(fil-fax 17/05/13)
La Caisse d’Epargne de Normandie (CEN) qui gère aujourd’hui un total de 28 milliards d’euros d’encours a considérablement renforcé ses positions depuis la fusion en 2008 de ses deux entités régionales normandes. Durant cette période, la partie crédits de ses encours a progressé de 50 % pour atteindre les neuf milliards d’euros. Dans cet ensemble, les prêts pour l’immobilier qui représentent plus de la moitié du total ont progressé de 42 % permettant à la CEN de gagner deux points de parts de marché à près de 14 %. « On participe largement au financement de l’économie normande », dit Joël Chassard président du directoire qui demande de relativiser l’assertion qui voudrait que « les banquiers sont frileux ». La banque coopérative a ainsi accompagné d’importants projets comme la reprise de la clinique Mathilde à Rouen, la construction du nouveau TGI de Caen ou la rénovation du Pont de Tancarville. Mais elle est aussi fortement présente dans le micro crédit social avec 56 % du marché régional. Environ 350 crédits de ce type ont ainsi été distribués pour un total de 700.000 euros. « Cela correspond à nos valeurs historiques d’ouverture à tous », souligne Joël Chassard.
De leur côté, sur la même période, les encours de collecte de la banque qui compte 2.000 salariés et 1.500.000 clients (un normand sur deux) ont progressé eux-aussi, mais dans une moindre mesure, de 15 %, à 19 milliards d’euros. Dans cet ensemble, les titres ont chuté lourdement (- 17 %) en raison de la déconfiture de la bourse tandis que tous les autres composants se sont inscrits à la hausse. Le Livret A, bien que banalisé, a progressé de 19 %, de la même proportion que l’assurance vie, tandis que les autres formes d’épargne (Livret B, Livret Jeune, comptes à terme, dépôt à vue…) ont affiché une hausse de 23 %.
Au delà de ces bons chiffres, d’autres montrent que la crise qui a débuté avec la fusion reste omniprésente. Au cours de ces cinq ans, le Produit net bancaire (360 millions en 2012) a progressé moins vite (+ 12 %) que les encours, ce qui est l’indice d’une « pression forte sur les marges » de la banque. Et surtout, ce PNB n’a que peu évolué au cours de la dernière période : + 0,5 % entre 2011 et 2012 dans un contexte où le coût du risque qui était de dix millions d’euros en 2010 est passé à 22 millions en 2012. « Beaucoup de banquiers affichent un PNB en baisse », relativise Joël Chassard. Le président du directoire veut toutefois trouver des vertus à la période difficile que nous vivons. « Toute crise permet de redistribuer les cartes », dit -il en assurant que la CEN, seule banque « exclusivement » régionale était « armée » pour être « largement bénéficiaire » dans cette nouvelle donne.
