Nissan fabriquera ses utilitaires près du Havre

Le site de Renault Sandouville se recentre désormais sur la fabrication de véhicules utilitaires. Aux côtés du Trafic, bientôt le Primastar (photo d'archives).

Le site de Renault Sandouville se recentre désormais sur la fabrication de véhicules utilitaires. Aux côtés du Trafic, bientôt le Primastar (photo d'archives).


Les partenaires sociaux et la direction de Renault ont achevé leurs négociations autour de l’accord de compétitivité, mardi 19 février, pour une présentation du projet d’accord à l’ensemble des organisations syndicales qui ont désormais quelques semaines devant elles pour se prononcer.
Remis mercredi 20 février aux syndicats, il doit en effet être présenté pour consultation au comité central d’entreprise et dans les comités d’entreprise des filiales concernées.
Pour être validé, l’accord doit être signé par au moins deux syndicats représentant 30% des salariés. En présence chez Renault : la CFE-CGC, la CGT, la CFDT et FO. D’emblée, la CGT s’est dite résolument opposée à cet accord, qu’elle qualifie de « nouvelle régression sociale ».

Prudence des syndicats

La direction a réitéré ses engagements en cas de réussite de l’accord : aucune fermeture d’usine en France, 8 260 suppressions de postes d’ici 2016 sans recourir à un plan social ni à un plan de départs volontaires, attribution à des usines françaises de 80 000 véhicules supplémentaires venant de partenaires, et maintien des activités coeur de métier en France.
Sous la pression des syndicats, la direction de Renault est revenue sur certains points de sa politique salariale. Elle a accepté notamment que le déplacement de salariés d’un site à un autre se fasse uniquement sur la base du volontariat. Elle a aussi renvoyé aux négociations annuelles la question des augmentations salariales pour 2014 et 2015. 2013, en revanche, confirme le gel des salaires de l’ensemble des personnels de Renault.

Ces « assouplissements » de la direction ont rassuré en partie des syndicats comme FO ou la CFE-CGC, qui restent tout de même dans l’attente du texte complet de l’accord pour se décider.

«  Il faut attendre d’avoir en main ce texte pour proposer des amendements sur la forme et recevoir les précisions nécessaires sur le fond afin de garantir la bonne traduction des engagements actés à l’oral” , détaille par exemple le syndicat CFE-CGC, dans un communiqué.

« On nous berne »

À Renault Sandouville, près du Havre, justement, où les premiers prototypes du Trafic sont sortis des lignes de production, Nicolas Guermonprez, représentant syndical CGT, confirme la position de sa centrale.

« En l’état, ce texte contient beaucoup de zones d’ombre. Les salariés ont besoin d’être rassuré. Nous nous accordons le temps de bien l’étudier sur le plan juridique pour lever les ambiguïtés. »

À l’image de Cléon, la CGT – et uniquement la CGT cette fois-ci – a organisé un débrayage d’une heure à Sandouville, le jour de la fin des négociations, sous forme d’une assemblée générale où les salariés ont pu aisément exprimé leurs craintes. « Nous sommes vraiment dans l’attente », confie le leader syndical.

Fabrication de 18 000 Primastar de Nissan

Mais, chez lui, le doute fait vite place à la colère. L’annonce de l’arrivée de Nissan sur le site de Sandouville, qui bien que saluée comme une bonne nouvelle par Nicolas Guermonprez, est immédiatement vivement critiquée.

« Critiquée dans le sens où la direction de Renault, dans le discours, a toujours suspendu cette arrivée à la signature de l’accord de compétitivité. Je sais, de source sûre, aujourd’hui, que Nissan viendra à Sandouville et que cette décision a été prise avant même les négociations sur l’accord. Il m’a même été dit qu’avec ou sans accord, Nissan, de toute façon, aurait fait ce déplacement. Mais on a préféré nous maintenir dans la crainte, nous laisser marner. Les salariés ont été victimes d’une grande machination de Renault qui a développé une vraie stratégie de communication, tout au long de ces derniers mois, à nos dépens. »

Selon le leader syndical CGT, ce renfort de Nissan se traduirait par la fabrication supplémentaire de 18 000 Primastar, le véhicule utilitaire de la marque.

« Voir le volume de fabrication augmenter, nous ne pouvons qu’en être satisfaits. Mais, alors que Renault annonçait un objectif de fabrication de 100 000 Trafic à l’année, il y a encore peu, il redescend aujourd’hui son chiffre à 80 000. Avec le Primastar, nous revenons seulement à l’objectif initial de 100 000 véhicules fabriqués par an. Il n’y a donc aucune raison de s’enflammer ; les volumes ne sont pas encore satisfaisants.»

Arnaud Montebourg en visite à Sandouville ?

Il pourrait être question d’une visite d’Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, sur le site de Sandouville. « On m’a demandé ce que j’en pensais. J’ai dit qu’en l’état actuel des choses, je l’invite à rester à Bercy ! »
Le syndicat veut s’accorder le temps de décortiquer le projet d’accord. De nouvelles actions pourraient-elles survenir ce laps de temps sur le site de Renault Sandouville. « Il n’y a rien d’officiel », lance, laconique, le leader syndical…

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