En 2013, dans le bassin d'emploi du Havre, le secteur de l'industrie émet 11% des intentions d'embauche. Le train de l'Industrie et de l'Innovation en gare du Havre le 10 avril a ainsi attiré un large public.
Pôle Emploi vient de publier son enquête annuelle sur les besoins en main d’oeuvre des entreprises de la Région Haute-Normandie pour l’année 2013. Sur les 55 800 établissements employeurs (hors administrations de l’État et entreprises publiques) que comptent la Région, 38 700 ont répondu à Pôle Emploi.
Cette étude révèle que 13,7% des établissements de Haute-Normandie auraient l’intention de recruter en 2013, ce qui représente 7 639 employeurs potentiels. C’est beaucoup, mais on apprend, dans le même élan, que les créations de postes diminuent de moitié, en cette année 2013…
Pourtant, plusieurs signaux positifs sont détectés. Notamment dans les deux principaux bassins d’emploi de Rouen et du Havre, les deux plus gros recruteurs de la Région. 76actu fait le point sur les caractéristiques de ces viviers avec Frédérique Pellier, responsable statistiques à Pôle Emploi.
Les deux plus forts bassins d’embauche de la Région
Rouen : 14,7% des établissements du bassin de Rouen souhaitent recruter en 2013. 8 544 projets d’embauche sont ainsi prévus pour l’année, soit 398 de plus qu’en 2012. Ce bassin concentre plus d’un tiers des intentions d’embauche de la région Haute-Normandie.
Le Havre : Dans le bassin du Havre, Pôle emploi vise une création de 4 102 postes.
Les services et le commerce, les secteurs porteurs
À Rouen comme au Havre, c’est la grande tendance.
Rouen : Dans le secteur des services, Rouen et son agglomération sont en tête avec 38 % des projets d’embauche, soit 6 382 recrutements potentiels. Arrive en tête les agents de service hospitalier : 533 intentions d’embauche.
Le Havre : 3 170 recrutements potentiels dans ce secteur également.
« C’est dans le bassin du Havre que les services sont les plus représentés parmi l’ensemble des projets d’embauche (77%, contre 37% en moyenne régionale)», note Frédérique Pellier.
La part des intentions d’embauche des grandes structures en hausse
Rouen : Un quart des projets de recrutement (26 %) est émis par des établissements de plus de 200 salariés, ce qui représente 2 260 intentions d’embauche. Ces grandes structures prennent une part de plus en plus importante dans la dynamique des recrutements au fil des années : ils n’étaient qu’à l’origine de 1 325 intentions d’embauche en 2011, soit 17 %, puis 21 % en 2012.
Les établissements de moins de 10 salariés émettent 23 % des projets de recrutements dans le bassin rouennais, c’est-à-dire une proportion plus faible que dans la région (32 %). À noter qu’il y a 592 projets de recrutements en moins dans ces établissement entre 2012 et 2013.
Le Havre : Près de 1 000 recrutements (24% des intentions d’embauche) sont prévus dans les établissements de plus de 200 salariés. Comparativement à 2012, la situation reste inchangée. Dans ce bassin, près d’un projet de recrutement sur quatre est émis par un établissement de plus de 200 salariés.
À contrario de Rouen, le bassin du Havre se distingue par le dynamisme de ses toutes petites entreprises. 35% des intentions d’embauche émanent d’établissements de moins de dix salariés (contre 32% au niveau régional).
L’industrie résiste bien, malgré tout, dans le bassin d’emploi du Havre
En dépit d’une forte présence industrielle, Le Havre reste une capitale administrative (avec Rouen et Évreux) avec une très forte concentration d’activités de services. Malgré tout, les intentions d’embauche dans le secteur industriel s’élèvent à 11% (Rouen : 7% seulement). Et ces intentions se portent sur des emplois qualifiés.
« C’est un aspect réellement positif qui témoigne que l’industrie a des projets. Le bassin du Havre est en plus l’un des rares territoires où l’on voit un besoin de métiers de cadres ressortir de manière aussi significative. L’industrie est d’ailleurs le seul secteur où l’on voit progresser les intentions d’embauche en 2013, dans la région. C’est le témoin d’une vraie dynamique industrielle. Même si le ressenti au quotidien, j’en conviens, n’est pas le même. 500 licenciements économiques, tous secteurs confondus, sont enregistrés chaque mois dans notre région mais on sent vraiment les prémices d’une amélioration », analyse Frédérique Pellier.
Le taux de chômage au Havre ? 12, 9% !
Un poste jugé difficile à recruter, c’est un poste pour lequel l’entreprise ne trouve pas de candidat adapté.
À Rouen : ils concernent 32 % des postes, soit 2 753 intentions de recrutement. C’est le troisième bassin de la région dans lequel le recrutement est le moins difficile (35 % en moyenne). La proposition d’emplois difficiles à recruter diminue de 4 points par rapport à 2012, avec davantage de difficultés que dans le reste de la région concernant la construction et le commerce.
Au Havre : Les difficultés de recrutement (38%) sont plus élevées qu’ailleurs sur le bassin havrais.
« C’est un territoire compliqué, placé loin des centres stratégiques, coincé entre mer et campagne, et qui, avec son fort taux de chômage (12,9%), a beaucoup de mal à attirer de nouvelles populations. Rappelons que chaque année, le Havre intra-muros, perd des habitants. Le secteur n’est donc pas très attractif en termes d’emplois, et, en plus, il n’est pas très diversifié en terme de niveau de qualification. Les entreprises ont donc beaucoup de mal à trouver chaussure à leurs pieds. Ce ressenti est vécu tout particulièrement dans l’industrie et dans les services », détaille la responsable statistiques de Pôle Emploi.
En 2013, pour répondre aux besoins de compétences nouvelles, 79% des établissements haut-normands envisagent de proposer une formation interne à leurs salariés.
Les dix métiers les plus recherchés
Dans le bassin de Rouen : Agents de services hospitaliers (533 postes), agents d’entretien de locaux (509), aides-soignants (469), aides à domicile, aides ménagères, travailleuses familiales (469), infirmiers, cadres infirmiers et puéricultrices (297), secrétaires bureautiques et assimilés (295), Aides, apprentis, employés polyvalents de cuisine (284), professionnels de l’animation socioculturelle (203), commerciaux (203), surveillants d’établissements scolaires (199).
Dans le bassin du Havre : agents d’entretien des locaux (405 postes), aides à domicile, aides ménagères, travailleuses familiales (346), professionnels de l’animation socioculturelle (299), artistes, professeur d’art (144), aides-soignants (129), aides, apprentis, employés polyvalent de cuisine (129), sportifs et animateurs sportifs (114), Ingénieurs et cadres d’études, recherches et développement pour l’industrie (105), ouvriers de l’assainissement et du traitement des déchets (83), infirmiers, cadres infirmiers et puéricultrices (78).
L’étude de Pôle emploi dans son intégralité, ici :