L'entreprise Europac est sous tension. L'annonce, le 14 mars, devant le comité d'entreprise, du transfert du service logistique et administration des ventes au Portugal, a semé le trouble. Les quatre employés concernés se voient proposer un poste… au Portugal pour 931€. "On l'a appris comme ça, explique l'une d'eux. Ça fait mal, on travaille ici depuis plusieurs années, on a tous notre famille ici."
Le personnel a mené plusieurs débrayages pour marquer son opposition. Au comité d'entreprise, les représentants du personnel veulent en savoir plus sur la situation, ils soupçonnent la délocalisation à venir d'autres services administratifs. "L’usine serait alors totalement dépendante du Portugal, juge André-Pierre Terrier, responsable CGT et secrétaire du CE. On veut savoir où la direction d'Europac veut aller, pas question qu'elle négocie secteur par secteur pour éviter un plan social."
La période est plutôt morose pour la papeterie. L'entreprise espagnole Europac, qui a repris la papeterie en 2008, a réalisé plusieurs investissements depuis. La production a augmenté, mais avec un prix du papier plutôt bas et celui des matières premières et de l'énergie en hausse, les résultats ne sont pas satisfaisants. "Évidemment, ils trouvent que les salariés sont payés trop cher, s'indigne le syndicaliste. Mais l'entreprise a versé 92 millions d'euros aux actionnaires en 2012 ! Et on s'interroge sur les frais que fait payer le holding à l'entreprise: 3 millions d'euros pour les frais de siège à Madrid, 2 millions pour avoir le droit d'utiliser le logo." La CGT est aussi vigilante sur les investissements à venir: le remplacement prévu des deux bobineuses par une seule va réorganiser les équipes de travail. "On pourrait y perdre 18 postes", calcule André-Pierre Terrier. Au total, sur les 183 emplois existants, une quarantaine de postes serait menacée.
Pour l'instant, la direction ne veut faire aucun commentaire. Un prochain CE est prévu en mai.