86.000 personnes sont concernées par l’illettrisme en Haute-Normandie

(fil-fax 04/06/13)

Les Assises régionales de la prévention et de la lutte contre l’illettrisme se tiendront mardi à la faculté de droit de Rouen à l’initiative de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI). Un seul mot d’ordre pour les collectivités, les associations, les responsables de l’Education, de la Santé ou des Ressources Humaines qui y participeront : on peut renouer avec la lecture ou l’écriture quel que soit son âge.

Déclarée “Grande cause nationale 2013“ par le Premier ministre, cette lutte contre l’illettrisme concerne 86.000 personnes en Haute-Normandie soit 8% de la population âgée de 16 à 65 ans et scolarisée en France (*). C’est un point de plus qu’à l’échelon national où 2.500.000 personnes se trouvent en situation d’illettrisme. La Haute-Normandie se classe loin derrière l’Ile de France (5%) mais devance Le Nord-Pas-De-Calais où le taux d’illettrisme atteint 11% de la population. L’analphabétisme est éradiqué mais l’illettrisme « contribue en Haute-Normandie à faire stagner les inégalités sociales et territoriales », regrette le préfet Pierre-Henry Maccioni. En Haute-Normandie, la moitié des personnes concernées vit dans des zones rurales ou dans des villes de moins de 20.000 habitants. Plus de la moitié de ces personnes exerce un emploi et est âgée de plus de 45 ans. Les victimes qui souvent n’osent pas parler de leurs difficultés ne maîtrisent pas les compétences de base comme lire, écrire ou compter. Pour ces personnes, lire le carnet scolaire de leur enfant, comprendre la notice d’un médicament, remplir un formulaire en ligne, lire des consignes de sécurité ou comprendre son contrat de travail s’avère complexe. Néanmoins depuis les premières Assises régionales du genre organisées par l’Education nationale en 2010, « les choses s’améliorent notamment chez les jeunes » tempère le préfet. Il y a 10 ans le taux d’illettrisme était de 9% en France.

Stigmatiser l’illettrisme, jamais l’illettré

Plusieurs dispositifs de lutte contre l’illettrisme existent en région ayant notamment comme point commun d’intégrer sans les mettre en avant des modules sur les savoirs de base dans des formations professionnelles (Media formation, etc). Il existe des formations en ligne à l’aide ou non d’un bureau numérique mobile (Recife au Havre). Plus simplement 80 étudiants bénévoles sur Rouen accompagnent 2 heures par semaines 80 enfants (Afev). Parce que « la lutte contre l’illettrisme débute à la maternelle », l’association “Lire et faire lire“ regroupe des retraités bénévoles, ils sont 170 sur Rouen, qui viennent régulièrement donner le goût de la lecture dans les écoles maternelles.

(*) Source : Enquête Insee (IVQ) 2011 près des ménages à l’exclusion des personnes vivant en foyer ou en prisons.

• www.illettrisme2013.fr

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