10 h / Préfecture de Rouen – comité de pilotage sous la présidence du Préfet
Mardi, le tribunal de commerce de Rouen a prononcé la cessation de l’activité de la raffinerie de Petit-Couronne, jugeant qu’aucun candidat à la reprise ne présentait les garanties financières et techniques pour une reprise viable et durable du site et des emplois. 72 heures après cette décision qui est un crève-cœur pour tous, le Préfet de région a organisé une réunion d’information avec l’ensemble des services de l’Etat (Direccte, Dreal, CIRI, Commissariat au redressement productif…) et les élus concernés (Frédéric Sanchez, Président de la CREA, Alain Le Vern, Président de la Région, Didier Marie, Président du Département, Dominique Randon, Maire de Petit-Couronne, Yvon Robert, Maire de Rouen, et moi-même, député de la circonscription).
A été décidée la mise en place d’un comité de pilotage de repositionnement du site qui se réunira aussi souvent que nécessaire et auquel prendront part trois représentants de l’intersyndicale : c’est une proposition qu’elle avait formulée et que j’ai relayée auprès de l’Etat.
Les priorités ont été fixées : garantir l’avenir des salariés et de leurs familles à travers la mise en place du plan de sauvegarde de l’emploi qui doit être en phase avec ceux qui sont réalisés dans le secteur pétrolier ; la mise en sécurité du site et de l’ensemble de ses installations ; la poursuite de l’état des lieux et des expertises du site en vue de la dépollution ; la mise en place d’une réflexion destiné à permettre le repositionnement du site.
Sur ce dernier point, avec mes collègues élus, nous avons plaidé avec force pour la vocation industrielle et portuaire des 240 hectares concernés dont les atouts sont connus – notamment l’accès fluvial, maritime, routier, ferroviaire.
Le Gouvernement a répondu favorablement à ma demande formulée dès mardi dernier d’un renforcement des moyens pour favoriser le repositionnement productif du site : un chargé de mission, M. Guillaume Prunier, ingénieur des Mines à la Direction Générale de la compétitivité, de l’industrie et des services (DGCIS) a été nommé en ce sens par le Ministre du Redressement productif et placé sous la responsabilité du préfet de région.
12h45 / Petit-Couronne – Assemblée générale des salariés – raffinerie de Petit-Couronne
Depuis l’automne 2011 et l’annonce de la fermeture de l’unité des huiles, j’ai participé à la quasi-totalité des assemblées générales des salariés, devant les grilles de la raffinerie. Par tous les temps, nous nous sommes retrouvés pour faire bloc, pour agir tous ensemble. J’ai mené le combat avec l’intersyndicale et pour les salariés depuis fin décembre 2011 et la déclaration de faillite du groupe Petroplus, suivi en janvier 2012 de l’arrêt de l’activité. S’en sont suivis seize mois de mobilisation inlassable de l’intersyndicale à l’engagement exemplaire.
Ensemble, nous avons partagé tant de moments, fait tant de kilomètres, réalisé tant d’efforts : réunions à l’Elysée, à Matignon, à Bercy ; présence lors des audiences du tribunal de commerce ; déplacements devant le siège de Shell France en région parisienne ; participation à la table ronde sur l’avenir du raffinage en Europe organisée à la Commission de Bruxelles ; exposition des « 550 Petroplus » et ses étapes dans plusieurs communes de Seine-Maritime et de l’Eure ; concerts de soutien. Et les assemblées générales, bien sûr. Mon engagement est total, les salariés et les représentants syndicaux de la raffinerie de Petit-Couronne le savent : c’est pourquoi j’ai tenu à être là aujourd’hui, parmi eux, à leurs côtés. Pour dire que j’étais là, présent et déterminé, comme je l’ai toujours été. Pour dire tous les efforts menés ensemble pour chercher un repreneur crédible qui hélas n’a pas été au rendez-vous. Pour rendre hommage à l’intersyndicale et à tous ses membres, avec une pensée d’amitié particulière pour Yvon Scornet. Pour informer les salariés présents de la réunion qui s’était tenue un peu plus tôt dans la matinée à la préfecture. Préciser que je continuerai à lutter, aux côtés des salariés, avec les responsables des collectivités territoriales et l’Etat, pour leur avenir et pour le repositionnement industriel du site. Et pour mener la bataille de la protection commerciale en Europe contre les importations de produits finis produits ailleurs dans le monde dans des conditions de dumping social et environnemental qui fragilise le raffinage français et européen. C’est le sens de mon engagement.
14h / Rouen, Conseil régional – présentation par Ségolène Royal de la BPI
A l’invitation d’Alain Le Vern, la 1ère vice-présidente et porte-parole de la Banque publique d’investissement (BPI) est venue présenter sa mise en place, ses objectifs, ses moyens, devant de nombreux acteurs économiques régionaux, représentants des filières économiques régionales, chefs d’entreprises, responsables d’établissements bancaires, partenaires institutionnels, élus locaux.
La BPI – j’ai souvent eu l’occasion d’en parler sur ce blog, en tant de rapporteur du projet de loi, lors de sa discussion à l’Assemblée nationale – regroupe trois entités pour le financement des PME, PMI, ETI en croissance ou en mutation : BPI France financement, BPI France investissement et BPI France innovation. L’objectif est de faciliter l’accès au crédit et de renforcer les fonds propres des entreprises pour qu’elles innovent, exportent, embauchent.
A tous les stades de leur développement, de l’amorçage à la transmission.
En privilégiant la réactivité pour les délais d’instruction des demandes et le temps long pour l’intérêt général, à rebours de la recherche de rentabilité maximale à court terme pratiquée par le système financier ces dernières années et qui a mené à la crise.
En faisant des territoires l’assise du développement économique, avec une gouvernance régionalisée : un comité régional d’orientation, présidé par le Président de la Région, et composé de 25 membres sera prochainement créé et se prononcera sur la stratégie d’intervention de la BPI en région. Le partenariat Région-Oséo, déjà dynamique, sera la colonne vertébrale de la nouvelle structure. A la coordination des financements, s’ajoutera la simplification pour les entreprises à travers une plateforme unique d’accueil et d’orientation.
« Nos entreprises, qu’elles soient petites, moyennes ou de tailles intermédiaires, disposent désormais d’un outil public puissant et cohérent dont la vocation est d’abord de structurer le tissu entrepreneurial dans les territoires », a déclaré Alain Le Vern. « Cet outil doit permettre de reprendre confiance, a affirmé Ségolène Royal. Face à la frilosité bancaire, il faut entraîner les banques. Elles doivent être au service de l’économie réelle et non à celui de l’économie financière… La BPI n’est pas un bâtiment, c’est une mise en réseau de ceux qui interviennent déjà, avec des moyens et de la rapidité ». De mon côté, j’ai rappelé l’apport du débat parlementaire pour faire de la BPI le meilleur outil possible en faveur de l’emploi et des entreprises : reconquête productive et transition écologique de l’appareil de production, gouvernance régionalisée, prise en compte de l’économie sociale et solidaire, évaluation par le Parlement, notamment. « La BPI, c’est la banque patriotique d’investissement ».
A l’issue de la réunion, une délégation de l’intersyndicale de la raffinerie de Petit-Couronne a été reçue par Ségolène Royal, Alain Le Vern et moi-même. Ses représentants ont évoqué l’avenir industriel du site et sont revenus sur les propos tenus le 17 avril, à Caen, par le directeur général de la BPI qui ont suscité un légitime émoi. Ségolène Royal a prononcé des paroles de clarté et de fermeté dont je la remercie : « C’est un grave dérapage. Ses déclarations n’ont aucune raison d’être. Ça ne se reproduira pas. La Banque publique d’investissement n’est pas là pour faire du business. Elle serait intervenue si un repreneur avait été désigné par le tribunal de commerce ».
