La contestation prend de l’ampleur dans les usines Renault de Cléon et Sandouville

(fil-fax 31/01/13)

Après l’usine Renault de Sandouville mardi, ce fut au tour mercredi de celle de Cléon d’être affectée par des débrayages à l’appel du syndicat CGT contre le projet d’accord sur la compétitivité présenté par la direction du groupe. Nationalement le mouvement avait été appelé pour la journée de mardi qui coïncidait à la huitième séance de négociations entre la direction et les syndicats sur le sujet. Mais il a été décalé à mercredi, pour l’usine de Cléon, en raison de la tenue mardi des élections professionnelles sur ce site où travaillent 4.000 salariés. Selon Pascal Le Manach, secrétaire du syndicat CGT, il s’agit du quatrième débrayage depuis début janvier dans cette usine contre le projet d’accord sur la compétitivité de la direction. « Nous avons commencé à discuter de la suite avec la perspective d’une nouvelle journée de mobilisation dans l’automobile avec les PSA et les Goodyear le 5 février », a précisé Pascal Le Manach.

Selon ce syndicaliste, des piquets de grève ont été mis en place vers 3h30 par les équipes de nuit aux six portes de l’usine qui fabrique des moteurs et des boîtes de vitesse. « Mais nous avons laissé entrer ceux qui veulent travailler en particulier les intérimaires qui n’ont pas le choix« , a-t-il précisé. La CGT a recensé environ 500 grévistes en milieu de journée et la direction 430, soit 17,5% de l’effectif théoriquement présent. Venus en car, environ 150 salariés de l’usine PSA d’Aulnay (Seine-Saint-Denis) menacée de fermeture ont rejoint aux portes du site les grévistes de Cléon aux cris de « PSA-Renault même combat« . Les syndicalistes de PSA ont ensuite participé à une prise de parole aux côtés de militants syndicaux de Renault, de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne à la veille d’un ultime rendez-vous pour une éventuelle reprise, et de la papeterie M-Real d’Alizay qui est en passe d’être rachetée par un groupe thaïlandais.

A l’usine de Sandouville où quelques centaines de salariés avaient participé mardi à la grève contre le projet de la direction, appelée en ordre dispersé par la CGT, la CFDT et FO, l’action s’est poursuivie mercredi avec l’annulation d’une réunion du comité d’entreprise à la suite de l’entrée dans la salle d’une centaine de salariés en colère, selon Nicolas Guermonprez, secrétaire du syndicat CGT. Ce syndicaliste a par ailleurs participé mardi soir à Paris à la cérémonie des voeux du secrétaire national d’EELV Pascal Durand où il a plaidé en faveur du projet de la CGT d’implanter une unité de déconstruction d’automobiles à Sandouville que les écologistes soutiennent également. A l’inverse, il avait été l’un des artisans de la manifestation qui a conduit à la suspension jeudi dernier au Havre de la cérémonie des voeux du Conseil général de la Seine-Maritime présidé par Didier Marie (PS). « Vous socialistes, vous nous avez menti. Ne revenez jamais à Sandouville » avait-il alors déclaré. Cette intrusion a par la suite, fait l’objet d’un échange téléphonique tendu entre M. Marie et le secrétaire de l’Union départementale CGT, Régis Gasse.

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