Au Havre : 2013, l’année test pour le quartier Danton

L'été dernier, Danton s'était déjà donné un air piétonnier mais le temps d'une seule journée (photo d'archives).

L'été dernier, Danton s'était déjà donné un air piétonnier mais le temps d'une seule journée (photo d'archives).


Jeudi 14 février, salle René Cassin, une bonne centaine de personnes a répondu à l’invitation du cabinet d’urbanisme, Ville Ouverte qui lançait la deuxième phase de concertation de la réhabilitation du quartier Danton.
En octobre dernier, la première étape s’était achevée sur un discours du maire, Édouard Philippe qui garantissait avoir bien pris en compte les désirs de changement des habitants du quartier. Gwenaëlle d’Aboville, du cabinet Ville Ouverte, aux côtés des adjoints au maire, Agathe Cahierre et Luc Lemonnier donnait les étapes-clés de cette seconde phase de concertation qui va d’abord se traduire jusqu’en juin 2013 par une préfiguration des changements choisis par les habitants.

2013,  des tests grandeur nature !

Préfigurer les changements ! Le cabinet Ville Ouverte propose aux habitants, mais aussi aux associations, entreprises ou tout autre acteur du quartier, de tester en grandeur nature au coeur du quartier, certains des changements qu’ils veulent voir opérer au sein de Danton. Pour l’exemple : voir la rue Casimir Delavigne transformée en zone piétonne. Là est une expression forte de nombre d’habitants.

« Nous testerons cette possibilité par de petits aménagements peu coûteux », indique Agathe Cahierre, l’adjointe soucieuse aussi de voir quel impact ce nouvel aménagement, pourra avoir sur les autres axes de circulation du quartier.

Pour les besoins de cette préfiguration, quatre ateliers de travail en présence des différents services de la Ville, sont proposés – dès jeudi 14 février, les riverains y prenaient part – afin de réfléchir jusqu’en juin 2013 à l’aménagement de l’espace public dans le quartier Danton. Parmi les pistes retenues en adéquation avec les demandes des habitants, il convient de s’interroger sur la piétonnisation de l’espace, l’aménagement du site de l’ancienne prison, la végétalisation du quartier et la valorisation des venelles.

« Ces groupes de préfiguration peuvent être le réceptacle de toutes les initiatives. L’implication de tous est importante. Plus de situations seront envisagées, plus d’usages seront représentés, et plus les futurs aménagements seront pertinents », prévient Gwenaëlle d’Aboville.

Les réactions dans la salle se faisaient alors nombreuses, parents d’élèves ou représentants associatifs demandant d’emblée la prise en compte de nouvelles requêtes qui pourraient profiter à un meilleur partage de l’espace public. Une déléguée de l’association S.a.bi.ne réitérait ainsi son souhait de voir se concrétiser un partage de la voirie entre voitures et vélos ainsi que la mise en place de pistes cyclables sans interruption. Un parent d’élève prônait le ralentissement des vitesses de circulation rue Casimir Delavigne et rue Lesueur pour une plus grande sécurité des élèves et leurs familles aux abords des établissements scolaires.

Au chapitre de la piétonnisation du quartier, Ville Ouverte présentait à l’assistance une nouvelle configuration du quartier, percée d’un mail piétonnier, appelé mail Haudry/Raspail qui permettra un cheminement direct et aisé de la rue Raspail à  la gare. « Le long de cet axe, la ville acquiert déjà des immeubles dans l’intention d’y voir se reconstruire des logements neufs », indiquait Agathe Cahierre.

Peut-être moins de logements neufs que prévus !

De logement, il en fut beaucoup question au cours de cette réunion, les participants curieux de savoir quel sera leur emplacement à l’intérieur du quartier.

« Nous attendons d’avoir une idée du coût global des espaces publics à aménager et des équipements publics à construire ainsi que la désignation du maître d’oeuvre pour décider de cette question », précisait Gwenaëlle d’Aboville.

« L’objectif initial était de construire 400 logements neufs dont 25 à 30% de logements sociaux sur Danton. Mais nous nous sommes aperçus que cela faisait quelque chose de très dense. Nous devons étudier les demandes de logements pour déterminer leur nombre futur », indiquait pour sa part, l’adjointe au maire en charge des grands projets.

Une élue qui rassurait aussi les usagers de la résidence pour personnes âgées Anatole France : « Rassurez-vous, tant qu’un nouvel équipement ne vous aura pas été construit, nous ne toucherons pas à votre résidence.»

Un espace info pour tout suivre de la concertation

C’est à partir du mois de juin prochain que les habitants devront se réunir, là encore au sein d’ateliers, pour réfléchir aux futurs équipements publics du quartier et décider certainement de leur emplacement. Il sera alors beaucoup question du nouveau pôle sportif, d’un espace consacré à la petite enfance et d’un équipement de quartier qui viendrait se substituer à l’actuelle Salle d’Activités Municipale (SAM).

En septembre sera désigné le maître d’oeuvre qui dessinera le projet global retenu, « un projet qui sur le plan financier devra trouver son équilibre entre la vente de terrains pour la construction des logements futurs et les équipements publics choisis », rappelait Ville Ouverte. Le lancement des travaux dans le quartier est programmé seulement à partir de 2016 ; ils concerneront en premier lieu les nouveaux équipements publics.

Afin de donner une lecture parfaite de l’avancée de cette concertation au plus grand nombre, un espace info et de concertation fixe, appelée “La fabrique du quartier”  s’implantera en mars prochain sur le site de l’ancienne prison.

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