Trémie Boieldieu suite.
Alors que les élus socialistes, communistes et verts ont tous fait bloc derrière le caporal chef Mouret (à l’exception notable de notre collègue Guillaume Grima qui fut le dernier adjoint à la voirie connu), 76 Actu dans son édition mail du 21 Mai dernier nous en dit plus sur les propos tenus par les services concernant l’état de la trémie.
Et là, force est de constater que le discours n’est pas le même que celui tenu hier soir :
« 76actu vous en parlait lundi 20 mai : une importante fissure apparue voilà déjà plusieurs années sous la trémie du pont Boieldieu, à Rouen, inquiète le groupe Centre Démocrates et Indépendants et UMP, qui publiait, dimanche 19 mai, un billet sur le site Rouen perspectives évoquant les interrogations des élus à quelques jours de l’Armada.
« Qu’arriverait-il si cet autre axe majeur était lui aussi touché, après le pont Mathilde ? Des travaux sont-ils prévus ? Y a-t-il un risque d’effondrement ? »
Autant de questions auxquelles la Ville de Rouen a souhaité répondre en organisant, mardi 21 mai 2013, une conférence express, en présence d’Olivier Rusch, directeur général adjoint au pôle “ville durable” à la mairie de Rouen.
Du retard dans les vérifications annuelles
« Il est normal que toute personne qui découvre cette fissure s’inquiète », concède Olivier Rusch, insistant néanmoins sur le fait que cette faille existe depuis « au moins dix ans », et que deux autres fissures comme celles-ci sont apparues sur les quais de Rouen.
« Ces failles s’aggravent à chaque hiver, explique l’expert, et, à chaque sortie d’hiver, elles font l’objet de vérifications. » Pourtant, cette année, en plein milieu du mois de mai, les vérifications annuelles n’ont pas encore été faites.
« Nous sommes en retard, c’est vrai, mais la météo n’est pas en avance non plus et les vérifications seront faites d’ici huit à 15 jours, avant le début de l’Armada en tout cas », promet Olivier Rusch.
La circulation aggrave-t-elle la situation ? Pour les élus de l’opposition, l’augmentation du trafic sur cet axe depuis la fermeture du pont Mathilde serait en effet source de pression sur la trémie et responsable de l’agrandissement de la fissure. « La circulation ne m’inquiète pas du tout , répond Olivier Rusch. Sur les quais hauts, aucun poids lourd ne circule du côté de la fissure, donc la pression est supportable ».
Ce qui inquiète le directeur, en revanche, ce sont les blocs de pierre qui dépassent de quelques centimètres de la fissure, et qui « pourraient menacer de tomber. C’est pourquoi nous allons procéder aux vérifications très rapidement, et prendre les mesures nécessaires ».
Un ouvrage en fin de vie ?
Quelles mesures, justement ? Si les témoins, « mis en place avant 2007 » ont bougé, il faudra sans aucun doute envisager des travaux.
« Cet ouvrage a une duré de vie de 70 ans. Or, il a bientôt 70 ans, explique Olivier Rusch. Dans tous les cas, il y aura donc certainement des purges à faire…»
Quant à de gros travaux, l’expert ne préfère pas les envisager tout de suite : « Il y en aurait pour des millions d’euros et nous serions très certainement contraints d’effectuer ces travaux en plusieurs fois ». Quid d’un éventuel effondrement de la trémie, tel qu’évoqué par les élus de l’opposition qui considèrent que « le risque d’accident existe » ? Olivier Rusch estime que l’ouvrage est « pour l’instant stable. Mais si la trémie venait à s’effondrer, nous serions contraints de fermer l’axe, bien entendu ».
« La faille est surveillée »
Mais sachant que l’ouvrage a été construit en respectant les normes des années 1940-1950, prévues pour supporter une pression de 20 tonnes « par ensemble attelé » (autrement dit, le poids maximum d’un camion empruntant l’axe était limité à 20 tonnes), pression qui s’élève aujourd’hui à 44 tonnes (nouvelles normes), comme le précise Franck Inverzzi, chef de service de la coordination de l’expertise technique et des réseaux, n’est-il pas légitime de se poser des questions quant à la solidité de l’ouvrage ?
« Un passage de poids lourd représente plusieurs millions de passages de voiture en termes d’agressivité sur les routes, précise Franck Inverzzi, et cette fissure est justement le résultat d’années de transit de poids lourd sur les quais hauts. Il est normal que cet ouvrage, qui n’a pas été conçu pour ça, montre des signes de fatigue. Cela dit, toutes les fissures ne sont pas des indicateurs d’éboulement mais nous préférons rester prudents. »
« J’ai eu la même réaction en voyant la fissure pour la première fois, insiste quant à lui Olivier Rusch, mais la faille est surveillée de près, et plutôt deux fois qu’une puisque les quais bas, routes communales, sont gérés par la Ville et les quais hauts, routes nationales, par l’État donc les deux instances s’assurent régulièrement de la stabilité de la structure.»
Quoiqu’il en soit, les élus de l’opposition ont d’ores et déjà fait part de leur intention d’évoquer la question de cette fissure au prochain conseil municipal, qui se tiendra lundi 27 mai 2013, à 17h30.«
Des propos beaucoup plus responsables et prudents que ceux entendu hier dans la bouche de l’adjoint en charge des personnes âgées. Pour le coup, sans le vouloir, le directeur général adjoint au pôle “ville durable” sera devenu le cinquième cavalier de l’apocalypse de Monsieur Mouret. Voilà qui devrait lui attirer quelques foudres…..