LE GRAND DICTIONNAIRE DE LA LANGUE NORMANDE EST ENFIN PARU!

On l’attendait depuis longtemps! Et peut-être sera-t-il l’outil de la renaissance de la langue normande… Puisque que ce grand dictionnaire « trésor de la langue normande » comporte 30 000 entrées et permet pour la première fois d’avoir un dictionnaire français-normand/ normand-français: plus qu’un lexique, un vrai dictionnaire! Merci à Rémi PEZERIL d’avoir prévenu l’Etoile de Normandie de cet heureux événement totalement auto-géré par les associations culturelles normandes sans aucune aide institutionnelle venue des collectivités territoriales normandes…

Le dictionnaire sera d’abord mis en vente à Cherbourg et dans le département de la Manche: on espère pouvoir le trouver dans toutes les librairies des cinq départements normands!

Pour en savoir plus, le lien vers le blog de notre ami et correspondant Rémi Pézeril:

http://languenormande.wordpress.com/


    « Trésor de la langue normande » (français-normand et normand-français) aux Editions Eurocibles 

1390 p., 1,690 kg, épaisseur 6,4 cm ! 36 000 mots dans la partie normand vers français… 29 000 côté français vers normand : il en manque, mais c’est bien le premier véritable dictionnaire double écrit par deux équipes différentes et complémentaires, une vingtaine de personnes de qualité !
Dans les librairies ou au local des Amis du Donjon à Bricquebec
ou me contacter par mail
ou directement aux Editions Eurocibles 1 centre du Clos l’Evêque – 50570 MARIGNY
Courriel : contact@interservices-eurocibles.fr
Site : www.normandiffusion.com

 


Ci-après, l’article de Ouest-France qui se fait enfin l’écho de la sortie de ce monument nécessaire à l’avenir de la langue normande:

Rémi Pézeril : « Le normand, notre trésor »

Ouest-France 
 
Rémi Pézeril, au pied du donjon de Bricquebec, dans le Cotentin où le vieux parler en a encore sous le coude.<br /><br /> Jean-Yves Desfoux<br /><br />

Rémi Pézeril, au pied du donjon de Bricquebec, dans le Cotentin où le vieux parler en a encore sous le coude.

© Jean-Yves Desfoux

« Ch’est men byn et j’y tyns; » Oui, la langue normande est le bien de Rémi Pézeril. Oui, il y tient. Oui, avec d’autres, il tient le vieux parler à bout de bras.

Portrait

Quelqu’un parlera t-il encore le normand dans un demi-siècle ? « Magène », répond Rémi Pézeril, sans hésiter. « Magène » signifie « bien sûr » dans la vieille langue d’ici. Ou c’est une évidence pour notre jeune retraité, en congé de son collège de la Manche : « Il y aura forcément des gens qui parleront le normand dans un siècle. Comme il y a des gens qui parlent la langue de l’île britannique de Man où il n’y a plus de locuteurs du tout. Or, il y a encore 30 000 locuteurs de normand. Nous pouvons encore l’entendre, notre trésor. »

Théo à la voix de miel

Ces gens qui « prêchent » se concentrent plutôt dans le Cotentin, forteresse d’un parler dit régional (le terme « patois » jugé méprisant donne de l’urticaire aux militants). Le Cotentin, c’est là où ce jeune prof d’histoire-géographie s’est établi dans les années 1970. Ce type doux comme un agneau est aussi un féroce et pacifique militant anti-nucléaire.

Fils de petit paysan du Saint-Lois : « Mon père a commencé avec une vache à Moon-sur-Elle. Ma mère aurait voulu être institutrice. Elle ne m’a jamais parlé normand pour me pousser en français. Il n’y a qu’aujourd’hui, à 87 ans, qu’elle consent à prêchî. » Cette langue, la langue de travail de ses parents, la langue qui a enveloppé son enfance, il est allé la chercher presque clandestinement : « En classe de quatrième, j’ai quand même écrit une rédaction où j’employais le mot mucre. » (le mucre c’est le moisi).

À l’université de Caen, le jeune Pézeril a fréquenté les cours de dialectologie. Mais, c’est Eugènie Danet, son humble voisine du petit village des Perques, qui l’a vraiment initié aux subtilités des mots et de la syntaxe d’ici. Et puis il y a eu les grands anciens : Fernand Lechanteur, François Enault, Louis Beuve. Et l’immense Cotis-Capel. Les amis Marcel Dalarun, Guy Pichon, Alphonse Allain. Les complices comme Daniel Bourdelès, Théo Capelle, le paysan aux octaves de ténor dont Pézeril dit que « la voix ressemble à du miel qui coule ». Ce qui n’est pas faux. Et même tout à fait vrai.

La fraternelle tribu des Normands parlant normand tisse une toile aussi discrète qu’efficace. Chacun d’eux anime des groupes de paroles. Pézeril officie à Bricquebec, son fief à donjon où il coordonne une revue remarquable depuis seize ans. Et puis il y a aussi une importante activité éditoriale. Magène, l’association qu’il préside a un site internet formidable, édite des disques de grande qualité. Et se prépare à la sortie d’un dictionnaire de 30 000 entrées – chez Eurocibles, la maison d’édition de Marigny – dictionnaire qualifié de « grand truc ».

Que faire de plus ? « Changer l’image du patois, le faire sortir de l’angle mort de la politique. Chanter en normand, rire en normand, créer en normand. Lutter contre le défaitisme. » Et gagner du temps ? « Magène ». Naturellement.

« Magène », CD 14 titres. www.magene.com

Francöé SIMON.

  Ouest-France 

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