Vides depuis dix-huit mois, les 15000 m2 de bureaux de la rue Ernest-Renan se repeuplent progressivement. Une société de plateformes téléphoniques, Acticall, trois services de Pôle emploi et un centre de formation, Éducatel, s'y installent. Lorsque la société d'assurance qui occupait les 15000 m2 de bureaux situés rue Ernest-Renan, à deux pas de la chaufferie bois, a décidé de rassembler ses équipes dans un nouveau siège, s'est évidemment posée la question de l'avenir du lieu. Dix-huit mois plus tard, trois entreprises et services ont – ou sont – sur le point de s'y installer. "Nous avons également d'autres contacts qui ont de bonnes chances d'aboutir", précise Laurent Morisse, directeur Normandie de BNP-Paribas real estate, chargé de commercialiser tout cet espace. Ce dernier énumère les atouts de l'ensemble: la situation en entrée d'agglomération, l'accessibilité en transport en commun, la présence d'un parking souterrain, le fait que le propriétaire consente à mener quelques travaux d'aménagement et même le prix qui serait relativement bas par rapport au marché.
D'ici la fin du premier semestre, un tiers de la superficie sera de nouveau occupé. Les premiers à avoir jeté leur dévolu sur ces locaux, composés de plusieurs bâtiments en forme d'alvéoles de ruches, sont les responsables de la société Acticall spécialisée dans la relation client sous forme de téléconseil. Actuellement 260 personnes travaillent sur le site. À terme, il devrait y en avoir 350. Ces salariés, la plupart en CDI, reçoivent les appels de clients de grandes sociétés opérant dans le domaine de la téléphonie, de l'énergie… Si l'activité a connu un léger flottement avec la crise des "Telco" (télécommunication) lors de l'arrivée fracassante d'un nouveau concurrent, Pierre-Yves Courtel, directeur du pôle Haute-Normandie du groupe Acticall, semble confiant quant à la capacité de sa société à poursuivre son développement.
Le directeur met en avant le mode de recrutement qu'Acticall privilégie. Il n'est pas basé sur le diplôme, mais sur la "méthode des habilités". "Ce sont des métiers qui attirent des gens jeunes, parfois sans le bac, et cela leur donne la possibilité d'accéder à un emploi en leur proposant des formations en interne." La société s'engage actuellement dans l'élaboration d'un plan de déplacement interentreprises avec la Crea. L'objectif étant d'inciter les salariés à privilégier l'usage des transports en commun.
À la plateforme régionale de production et de services de Pôle emploi qui prend place actuellement rue Ernest-Renan, la question des déplacements n'a pas encore été travaillée, "mais cela pourrait nous intéresser également", estime Jérôme Lesueur, responsable de la direction des services à distance, un des trois services à être désormais basé à Saint-Étienne-du-Rouvray. Précision importante, cette plateforme n'est pas destinée à accueillir du public. Un plateau téléphonique traitera environ la moitié des appels émanant des demandeurs d'emploi depuis le 3949. De même, tous les appels en provenance du 3995, numéro dédié aux entreprises, seront dirigés vers ces opérateurs.
Parmi les 115 agents en poste dans les prochaines semaines, certains auront pour mission de traiter une part des dossiers des demandeurs d'emploi, ce qui permet de soulager un peu la charge de travail dans les agences de proximité. Enfin, c'est également ici que seront conçues et instruites les offres de formations que Pôle emploi est amenée à proposer à son public.
Enfin, Éducatel, spécialisée dans la formation à distance a décidé de rassembler ses activités sur 1000 m2 au cours du premier semestre.
Si ces trois nouveaux locataires sont loin d'occuper la totalité de l'espace, ils emploient déjà quasiment autant de personnes que lorsque la Matmut était dans les murs. Mais pas en même temps. L'amplitude horaire, des call centers notamment, fait que des salariés sont amenés à travailler en dehors des horaires classiques de bureau.