Derrière ces portes se cachent des endroits parfois secrets. (Photo Léna Auvy)
Il n’en fallait pas plus pour que la petite voie encore sous les murs de la ville au XVe siècle, la rue Maiete ou rue de Mette, dans laquelle était situé l’hôtel rouennais où logeât l’hôte illustre, devienne la rue d’Ecosse.
Une autre explication est possible. Au début du XVIe siècle, on accédait par une longue allée dont l’entrée était rue Beauvoisine, au clos des Arbalétriers de la Cinquantaine, dont le manège était peut-être dirigé par des écossais habitant cette petite rue qui se terminait au niveau de la rue du Rempart Bouvreuil.
Aplanie en 1667
En 1667, il était décidé de la « rendre accessible au charroi » en aplanissant le terrain depuis la rue du Cordier « pour faciliter le roulage du canon dans la nécessité ».
À la période révolutionnaire, la rue deviendra provisoirement rue de Corneille et cette dénomination bénéficiera quelques temps après à la rue Morand. Ce n’est qu’au XIXe siècle qu’elle sera prolongée jusqu’à la rue de la Glacière en utilisant le remblai des anciens fossés et la portion du rempart démoli.
Compassion et hôtels particuliers
L’histoire moderne de la rue est indissociable de celle des religieuses du quartier. Garde-malades, les Dames de la Compassion dont l’ordre fut fondé par Mgr Blanquart de Bailleul, s’étaient d’abord établies rue des Bonnetiers, puis place de la Rougemare. Puis, elles avaient en 1853, transféré leurs locaux rue Ste Croix des Pelletiers dans un hôtel connu alors sous le nom de l’ancien bureau des Aides. Les grands travaux de l’époque, notamment la création de la rue Guillaume le Conquérant, entraînent leur expropriation et les contraignent à déménager à nouveau dix ans plus tard.
Les Dames de la compassion arrivent rue d’Ecosse
Elles achètent l’Hôtel d’Héricy au N°10 de la rue d’Ecosse, connu également comme Hôtel de Montault et Grand Hôtel de Reuville et construit dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle. L’emplacement est vaste et de nouveaux bâtiments sont construits en 1865, puis une chapelle en 1873 par l’abbé Charles Robert. Il y a peu, la portion épargnée de l’ancien rempart a été restaurée au pied de beaux jardins s’élevant au nord. Un peu plus à l’est, à une portée de canon, le Petit Hôtel de Reuville, contemporain de son grand frère, nous accueille par l’un des plus beaux escaliers de la ville, avec des marches moulurées en doucine, tandis qu’en face, on se prend à rêver d’un Rouen bien étrange et mystérieux. Une cache à prêtres dotée d’un accès secret escamotable y était jadis installée.
Découvrez notre galerie photo, par Léna Auvy :
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