Faire respirer Rouen.

bus-rouen-540175.jpgLa Créa et la ville viennent de l’annoncer : une toute nouvelle ligne de transport en commun, sur le modèle de Teor, va naître d’ici 2018. Un arc nord-sud qui devrait relier la rive droite à la rive gauche via le pont Guillaume-le-Conquérant, avec un départ qui se ferait du boulingrin ou de la place Beauvoisine, pour une arrivée prévue au Zénith ou au Technopôle du Madrillet.

 

Si nous ne pouvons que nous réjouir d’un développement de l’offre en transport en commun au sein de l’agglomération, un constat pourtant s’impose : carrefour de plusieurs axes routiers et autoroutiers, le centre de l’agglomération rouennaise est le point de passage obligé de différents flux de trafic. Notre agglomération est en effet la seule sur l’axe Calais-Bayonne à ne disposer d’aucun contournement.

La structure du réseau, essentiellement radiale, aggrave la situation (3 autoroutes, 7 routes nationales, 20 routes départementales convergent vers Rouen). Ce constat conduit à être ambitieux sur le long terme (10 à 15 ans) mais réaliste sur le moyen terme (3 à 5 ans). La nécessaire priorité aux transports en commun (pour des raisons de pollution, d’économie d’énergie) doit tenir compte de la complémentarité des modes de déplacement.

 

Le boulevard de la Marne, le boulevard des Belges, l’avenue Jean-Rondeaux et l’avenue de la Libération sont encore à ce jour des axes majeurs de la circulation, renforcés par l’interdiction du double sens au niveau de la rue de la République, et on le voit bien avec l’accident du pont Mathilde, fragiles dès que l’on entend modifier quelque chose au plan de circulation dans la ville centre, car qui dit site propre, dit couloirs entièrement réservés aux bus, et donc, moins de place pour les autres modes de déplacement. A ce jour, le plan de circulation mis en oeuvre par l’équipe municipale actuelle n’est pas cohérent. Il multiplie les ruptures d’axes et complique les échanges entre la rive gauche et la rive droite. A ces choix peu rationnels, s’ajoutent, depuis plusieurs mois, les effets ravageurs de la fermeture du pont Mathilde : la partie Est de la ville est congestionnée à l’heure de pointe, les autres voies sont parfois embouteillées de manière imprévisible, le moindre incident paralyse la circulation. Dans le même temps, le rejet de particules dans l’atmosphère augmente, ce qui aggrave la pollution de l’air. Enfin, le commerce, déjà frappé par un climat économique peu favorable, subit une perte significative de chiffre d’affaires.

 

Alors oui, si nous sommes favorables à ce que l’offre de transport évolue et se développe, cela ne doit pas se faire à la hussarde et sans concertation. Pour notre part, la respiration du centre ville passe par plusieurs étapes.

 

Sur le long terme :

  1. réaliser le contournement Est de l’agglomération : c’est techniquement et financièrement possible par une concession et l’instauration d’un péage pour le trafic de transit et d’un tarif réduit pour les habitants de l’aire urbain
  2. achever le réseau de transport en commun : nos priorités vont à la desserte du CHU et à la création de transversales qui évitent de pénétrer dans Rouen
  3. construire des parkings de dissuasion à la proche périphérie
  4. créer un pont piéton et couvert pour relier les deux rives de la Seine

 

La conjonction de ces aménagements permettra alors de transformer sensiblement le centre rive droite : à l’intérieur des boulevards, l’espace sera dépourvu de toute voiture et rendu à sa vocation naturelle de tourisme, de détente et de shopping.

A moyen terme : la fluidité de la ville

Avant qu’un contournement complet ne soit réalisé, nous ne sommes pas sans possibilités d’agir. Il  est impératif, selon nous, d’améliorer l’accès à la ville et de faire des choix politiques plus adaptés, en matière de stationnement et de transport.

Nos suggérons, dans cette perspective :

  1. une navette électrique, circulant sur les boulevards pour amener les usagers dans le centre. Plusieurs constructeurs proposent déjà des véhicules propres, silencieux, d’une capacité de 15 à 20 places, inspirons-nous des réussites confirmées !
  2. la création de 2 ou 3 parkings de dissuasion (l’un devrait rapidement être construit, rive gauche, sur le quai bas, à l’est du pont Corneille pour compenser la perte prévisible de stationnement, avec l’aménagement envisagé parla ville)
  3. la refonte du plan de circulation pour le rendre à la fois plus lisible et plus rationnel
  4. un stationnement attractif et de courte durée, dans l’hyper-centre pour permettre des achats rapides. L’exemple de la ville de Liège est à méditer (cette ville de 200 000 habitants, dans une agglo de 700 000 habitants, pratique un tarif de 0,10 € pour un stationnement inférieur à ½ heure)
  5. une refonte des pistes cyclables, aujourd’hui tronçonnées de manière chaotique et souvent dangereuses
  6. une amélioration des tarifs de TC et une plus grande amplitude horaire : les tarifs de l’agglomération (tickets, carnets) sont en effet parmi les plus élevés de France ! Par ailleurs, les lignes de bus (et même le métro) s’interrompent trop tôt le soir.

 

Tel sera le sens de nos discussions avec les responsables de la Crea si les Rouennais devaient nous faire confiance aux prochaines échéances.

 

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