(fil-fax 18/04/13)
Après l’annonce mardi du tribunal de commerce de Rouen de la liquidation judiciaire sans poursuite d’activité de la raffinerie Pétroplus de Petit-Couronne (420 salariés) une délégation de l’intersyndicale de la raffinerie a été reçue mercredi midi par le préfet de région. « Pas convaincue de la volonté du Gouvernement de maintenir le raffinage en France », l’intersyndicale a rappelé « la nécessité pour la France d’investir dans ce secteur pour l’indépendance énergétique de notre pays » et a demandé « la réquisition du site par le Gouvernement », a notamment rapporté Jean-Luc Broutais pour l’intersyndicale.
« Le Gouvernement qui a aujourd’hui tous les pouvoirs devrait également mettre en place une loi qui taxe les produits raffinés importés sur le territoire, une loi que l’on pourrait appeler “loi Bachelay“ » du nom du député PS de la 4ème circonscription qui l’a demandé, a ajouté pour la CGT Régis Gasse. « On a demandé au préfet d’abandonner toute exploitation de stockage sur le site de Petit-Couronne car si demain la raffinerie est transformée en stockage de produits finis c’est condamner Grandpuits (Seine-et-Marne) et Port-Jérôme (Seine-Maritime) », a complété Jean-Luc Broutais. La décision du tribunal de commerce de Rouen n’est pas davantage recevable aujourd’hui qu’il y a quelques semaines, répète quant à elle la CGT Normandie. Le comité Régional CGT Normandie exige le maintien du site industriel, des capacités de production et des emplois, dans un contexte où « le pouvoir exécutif doit prendre la main ». Critique sur « l’agitation stérile des pouvoirs politiques », le comité promet que « Petit-Couronne ne s’ajoutera pas à Florange pour faire le chemin de croix des promesses non tenues ».
Parmi les nouvelles réactions politiques
Didier Marie (PS), président du conseil général : « Au niveau européen, il est indispensable que des protections soient mises en place face à des importations de produits raffinés provenant de pays où les normes sociales et environnementales n’ont rien de comparable avec celles existant au sein de l’Union européenne ».
Thierry Foucaud (PCF), sénateur, mercredi 17 avril, lors du débat sur la Sécurisation de l’emploi : « Pour nous, il est parfaitement inacceptable d’avoir laissé prendre le contrôle des raffineries, en Europe, par un groupe de spéculateurs financiers qui, maintenant, ne peut même plus faire face à sa responsabilité industrielle et sociale. Faites aujourd’hui ce que vous auriez déjà dû faire pour Florange : nationaliser ! Le tabou doit tomber ».
Catherine Morin-Desailly (UDI), sénatrice : « On est en droit de s’interroger sur la capacité du gouvernement à faire face à ses responsabilités, qui seraient en premier lieu d’accompagner les mutations industrielles en cours. L’un des premiers sujets serait d’imaginer l’implantation d’industries nouvelles autour d’un projet Axe-Seine enfin redevenu ambitieux, en s’appuyant sur le tissu économique et consulaire régional ».