Rouen. Fourgon attaqué, ce que l’on sait sur l’enquête

Le fourgon blindé a été violemment attaqué lundi 18 février, près de Rouen : les braqueurs sont repartis bredouilles. (Photo : Briac Trébert)

Le fourgon blindé a été violemment attaqué lundi 18 février, près de Rouen : les braqueurs sont repartis bredouilles. (Photo : Briac Trébert)


L’enquête menée depuis le braquage d’un fourgon blindé Loomis, lundi 18 février 2013, à Bois-Guillaume, dans la banlieue de Rouen, est-elle au point-mort ? C’est ce que laisse entendre l’appel à témoins lancé, jeudi 21 février, dans la soirée, par le Service régional de police judiciaire (SRPJ).
Après avoir déjà entendu une cinquantaine de personnes, dont les trois convoyeurs de fonds attaqués, les enquêteurs veulent recueillir un maximum de témoignages pour orienter leurs investigations.

Un appel à témoins

Les automobilistes, notamment, sont ainsi invités à se rapprocher des policiers – au 02 32 81 27 04 – s’ils ont remarqué la présence suspecte de véhicules dans les secteurs suivants : à Bois-Guillaume ; zone d’activité de la Bretèque et chemin de la Bretèque, chemin de Clères et allée Claire Vallon où a eu lieu l’attaque par une dizaine de malfaiteurs ; et dans les communes limitrophes : Isneauville et Préaux (où deux Citroën C4 Aircross ont été retrouvés incendiés). Les braqueurs auraient utilisé pas moins de sept voitures au cours de l’assaut. Comme le révélait hier Les Informations dieppoises, deux d’entre elles auraient été volées l’été 2012 à Dieppe.

« On vient essayer de tuer pour du papier ! »

Les deux convoyeurs de fonds, blessés au cours du braquage – l’un touché par balle au bras a été opéré avec succès -, sont sortis de l’hôpital, a confirmé à 76actu Thierry Guenet, délégué syndical UNSA chez Loomis.

« Tout le monde a retrouvé sa famille. Il sont au calme. Ils sont en arrêt de travail. On les laisse tranquille », a t-il précisé. À leur demande, les convoyeurs se sont cependant réunis, vendredi 22 février, à Rouen. En compagnie de leurs collègues. Preuve que l’affaire « a resserré les liens », pense le syndicaliste. Une cellule psychologique a été mise en place et une victimologue est à la disposition des salariés de Loomis depuis lundi soir.

Si, aujourd’hui, l’apaisement semble être de mise chez la société de transport de fonds, Thierry Guenet ne décolère pas. « On ne comprend pas la violence utilisée, peste-il. On vient essayer de tuer pour du papier (Ndlr, sept millions d’euros étaient transportés jusqu’à la Banque de France de Rouen). La vie n’a pas de prix. »

« On n’écarte pas la suspicion d’un collègue »

Le délégué syndical salue par ailleurs l’acte de bravoure des trois convoyeurs – « chevronnés », précise-t-il : « Ils ont vécu une véritable scène de guerre. Armes de poing contre armes d’assaut. Notre seule priorité pour l’instant, c’est les trois copains ».

Direction et partenaires sociaux ont prévu de se réunir dans les prochains jours. « À chaque braquage que subit l’entreprise, il y a une table ronde, indique Thierry Guenet. Il y aura une remise en question des procédures. Il va falloir étudier nos dispositifs de sécurité, nos formations et nos mises en situation. »
Parce que la nature des faits – préparation, terrain, vacances scolaires, etc. – suscite de nombreuses interrogations. « On n’écarte pas une suspicion d’un collègue, reconnaît-il. On doit passer par cette étape mais nous allons faire corps… »

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