(fil-fax 19/04/13)
Le député UMP des Yvelines, David Douillet, ancien ministre des Sports de Nicolas Sarkozy, envisage une éventuelle candidature à la mairie de Rouen détenue depuis 2008 par la socialiste Valérie Fourneyron jusqu’en juillet 2012 à sa nomination comme ministre des Sports, et depuis par Yvon Robert. L’information donnée par Le Parisien/Aujourd’hui (18/04/13) a été confirmé dans la journée par l’ancien champion de judo, aujourd’hui âgé de 44 ans. Toutefois, il indique qu’il se donne un mois pour prendre une décision.
Une irruption de David Douillet dans l’arène politique de Haute-Normandie est régulièrement évoquée. Le médaillé olympique, né à Rouen, a passé sa jeunesse dans le pays de Bray et a toujours entretenu des rapports fructueux avec son département d’origine. Après sa retraite sportive en 2000, il a été l’ambassadeur sportif de la Seine-Maritime sous la présidence de Charles Revet (UMP). Son engagement au côté de Bernadette Chirac pour les Pièces Jaunes lui a permis de pénétrer les cercles de l’UMP. Alors qu’on le voyait s’investir politiquement en Seine-Maritime, il a été élu député de la 12ème circonscription des Yvelines lors d’une élection partielle en 2009. Ministre du gouvernement Fillon (Français de l’Etranger, puis Sports) en 2011, il est réélu député en juin 2012.
S’il assurait jeudi 18 avril que « c’est le terrain qui m’a sollicité », ce désir de Normandie n’est pas partagé par tous. A commencer par la sénatrice UDI Catherine Morin-Desailly, en campagne à Rouen depuis cinq ans pour que la ville redevienne une “terre centriste“. Attentive à ce que ses relations avec l’UMP régionale ne souffrent d’aucun accroc – notamment comme n°2 de l’opposition à la Région derrière l’UMP Bruno Le Maire -, Mme Morin-Desailly confiait jeudi « une forme d’amusement » en apprenant les intentions de David Douillet. « Je note que c’est la désorganisation à l’UMP. Localement personne n’est au courant ». Tout en assurant qu’elle n’entretient « aucune animosité » de Davis Douillet – « quelqu’un que j’aime bien », précise-t-elle – la sénatrice déplore le décalage de la démarche et s’interroge sur « la crédibilité de l’engagement » alors qu’il est élu dans les Yvelines. « Il faut connaître les Rouennais, très concrètement soutenir les salariés de Petroplus, défendre les grands projets structurants… A l’heure de la moralisation de la vie politique, nos concitoyens attendent autre chose ».
Pour l’UMP, la candidature de David Douillet serait donc un casus belli pour l’UDI. Mais singulièrement anémié dans la capitale normande, le mouvement présidé par Jean-François Copé n’a guère d’autre option pour exister.