(fil-fax 08/02/13)
la centrale nucléaire EDF de Paluel se prépare à sa troisième révision décennale qui doit lui permettre de gagner une dizaine d’années d’espérance de vie et d’atteindre les 40 ans de fonctionnement. Ces travaux titanesques concerneront successivement les quatre réacteurs couplés au réseau entre 1984 et 1986 que compte le site. Ils doivent s’échelonner de 2015 à 2018, a précisé Jean-Jacques Letalon directeur du site en présentant le bilan de l’année 2012. D’une durée à chaque fois de 220 jours, ces révisions seront les premières à être organisées pour la génération des réacteurs de 1.300 MW du parc électronucléaire français. L’opération qui coûtera environ 800 millions d’euros par réacteur nécessitera la mobilisation de 2.500 à 3.000 personnes supplémentaires sur les sites dans chaque cas. Elle comprendra notamment la rénovation des salles de commande, le remplacement des générateurs de vapeur et l’échange des moteurs des pompes primaires. Mais elle inclura aussi la nouvelle donne du nucléaire après l’accident de Fukushima en prévoyant la construction d’un nouveau centre de crise, l’installation de diesels de secours et le renforcement de la protection contre les inondations.
Les enseignements de l’accident japonais se traduiront toutefois dès 2013 avec l’installation de la première équipe de la Force d’action rapide du nucléaire (FARN) de Paluel. Quatre autres équipes viendront la rejoindre d’ici 2015 pour former un ensemble de 70 personnes dont certaines seront employées à mi-temps. « Cela signifiera finalement l’embauche d’une quarantaine de personnes« , a précisé Jean-Jacques Letalon. En France, trois autres sites accueilleront une antenne de la FARN dotée des mêmes moyens que Paluel : Bugey (Ain), Civaux (Vienne) et Dampierre (Loiret). « Ces équipes réparties sur le territoire doivent être capables d’intervenir sous 24 heures sur un site où se serait produit un accident pour aider par exemple à retrouver de l’électricité ou le cas échéant pour remplacer les personnes qui pilotent les réacteurs« , a expliqué Jean-Jacques Letalon.
L’année 2012 a été marqué à Paluel par douze incidents classés 1 sur l’échelle croissante Ines des événements nucléaires qui compte sept niveaux, contre cinq en 2011 et huit en 2010. Ces incidents se sont produits, pour la plupart, lors des arrêts de tranche pour maintenance programmée. « Ils sont survenus au moment des opérations de redémarrage alors que les réacteurs étaient encore à l’arrêt« , a précisé Jean-Jacques Letalon. En raison de ces arrêts particulièrement nombreux et longs au cours de l’année, le coefficient de disponibilité des installations n’a été que de 79 % en 2012. La centrale qui emploie 1.350 agents EDF et 400 salariés d’entreprises de sous-traitance a tout de même produit plus de 34 milliard de kWh en 2012, soit environ 8,4 % de la production française.