“Eblouissants reflets“ au musée de Beaux Arts de Rouen

(fil-fax 27/04/13)

Claude Monet, Maisons au bord de la Zaan, à Zaandam, 1871. Huile sur toile ; 48 x 73,5 com. Francfort, Städel Museum © U. Edelmann – Städel Museum/ARTOTHEK

L’exposition du festival Normandie Impressionniste 2013 au musée des Beaux Arts de Rouen réunit 179 peintures, photographies et dessins provenant du monde entier autour de la thématique du reflet dans l’eau. L’exposition “Eblouissants reflets“ met en évidence la fascination progressive des impressionnistes pour ces reflets qui deviennent au fil de leurs destinées d’artistes l’élément central de leurs compositions.

« Si les impressionnistes se sont attachés à exprimer la fugacité des choses c’est le thème du reflet dans l’eau qui s’impose comme le symbole de cette perpétuelle mouvance », explique Sylvain Amic commissaire de l’exposition et directeur du musée des Beaux Arts de Rouen. Dans ces multiples reflets saisis pour la plupart en bord de Seine se réfléchissent des paysages, des voiles de bateaux, des personnages, une guinguette, des arbres, le ciel et finalement toute l’histoire de l’impressionnisme. Fin du XIXème siècle, Monet, Caillebotte, Renoir ou Sisley proclament la vérité de l’instant dans lequel « le reflet devient figure de modernité ». L’exposition assez intuitive et linéaire a manifestement été pensée pour le démontrer. La figure symbolique de Narcisse amoureux maudit de son propre reflet ouvre ce parcours initiatique. Une salle accueille ensuite les voyages de Monet en Hollande. L’on y découvre un jeune artiste qui se cherche encore malgré un magistral “Maisons au bord de la Zann“ (1871) où les reflets, bleu, vert, rose ou violet font déjà vibrer l’élément liquide.

Plus loin avec l’Armada des peintres s’exposent des marines vues par les impressionnistes. Le plus grand nombre de chef-d’œuvres sont concentrés dans la salle consacrée aux loisirs fluviaux avec notamment “La Yole“ (1875) de Renoir et ces deux élégantes qui s’exercent au canotage. Les remouds autour des rames et un minuscule filet de peinture blanche le long de la barque donne à l’ensemble une certitude de mouvement. A son côté, les “Régates à Argenteuil“ de Monet (1872) sont un « miracle d’équilibre ». Cinq rapides coups de pinceaux pour figurer le reflet des voiliers et l’eau s’agite ! Dans un autre salon, les impressionnistes changent de perspectives et peignent leurs paysages non plus en surplomb mais au ras de l’eau. De toiles en toiles les villages, les arbres, s’amenuisent au bénéfice des reflets. « Loin de l’académisme et du réel, le reflet est l’espace d’audace où le peintre est totalement libre dans son interprétation du paysage », analyse Sylvain Amic. Fort logiquement les “Eblouissants reflets“ rouennais se referment sur cinq “Nymphéas“ où chacun le sait le paysage a totalement disparu.

• “Eblouissants reflets“ du 29 avril au 30 septembre tarif 10€ (gratuit pour les moins de 26 ans et les demandeurs d’emploi). www.eblouissantsreflets.fr

Articles créés 1109

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut