La FNSEA reste la grande favorite face à la Confédération paysanne et à la Coordination rurale

(fil-fax 30/01/13)

Seule contre tous les autres. Comme lors des élections précédentes, la FNSEA, principal syndicat agricole, doit faire face au feu roulant de ses concurrents lors du renouvellement des membres des chambres d’agriculture dont le scrutin sera clos jeudi. En Haute-Normandie, le terme « tous les autres » recouvre la Coordination rurale, plutôt conservatrice, et la Confédération paysanne, plutôt orientée à gauche.

La première accuse la FNSEA de « manipulation électoraliste » en lui reprochant de mobiliser ses troupes à quelques jours du scrutin contre le durcissement de la directive européenne sur les nitrates alors qu’elle a soutenu, selon elle, les mesures allant dans ce sens depuis vingt ans. Elle assure qu’elle milite « seule depuis dix ans » et « sous la critique de la FNSEA » pour que la France exige la révision de cette directive basée, selon elle, « sur une présumée nocivité des nitrates pour la santé, aujourd’hui formellement démentie par la communauté médicale« . Dans cette campagne, la Coordination rurale se fait le chantre d’une agriculture traditionnelle. « L’élevage souffre face à la montée en puissance des prix des céréales et bientôt la Normandie, pourtant reconnue pour ses herbages et ses belles vaches normandes, ne sera plus qu’un vieux souvenir laissant la place à des plaines céréalières à perte de vue« , affirme Jacques Lamiot céréalier à Bernay et tête de liste pour la Coordination rurale dans l’Eure.

De son côté, la Confédération paysanne appelle à inverser la tendance à la chute du nombre d’agriculteurs. « 8.000 emplois, 29 % d’exploitations en moins c’est ce qu’a perdu la ferme Haute-Normandie en dix ans selon le dernier recensement 2000-10« , a regretté Jean-Paul Commare agriculteur à Nointot et numéro 2 sur la liste de la Confédération paysanne en Seine-Maritime. La CP qui épingle les responsables de la FNSEA accusés d’assumer cette évolution réclame principalement  une autre répartition des aides européennes « liées au nombre d’emplois et non au nombre d’hectares« .

Face à ces deux concurrents, la FNSEA qui fait figure de grande favorite met l’accent sur son opposition au durcissement de la réglementation environnementale. Elle s’en prend à la directive nitrates, aux plans d’action pour la protection de la ressource en eau ou encore à l’obligation systématique de la couverture hivernale des sols. Concernant la première, Arnold Puech d’Alissac, vice-président (FDSEA) de la chambre d’agriculture de Seine-Maritime  réclame de la « souplesse » dans son application. Selon lui le mécontentement porte sur l’augmentation des capacités de stockage des effluents, la réduction de l’usage des engrais azotés et la limitation de la fertilisation sur les sols en pente. A deux reprises, la FDSEA 76 a manifesté ces dernières semaines devant la préfecture de la Seine-Maritime à Rouen pour dire « Non à l’écologie dogmatique » et « oui au bon sens paysan« .

Des missions de représentation et de service 

Les chambres d’agriculture exercent deux missions: la représentation du monde agricole auprès des pouvoirs publics et la mise en oeuvre de services dans le domaine du conseil, de l’expertise, de la formation ou de la recherche. Elles sont financées par des aides publiques, la vente de leurs services et une taxe additionnelle à la taxe sur le foncier non bati. En Seine-Maritime, le budget de la chambre a atteint huit millions d’euros en 2011. Les membres des chambres proviennent de dix collèges représentant l’ensemble du monde agricole (exploitants, salariés, coopératives, Crédit agricole…). Le plus important, celui des chefs d’exploitation qui donne  le ton est élu au scrutin proportionnel avec une prime de 50% des sièges à la liste arrivée en tête.

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