La reconquête de la presqu’île Rollet, germe de l’écoquartier Flaubert à Rouen

(fil-fax 08/05/13) 

La presqu’île Rollet, des quais chabonniers à la colline forestière

La CREA (communauté Rouen, Elbeuf, Austreberthe) lance ce 14 mai une concertation publique sur son projet urbain d’écoquartier Flaubert, une zone d’aménagement concerté de 90 ha, sur la rive gauche de la Seine, au pied du pont Flaubert. Son germe paysager, en front de Seine, sera ouvert à l’occasion de l’Armada du 6 au 16 juin.

« Ici, les Rouennais vont découvrir un paysage qu’ils ne connaissent pas ! ». Depuis la presqu’île Rollet qui fut jusque dans les années soixante-dix, le cœur de la vie portuaire, Bernard Jeanne, vice-président de la CREA, résume en une phrase ce qui sera peut-être le signal d’un basculement de l’espace patrimonial de Rouen. D’ici quelques semaines, l’ancienne presqu’île aux charbons qui n’était accessible qu’aux agents du port et aux dockers, sera ouverte aux promeneurs qui flâneront dans un parc de quelque huit hectares, dessiné par l’urbaniste Jacqueline Osty. La promenade de bord de Seine offre une vue de la rive droite du fleuve, elle-aussi ignorée des visiteurs et même des Rouennais eux-mêmes.

A un mois de l’arrivée des premiers voiliers de l’Armada, ce projet de réhabilitation des espaces portuaires lancé par l’agglomération de Rouen (CREA) sort de terre à l’image des milliers d’arbustes encore chétifs plantés sur une colline artificielle appelée à devenir une « butte forestière ».

« Il s’agit en fait du premier acte de l’Ecoquartier Flaubert », introduit le président de la CREA, Frédéric Sanchez, maire (PS) de Petit-Quevilly. De la presqu’île Rollet reconquise au pont Guillaume le Conquérant qui rapproche du centre historique de Rouen, ce sont quinze hectares de nature, de jardin, de lieux d’animation (salle de spectacle “le 106“) qui seront le front de Seine du quartier Flaubert, mise en application du « nouveau dialogue avec le fleuve ».

Car derrière, ce sont 90 hectares de friches industrielles et ferroviaires que la CREA a entrepris de reconquérir pour y construire un nouveau quartier avec cinq à six mille habitants, des services, des espaces publics, des entreprises. Son horizon est lointain : 2030. Mais dès maintenant, la CREA entreprend un cycle de concertation publique qui se déroule en cinq réunions jusqu’à la fin du mois de juin. « Ce sera un échange avec les habitants et les forces vives sur un projet qui pourrait s’échelonner sur une trentaine d’années », annonce le président de la CREA qui n’ignore pas les nombreuses interrogations qui courent sur la mise en œuvre. A commencer par l’environnement. Car si le “front de Seine“ et ses espaces de loisirs devient une réalité, l’environnement reste prégnant. La “concertation publique“ n’a-t-elle pas été repoussée de février à mai à la suite de l’incident survenu en janvier à l’usine Lubrizol, premier site industriel à proximité du futur quartier ? Des interrogations surgissent également sur le degré de pollution des sols. « Nous ne voulions pas que le débat se réduise à ce seul problème », justifie Frédéric Sanchez qui s’attend évidemment à ce qu’il soit question de « la proximité industrialo-portuaire ». Mais il veut rassurer : «  Aucun périmètre de protection contre les risques technologiques ne vient empêcher le projet. Cependant nous sommes pleinement conscients des préconisations ».

A la CREA, il ne s’agit plus de discuter de « l’opportunité » de réaliser ce nouveau quartier. « La question est moins “faut-il aménager ?“ que “quels aménagements faut-il“ », insiste son président.

Le coût global des aménagements des bords de Seine et de la Presqu’île s’élève à 11 M€ HT : CREA (20%), Région Haute-Normandie (40,74%), Département de Seine-Maritime (16,19%), FEDER (23,07%).

Les études et la maîtrise d’ouvrage pour l’Écoquartier Flaubert s’élèvent à 2,4 M€ : CREA (48%), Région (33%), Département (4%), FEDER (15,25%), ainsi la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC).

L’écoquartier Flaubert en quelques chiffres

10.000 personnes (résidents, actifs, usagers), jusqu’à 2.800 logements sur 20 ans, 150.000 m2 de bureaux sur 20 ans, 15.000 m2 de locaux d’activités. (Première phase d’urbanisation en 2015 le long de l’avenue Jean-Rondeaux).

La concertation publique (les réunions de 18h à 20h)

15 mai : Réunion de lancement (Le 106, Rouen)

28 mai : Quels usages pour le futur écoquartier ? (Astrolabe, Petit-Quevilly)

3 juin : Aménager en cohérence avec le territoire : développement, déplacements… (Hôtel de ville, Rouen)

18 juin : Bâtir pour répondre aux besoins du territoire : immobilier d’entreprise et habitat (CCI Palais des consuls, Rouen)

25 juin : Réunion de clôture (Le 106, Rouen)

• www.la-crea.fr/ecoquartier-flaubert

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