Bruit. Polémique autour de la Raffinerie Total, au Havre

L'incident sonore du mercredi 20 février n'entre pas dans les opérations de relance du site de la Raffinerie qui arrivent à leur terme.

L'incident sonore du mercredi 20 février n'entre pas dans les opérations de relance du site de la Raffinerie qui arrivent à leur terme. (Flick'r//cc/klohFR)


Mercredi 20 février, les habitants de Gonfreville-L’Orcher ont été réveillés de la manière la plus désagréable qui soit. À 6h15 a retenti dans toute la cité, et plus particulièrement sur le coteau – qui rassemble un millier d’habitants, face à la raffinerie Total – « un bruit phénoménal et assourdissant » qui n’aurait cessé que deux heures plus tard.

« Dans la maison, fenêtres et volets fermés, nous avions le sentiment d’être au coeur de la raffinerie. C’était incroyable ! Un aéroport, je peux le certifier, fait moins de bruit que ce que nous entendions », relate le maire de la commune, Jean-Paul Lecoq.

À l’origine de ce réveil brutal, « le déclenchement d’un turbo-alternateur sur le site de la Raffinerie de Normandie qui a conduit à la levée d’une soupape de vapeur d’eau », explique Total, sur son site internet.

Sauf qu’à 6h15, heure à laquelle l’incident s’est produit, le maire n’avait « aucune information » pour pouvoir rassurer la population riveraine.

« Une population, qui, au bout d’une demi-heure de ce bruit infernal, commençait à céder à la panique, s’interrogeant sur le bien-fondé à rester sur place. Tous avaient peur d’un accident irréversible », témoigne le maire.

Une pétition pour les nuisances sonores circule déjà

À la panique, les Gonfrevillais ont aussi cédé à la colère. « Nous commencions à peine à retrouver le calme », explique le premier magistrat de la commune. La raffinerie Total, qui a procédé au redémarrage entier de son site, « une première depuis la guerre ! », selon Jean-Paul Lecoq, a considérablement gêné le quotidien des riverains, entre décembre et la mi-février, par des opérations régulières et bruyantes, de jour comme de nuit.

« Cela a duré des semaines. C’était insupportable, même si ces opérations étaient moins bruyantes que celle que nous avons subie mercredi matin », souligne le maire.

En tout cas, ce feuilleton long et harassant a conduit les habitants à faire tourner une pétition. L’épisode de mercredi matin est donc venu comme celui en trop.

Pas assez de communication

Dans l’incapacité de joindre la raffinerie, « occupée la première demi-heure à trouver le lieu de l’incident et à agir dessus », selon Jean-Paul Le Coq, le maire a contacté le sous-préfet, « afin de lui donner à entendre ce que nous vivions. Il n’a pas eu de mal à l’imaginer. Nous avons eu beaucoup de mal à communiquer au regard du bruit environnant », raille ce dernier.

Le représentant de l’État a alors alerté la Dreal (la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement). À 7h45, le maire était « enfin » en capacité de donner des détails précis à ses administrés pour les rassurer, par l’entremise du système d’alerte téléphonique en vigueur dans la commune. Pas de danger à l’horizon, juste une grande perturbation !

« La soupape est un dispositif de sécurité qui permet d’évacuer la pression de la vapeur d’eau. L’événement ne présente aucun risque, ni pour les riverains, ni pour l’environnement, mais génère une nuisance sonore », confirme la Raffinerie de Normandie qui a présenté ses excuses aux riverains.

« Mais cet incident, c’est la goutte d’eau ! Nous sommes habitués aux dégagements de vapeur d’eau, mais jamais sur un temps aussi long. »

Des relevés sonores sur la commune

Ces écarts sonores auraient été enregistrés. La Ville de Gonfreville-L’orcher s’est en effet équipée de micros installés partout dans la commune afin de relever les bruits provoqués par la raffinerie. « Ce dispositif a d’ailleurs été financé intégralement par la raffinerie », insiste Jean-Paul Lecoq. Une collaboration est en effet en vigueur entre les collectivités riveraines de la raffinerie et cette dernière à l’intérieur d’un comité local d’information et de concertation afin de gérer au mieux la prévention des risques.

« On attend avec impatience les courbes de nos enregistrements sonores afin d’y faire la preuve que notre ressenti n’était pas suggestif. »

Jean-Paul Lecoq espère faire entendre à ce comité, et donc à Total, «  la nécessité de se soucier des nuisances sonores avec la même acuité qu’à la raffinerie de se soucier de sa production comme de la protection de l’environnement. »

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