(fil-fax 20/04/13)
Un Comité de pilotage de repositionnement du site de la raffinerie de Petit-Couronne sera installé « sans délai », a indiqué vendredi le préfet de région Haute-Normandie Pierre-Henry Maccioni, à l’issue d’une première réunion entre les collectivités et les services de l’Etat, quatre jours après la liquidation définitive. Ce comité associera les acteurs économiques (réseau consulaire) et des représentants du personnel de la raffinerie Petroplus avec quatre missions : la mise en œuvre du plan social, la mise en sécurité du site, une étude exhaustive du niveau de pollution, la réflexion pour permettre le repositionnement industriel.
S’il n’a pas réussi à relancer l’activité de raffinage avec un repreneur fiable, le gouvernement semble aujourd’hui déterminé à rebondir très vite sur « l’après Petroplus », les acteurs politiques locaux étant très mobilisés sur la situation des salariés, notamment ceux des entreprises sous-traitantes et le devenir du site de 240 ha. La “liquidatrice judiciaire“, Me Camille Percheron qui représentait vendredi matin Me Béatrice Pascual, était présente lors de la présentation à la presse du dispositif, comme pour bien montrer que cette « tâche ingrate » reviendra in fine à « trouver des acquéreurs pour tout ou partie du site », et faire que ce soit un « projet cohérent » qui émerge. Un chargé de mission, Guillaume Prunier, mis à disposition par le ministère du Redressement productif, coordonnera les nombreux intervenants. Il a été nommé « à la demande » de Guillaume Bachelay, député (PS) de la circonscription, qui a manifestement conservé l’écoute de l’Intersyndicale de Petroplus malgré les critiques sévères adressées au gouvernement. Il a rappelé que l’objectif était d’assurer un avenir aux salariés et à leur famille et « un avenir productif au site qui est un atout stratégique exceptionnel dans la vallée de la Seine et le nord de l’Europe ».
La CREA sera « en première ligne » a assuré son président Frédéric Sanchez (PS). La communauté d’agglomération, forte de sa compétence pour l’aménagement économique, réclame également « une présence industrielle confirmée, en lien avec l’activité portuaire ». « Nous ne voulons pas d’installation qui pourrait obérer la création d’emplois, a insisté M. Sanchez, écartant ainsi l’hypothèse d’une transformation du site en un lieu de stockage peu pourvoyeur d’emplois et générateur de dangers au sens réglementaire du terme. Le risque existerait qu’une activité empêche l’implantation de nouvelles. Le maire de Petit-Couronne, Dominique Randon (PS) confirme : « Ça ne doit pas être à n’importe quelle condition et à n’importe quel prix ». Car le territoire de la commune est « très impacté » par le PPRT (Plan de prévention des risques technologiques). Et surtout, Petit-Couronne vit depuis de longues années avec une nappe phréatique polluée au benzène. Le pompage entrepris il y a maintenant 20 ans par Shell – qui en porte la responsabilité, peut encore se prolonger de nombreuses années.
Quant aux sol et sous-sol de la raffinerie proprement dite, il doit faire l’objet d’une évaluation du niveau de pollution. Le responsable est Petroplus, aujourd’hui en liquidation. Lorsqu’on aura une information précise sur la pollution et l’usage futur du site, on pourra évaluer le montant de ce chantier. Avec une préoccupation : « Qu’il n’y ait pas dans quelques années une friche industrielle polluée dont on ne saura plus que faire », comme l’a résumé le président de la région, Alain Le Vern.
Initiative contre le dumping
« Je vais prendre avec d’autres collègues de l’Assemblée nationale, une initiative dès la semaine prochaine pour la protection du secteur du raffinage », a indiqué Guillaume Bachelay, vendredi matin. Elle aura une portée nationale et européenne pour lutter contre « le dumping social et environnemental » des importations de produits raffinés qui sont « une concurrence déloyale inacceptable ».