(fil-fax 30/01/13)
La travée du pont Mathilde à Rouen, endommagée par l’incendie d’un camion essence le 29 octobre 2012, sera réparée après sa dépose sur un site adapté du Grand port maritime, puis reposée, a annoncé mardi le président du conseil général de la Seine-Maritime, Didier Marie. « La dépose puis repose de la travée de 110 mètres de longueur après le remplacement de la section endommagée sur 40 mètres apparaît la solution optimale », a expliqué M. Marie. Il en coûtera 8 M€ selon les objectifs actuels. Si le calendrier espéré est respecté les travaux proprement dits pourraient débuter en septembre 2013 et le pont rendu à la circulation routière pendant l’été 2014. Deux autres solutions s’offraient au Département propriétaire depuis 2006 d’un ouvrage construit par l’Etat en 1979 : la construction d’une nouvelle travée qui aurait coûté aux alentours de 15 M€ ou bien une réparation in situ pour un coût proche de 8 M€ mais qui aurait totalement perturbé la navigation fluviale.
La réparation de cet ouvrage reste un cas d’école pour les ingénieurs en raison de sa conception où chaque morceau, les tabliers sur les deux bras de la Seine, le viaduc en son milieu sur l’île Lacroix et les appuis à chaque extrémité, sont liés les uns aux autres. Le retrait du tablier de 1.200 tonnes qui a subi une déformation de 40 cm au point de l’incendie, ne sera possible qu’après avoir lesté le viaduc en culée de quelque 600 tonnes.
La commission permanente du conseil général devrait se prononcer le 11 février pour lancer l’appel d’offres, le choix de l’entreprise devant intervenir en juin.
Parallèlement à ce chantier de réparation, le Département est engagé dans le règlement du sinistre par les assurances. Si la question des responsabilités n’est pas encore juridiquement réglée, le diagnostic sur l’état de l’infrastructure et sur les conditions de la réparation est « partagé » a assuré M. Marie, ce qui permet d’engager les travaux. Avant que toutes les parties et leurs assurances se mettent d’accord – ce qui pourrait prendre plusieurs années – le Département va prendre à sa charge le chantier. « On est en capacité de financer », a bien précisé Didier Marie comme pour tordre le cou aux rumeurs de difficultés à le supporter seul. « En effet, nous sommes en discussion avec nos partenaires habituels, mais c’est sur la globalité des projets d’infrastructures de la région », a-t-il précisé.
Le Département devrait d’ailleurs profiter de la fermeture totale de l’ouvrage pour réaliser des travaux d’entretien initialement prévus à une date ultérieure. Il en coûtera entre 1,5 et 2 M€.
