La rue Verte reste pour l'instant fermée à toute circulation automobile et piétonne
Rien n’a bougé depuis vendredi 15 février 2013, rue Verte, dans le quartier de la gare, à Rouen. Rien, sauf l’installation d’étais le long de la façade de l’hôtel de Dieppe, sur laquelle d’inquiétantes fissures sont apparues ces derniers temps. Au point d’avoir nécessité la fermeture d’une douzaine de chambres et de condamner la rue Verte à toute circulation. « Les expertises sont toujours en cours, indique le directeur de l’hôtel, Julien Marchal-Guéret, l’essentiel est de préserver le bâtiment pour poursuivre notre activité. »
Mieux sécuriser la façade
Bouygues Immobilier a saisi, mardi 19 février, le Tribunal de grande instance en référé d’heure à heure pour la nomination d’un expert de toute urgence. « En attendant, on procède à des travaux de sécurisation de la façade de l’hôtel », indique Frédéric Boisset, le directeur régional de Bouygues Immobilier. Le promoteur réalise actuellement 175 logements de l’autre côté de la rue Verte, à l’emplacement de l’ancienne Institution Rey.
« La mairie de Rouen nous a demandé d’agir vendredi dernier pour sécuriser les lieux et nous procédons nous-mêmes à la mise en sécurité de l’hôtel. Nous allons d’ailleurs moiser la façade par mesure de précaution. Mais cela ne veut pas dire pour autant que nous endossons dès maintenant la responsabilité de ce qui arrive. »
La faute à une infiltration d’eau ?
Ce mouvement de façade pourrait résulter de l’erreur de forage en août 2012 sur le chantier de l’opération immobilière 21 rue Verte : l’aqueduc de la vieille source Gaalor a été percée à une dizaine de mètres sous terre, faisant irruption dans la rue Pouchet. Il a alors été rebouché par bétonnage.
Voici le reportage de nos confrères de France 3 Haute-Normandie, publié le 21 août dernier :
Un aqueduc médiéval percé par erreur à Rouen par France3Haute-Normandie
Pour Bouygues Immobilier, qui s’en remettra in fine aux conclusions des expertises, ce problème d’eau serait peu probable.
« L’eau n’a dû s’écouler que durant quelques heures voire quelques jours », précise Frédéric Boisset. « Des pompes provisoires ont été installées et l’eau est rejetée dans le réseau d’assainissement. »
La CREA (Communauté d’agglomération de Rouen Elbeuf Ausreberthe) a fait passer des caméras dans son réseau mardi. Mais toutes les causes restent possibles : vibrations dues au chantier ou à d’autres facteurs (métro, bus, circulation…), vieillissement du bâtiment…
« On suit le dossier chaque jour »
Sur les conseils des sapeurs-pompiers vendredi 15 février, le maire de Rouen a pris un arrêté de fermeture partielle de douze chambres donnant sur la façade endommagée. « Une nouvelle commission de sécurité devra se réunir une fois le diagnostic initial réalisé », annonce Alexandre Canet, directeur de cabinet à la mairie de Rouen.
« Toutes les mesures administratives seront prises, on suit le dossier chaque jour. En fonction du résultat, il appartiendra à l’hôtelier de voir s’il pourra rouvrir ou non les chambres aux murs étayés. »
Le maire de la Ville, Yvon Robert, s’est rendu sur place mardi 19 février pour rencontrer les commerçants et étudier une réouverture éventuelle de la rue Verte aux piétons.