Nous l’avons appris cette semaine, la Créa et la Région entendent booster le tourisme local par la construction d’un nouvel équipement, le » Panorama d’Asisi ». Objectif affiché, 300.000 visiteurs annuels, quand notre Musée des Beaux Arts en accueille seulement 100.000.
Au delà de l’aspect architectural, le coût : construction de la Rotonde : 2,5 à 3 millions d’euros, à laquelle il convient d’ajouter l’acquisition de deux panoramas existants (1,35 millions), la licence d’exploitation (1 million) et la réalisation du panorama du Rouen Johannique (1,5 millions). Le tout prévu pour vivre 5 ans soit tout de même un investissement de 1,3 millions par an et de 500 000 euros de fonctionnement. Des sommes importantes dont il faut être sûr qu’elles pourront trouver leur compensation dans la fréquentation attendue. Cela sous entend une animation du lieu dans la durée, et des expositions de haut niveau renouvellées ne se contentant pas de seuls panoramas anciens (Amazonia-l’occasion peut-être pour la Créa de se rappeler que la déforestation pour cause de plantation de palmiers à huile est une réalité 🙂 ,la Reconstitution de Rome sous Constantin en 312) en attendant en 2015 le Rouen à l’époque de Jeanne d’Arc.)
Alors sur le principe, l’idée mérite que l’on s’y intéresse, mais pour autant, si Dresde qui sert ici d’exemple a su utiliser son patrimoine industriel pour accueillir le panorama d’Asisi, Rouen pour sa part devra voir se créer une structure de 12 étages que l’on entend placer dans l’axe de la perspective de l’avenue flaubert vers la Seine. Et c’est là que le bat blesse. Pour s’en rendre compte, il suffit de voir à quoi ressemble le gazomètre d’Oberhausen qui accueille l’oeuvre monumentale et de l’imaginer transplantée…sur nos quais de Seine, bouchant de fait la perspective de l’avenue Pasteur sur l’Espace des Marégraphes et la Seine, ou de se rappeler la mise en hivernage d’un ferry overspeed situé juste à cet endroit l’hiver dernier. De la à imaginer une réponse à la Girafe de Valérie Fourneyron située elle sur les quais bas rive gauche, il n’y a qu’un pas.