(fil-fax 04/04/13)
Sous pression compte tenu de l’ampleur et de la sensibilité du dossier, les juges du tribunal de commerce de Rouen ne veulent pas être accusés de précipiter les choses alors qu’ils doivent décider du sort de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne. Ils ont décidé d’attendre l’ultime jour de l’autorisation de poursuite de l’activité fixée au 16 avril pour se réunir en audience plénière avec toutes les parties. D’ici là, ils auront eu le temps d’examiner les deux offres qui ont été retenues par les administrateurs judiciaires: celle du Panaméen NetOil, en lice depuis juillet 2012 et celle du Libyen Murzuq Oil, apparu ces dernières semaines. Personne ne sait s’ils rendront leur décision le jour même où s’ils prendront quelques jours de réflexion.
Mais ce calendrier comme le choix des administrateurs d’écarter les offres présentées par le Luxembourgeois GTSA et le Hongkongais Ocean Deasky System Limited sont contestés par l’Intersyndicale CGT-CFDT-CFE/CGC. « Il nous faut une décision dès le 16 et il faut que le tribunal puisse examiner également les offres écartées de manière scandaleuse par les administrateurs« , a déclaré Yvon Scornet, porte-parole de l’intersyndicale. De son côté, Laurent Patinier, délégué CFDT, a indiqué accueillir avec « prudence » le nouveau répit accordé à la raffinerie. « Il faut que le tribunal de commerce étudie consciencieusement les divers pièces des dossiers en mesurant bien toutes les conséquences que cela peut avoir sur le bassin d’emploi, en cas de rejet des offres, et sur la sécurisation des salariés en cas de cession« , a-t-il précisé.
Les juges consulaires attendent des candidats qu’ils apportent des garanties sur leur capacité à approvisionner le site en pétrole brut mais aussi à le moderniser. La raffinerie consomme chaque jour pour 15 M€ de pétrole brut et sa remise à niveau est estimée entre 400 et 500 M€. Des sommes considérables.