Après une longue nuit de tractations, les dirigeants des 27 Etats-membres de l’Union européenne ont abouti, vendredi 8 février, à un accord sur le budget européen pour la période 2014-2020.
Je tiens à saluer la détermination dont le Président de la République, François Hollande, a fait preuve au cours de ces échanges, rappelant la nécessité de doter l’Union d’un budget lui assurant les moyens de ses politiques, en particulier pour soutenir le pacte de croissance adopté en juin dernier.
Cependant, et sans surprise, on ne peut que constater que le résultat de ces négociations est bien en deçà de ce qui sera nécessaire à l’Union européenne pour mettre en œuvre les politiques qui lui ont été confiées par ces mêmes Etats qui lui refusent aujourd’hui les moyens d’agir. La diminution globale du budget communautaire, les coupes opérées sur certains programmes-phares montrent clairement que le système actuel a atteint ses limites : à défaut de véritable projet d’avenir commun, l’Union européenne a éclaté en autant de pays qui ont privilégié leurs intérêts nationaux, certains en s’arcboutant sur leur rabais, d’autres en protégeant les politiques dont ils bénéficient le plus sur leur territoire, d’autres encore en réfléchissant d’abord aux montants à débourser plutôt qu’aux programmes à soutenir.
La question des ressources propres, qui permettrait de libérer l’Union européenne du carcan financier des Etats-membres (et, inversement, d’alléger les contributions de ces derniers au budget communautaire), a de plus été éludée, reportant à des réflexions ultérieures un débat qui, pourtant, fait l’objet de propositions concrètes, portées depuis longtemps par le Parti Socialiste et ses partenaires européens.
La Droite française a beau jeu de se montrer scandalisée par les résultats de ces négociations ; elle sait pourtant que ce sont ses partenaires européens qui sont actuellement aux commandes de l’Union européenne, et qui ont, vendredi, entériné son affaiblissement.
Face à ce constat, il nous faut travailler à un renouvellement de la pensée communautaire, et, aux côtés du Gouvernement et des partenaires socialistes européens, aider l’Union européenne à retrouver cohérence et pertinence face aux enjeux économiques et sociétaux auxquels les citoyens doivent faire face.