « Si ça ne passe pas et si on n’est pas retenu, ensuite ce sera très compliqué », prévient Gérard Lissot en paraphrasant le slogan de campagne désormais connu : « la LNPN, c’est maintenant ». La démarche est traditionnelle pour une opération de lobbying : courrier à Philippe Duron, document diffusé à 10.000 exemplaires et ouverture d’un site internet avec pétition à signer à l’appui.
Tout a maintenant été dit sur le projet ferroviaire qu’il ne faut d’abord pas appeler “TGV“, rappelle M. Lissot. Car la LNPN se situe clairement dans une catégorie intermédiaire, les trains rapides, du type de ceux qui circulent dans de nombreux pays européens, beaucoup moins coûteux qu’un TGV mais tout aussi efficaces en termes d’aménagement du territoire. Si l’opération lobbying insiste sur la globalité du projet, elle entérine de fait son phasage avec deux priorités : le doublement du Mantois, la nouvelle gare à Rouen et l’amélioration des relations fret entre Le Havre et le Bassin parisien. De 11 Md€ envisagés pour des lignes nouvelles de bout en bout, on ramènerait le coût à 7,5 Md€. « Nous n’attendons plus qu’une décision politique, répète Gérard Lissot au nom des membres de l’association pour qui la LNPN est bien plus qu’une amélioration des seules relations entre Paris et la Normandie. C’est aussi une réponse « à l’émergence d’un grand projet territorial », sur l’Axe Seine et avec les débouchés portuaires.
A cette aune, Gérard Lissot veut croire que la LNPN sera sur le podium de la commission Duron en s’adressant aux élus politiques de Normandie et d’Île de France. « L’unité politique leur confère une vraie responsabilité car ils ne pourront pas dire que c’est la faute des autres », prévient le président de l’association. Gérard Lissot émet deux postulats : « Si on n’a pas le projet Axe Seine, on est très mal pour le devenir économique de la région. Si nous n’avons pas la LNPN, l’Axe Seine n’aura de moyens. Alors on sera très très mal ».