Un Pen Duick (Photo : Flick'r//cc/Bruno Corpet)
Les noms des voiliers qui viendront s’amarrer à Rouen du 6 au 16 juin 2013, à l’occasion de l’Armada, sont dévoilés progressivement. Vendredi 5 avril, Patrick Herr, le président de l’association Armada de la Liberté a ainsi annoncé, sur France Bleu, que les cinq Pen Duick d’Éric Tabarly seront de la fête.
Le premier Pen Duick a été réalisé en 1898 par un architecte écossais avant d’être racheté par Guy Tarbarly, le père d’Éric, en 1938. C’est à bord de ce navire qu’Éric Tabarly apprendra à naviguer. Après la Seconde Guerre mondiale, Éric Tabarly convainc son père de lui donner ce bateau dont la coque est pourrie. Il essaie alors de le sauver lui-même en faisant une coque en résine polyester. Le bateau subit une rénovation « à l’ancienne », en 1983. Et c’est à bord de ce Pen Duick “I” que Tabarly disparaîtra en mer, en 1998.
Pen Duick II est un voilier de type Ketch lancé en 1964. Il est dessiné par Gilles Costantini et Éric Tabarly. Ce dernier a remporté la Transat anglaise à son bord, en 1964. L’École nationale de la voile le restaurera entièrement, en 1994.
Pen Duick III est le plus grand voilier gréé en goélette à avoir une coque en alliage aluminium à l’époque. Il est construit en 1967. Il remporte toutes les courses britanniques organisées par Royal Ocean Racing Club. Il participe également à la première du Vendée-Globe, en 1989, avec Jean-François Coste à son bord.
Pen Duick IV, c’est un trimaran construit en 1968. Il est plus connu sous le nom de Manureva, un nom qui lui a été donné par Alain Colas. Alain Colas rachète le bateau en 1972 avant de disparaître en 1978 lors de la première Route du Rhum.
Pen Duick V est encore utilisé par l’École nationale de voile, de Saint-Pierre-Quiberon. Construit en 1968, il s’impose l’année suivante sur la première transpacifique.
Pen Duick VI a été construit en 1973. Tabarly remportera la Transat en solitaire à son bord, en 1976. Ensuite, Éric Tabarly naviguera à bord du Paul Ricard et du Côte d’Or II….
Le Marité, né à Fécamp
C’est Charles Le Borgne, armateur de Fécamp, qui achète, en 1922, la coque d’un harenguier construit deux années plus tôt. Une année de travail sera nécessaire pour donner vie à un trois-mâts goélette, dernier grand voilier sorti des chantiers de Fécamp : le Marité, un diminutif du prénom de la plus jeune fille de l’armateur, Marie-Thérèse. Après cinq campagnes de pêche à la morue, entre 1924 et 1929, le bateau, trop petit, donc peu rentable, est désarmé. En 1930, il est vendu et bat pavillon danois. À nouveau modifié et équipé d’un moteur, il naviguera entre les îles Féroé, le Groënland et l’Islande. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il servira à transporter des marchandises à destination de l’Angleterre, avant d’être vendu en 1946. Il est alors racheté par une coopérative ouvrière et reprend du service comme morutier.
Le Marité, né à Fécamp. (Photo : GIP Marité).
Pour faire le tour du monde…
En 1978, Le Marité est racheté par des jeunes Suédois qui veulent faire le tour du monde. Mais l’image qu’ils ont du Marité est loin d’être réelle. Le navire ressemble à une épave… La restauration durera jusqu’en 1987. Mais les nouvelles normes de sécurité liées notamment au transport de personnes obligent les nouveaux propriétaires à faire de nombreuses modifications. Le Marité reviendra à Fécamp en 1992, mais ses propriétaires désirent s’en séparer.
La télévision avant la restauration
Un GIP (Groupement d’intérêt public) est alors créé sous l’impulsion de Jacques Chauveau, président français du World ship trust, et du navigateur Gérard d’Aboville. Aidé par des collectivités, des associations et un grand pétrolier, le GIP devient propriétaire du Marité en 2004. Il navigue, accueille l’émission Thalassa pendant 28 semaines, puis retrouve le chemin des chantiers.
Le Marité est usé par ses années de navigation. Un énorme travail de restauration s’impose à Cherbourg-Octeville. Lorsque Rouen, Fécamp, et le département de l’Eure se retirent du GIP, c’est le Conseil régional de Basse-normande qui met la main à la poche pour financer les importants travaux qui se poursuivent à Saint-Vaast-la-Hougue, jusqu’en 2009. Le navire rejoint son port d’attache, Granville, en 2011, avant de reprendre la mer pour une seconde vie. Il était de retour à Fécamp, en octobre dernier, notre article.